. Your Lie in April – tomes 1 et 2 de Naoshi Arakawa | Fant'asie
Kameyoko 15/06/2015 1
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  • Graphisme

Your Lie in April - tome 1

Your Lie in April – tomes 1 et 2 de Naoshi Arakawa

Un shônen autour de la musique !

Your Lie in April n’est peut-être pas un titre qui vous est inconnu. Outre le manga, il a également eu une adaptation en anim’ que nous avons déjà pu voir en France.
Mais ici, nous allons bien nous intéresser à l’oeuvre de Naoshi Arakawa sous format papier.
Malgré son titre, sa couverture et son synopsis, nous avons bien là un shônen. Connaissant la capacité de Ki-oon a déniché de petites pépites, voyons voir si on pourra aussi rajouter ce manga dans cette catégorie.

Your Lie in April – tomes 1 et 2 de Naoshi Arakawa sont édités par Ki-oon et sont disponible à la vente depuis le 09 avril 2015.

Résumé de Your Lie in april 1 et 2 chez Ki-oon
Résumé du tome 1 :

À 11 ans, Kôsei Arima est déjà un virtuose du piano. Formé avec la plus grande sévérité par une mère qui lui inflige d’interminables séances de répétition, il écume inlassablement tous les concours nationaux, où son talent éblouit les juges. Mais le jour où sa mère meurt d’une longue maladie, il perd complètement la faculté de jouer de son instrument : victime d’un blocage psychologique, le jeune garçon n’entend plus le son du piano quand il essaie d’en jouer…
Quelques années plus tard, son chemin croise celui de Kaori, une violoniste dont l’approche de la musique diffère totalement de la sienne. Alors que Kôsei est une véritable machine qui sait restituer les partitions à la perfection, Kaori, elle, préfère s’approprier les œuvres et les réinterpréter à sa manière… La rencontre avec cette jeune fille au caractère explosif va bouleverser les certitudes de Kôsei et redonner un sens à sa vie !

Résumé du tome 2 :

Invité en tant qu’ami de service à un rendez-vous arrangé, Kôsei fait la rencontre de Kaori, une violoniste talentueuse et pleine de vie qui l’oblige à renouer avec le monde de la musique. Et pour cause : la demoiselle semble bien décidée à faire de lui son accompagnateur officiel pour la suite du concours Towa !
Malgré le refus du jeune garçon, Kaori ne se démonte pas et finit par le convaincre de remonter sur scène. Seul problème, et de taille : Kôsei ne s’entend toujours pas jouer… Dans ces conditions, ont-ils vraiment une chance de passer les éliminatoires ?

Quand la rigueur du piano rencontre la liberté du violon

Après A Silent Voice, Ki-oon nous propose un nouveau shônen sortant des sentiers battus, et lui aussi auréolé de quelques récompenses au Japon. Il s’agit de Your Lie in April.
Ce manga diffère des autres shônens par sa thématique axée autour de la musique, et qui plus est, de la musique classique. D’ailleurs, très honnêtement, le titre, la couverture, le synopsis font quand même plus penser à un shôjô qu’à un shônen.

L’histoire est celle de Kôsei qui fût un jeune prodige du piano jusqu’au jour où, lors d’une représentation il s’est arrêté de jouer. Depuis ce jour là, il se refuse à rejouer de cet instrument et évolue dans une espèce de résignation et une tristesse permanentes. Malgré la présence de ces amis : la turbulente Tsubaki et le beau-gosse mais néanmoins cool Ryota, il n’arrive pas à se défaire de ce traumatisme. Mais heureusement, son quotidien va être chamboulé par l’arrivée de la pétillante Kaori. Cette dernière est une musicienne et pourrait bien perturber le quotidien de Kôsei.

Your Lie in April est un manga fait de contrastes. C’est un titre léger, frais, parfois drôle et touchant. Pourtant tout part d’un drame, enfin de deux pour être plus précis. Le personnage de Kôsei est terriblement marqué par le traumatisme d’une de ses prestations sur scène. Il y a quelques années, alors qu’il était présenté comme un vrai prodige du piano, malgré des heures de répétition acharnée, en plein milieu d’un morceau, il a été incapable de le continuer. Les notes se sont défilées sous ses yeux, et il n’entendait plus le son du piano. Ce handicap provient vraisemblablement du décès de sa mère, peu de temps avant, qui lui faisait répéter le piano pour en faire un pianiste reconnu.
C’est sur cette base dramatique que le récit se construit. Par le biais de ses amis et de cette Kaori, il va essayer de vivre plus pleinement sa vie, de retrouver goût à la musique, et plus généralement profiter de sa jeunesse.

Les contrastes se retrouvent aussi dans la caractérisation des personnages. Si Kôsei est presque amorphe, sans but dans son existence, Kaori respire la vie et la spontanéité. Elle profite de la vie et de ses bonheurs au maximum. C’est un vent de fraicheur et de liberté pour le lecteur mais aussi pour le héros. Clairement Naoshi Arakawa a cherché à les opposer. Seule la musique les réunit. Mais même de ce point de vue-là ils sont opposés. Kôsei est présenté comme une machine capable de suivre à la perfection une partition, quand Kaori est, elle, décrite comme une musicienne s’appropriant un morceau pour mieux le réinterpréter et sortir des carcans de ce monde musical. Même le choix de l’instrument semble suivre cette volonté d’opposition entre un instrument lourd, posé et un instrument à corde plus virevoltant où son musicien peut se déplacer et laisser parler sa liberté.

Tout au long du récit, il y a beaucoup de légèreté et d’humour dans les différentes scénettes et interactions entre personnages. Pourtant Kôsei continue à garder cette morosité. Sa carapace ne commençant à se fissurer que quand il va voir jouer Kaori et sa spontanéité. Puis elle va se fendre qu’à partir du tome 2 quand Kaori va l’obliger à l’accompagner lors d’un concours.

Les deux personnages sont très vite attachants. La spontanéité et la fraîcheur de Kaori font mouche d’emblée. Surtout que le mangaka s’amuse à lui donner un côté presque bi-polaire. Tantôt douce et tantôt une furie aggressive. Mais ce mélange fonctionne bien. Elle remplit parfaitement son rôle de dynamiteur.
Pour Kôsei c’est ses blessures qui le rendent attachant.
Les seconds rôles ne sont pas inintéressants non plus bien qu’un brin caricaturaux. S’ils servent parfois de faire valoir, ils apportent quand même au titre, pour dédramatiser une situation, mais aussi et surtout parce qu’on sent le carré amoureux à venir.
Si dans le premier tome l’intrigue amoureuse est très mineure, elle prend plus de poids dans le deuxième. On voit naître des sentiments de part et d’autre. Le premier tome est surtout une introduction aux deux personnages principaux.
Le deuxième volume accélère un peu plus tout ça en plaçant Kôsei devant le fait accompli et en développant un début de relation entre lui et Kaori. Mais le tout se fait sans oublier la musique. C’est une thématique centrale et bien exploitée.

Au cours de ce volet, Naoshi Arakawa dissémine quelques informations qui pourraient bien être importantes par la suite et qui expliqueraient bien des choses. L’intensité est plus forte et le tout devient captivant quand on suit le concours de Kaori avec Kosei se remettant au piano.

Graphiquement, le trait de Arakawa est réussi. Si ses cases manquent souvent de détails et de décors, il a un talent particulier pour croquer ses personnages et leur insuffler de la vie. Il y a un côté épuré, qui va à l’essentiel, mais qui donne un côté enjoué et classieux au tout. Je trouve qu’il se marie bien avec la thématique de la musique. Surtout que le mangaka est assez doué pour faire vivre à son lecteur un morceau. Avec son découpage, ses choix de cadrage, il nous entraîne dans la valse des notes des protagonistes. Certes, le tout gagnerait à être plus travaillé et détaillé mais la magie opère néanmoins.

Pour conclure, Your Lie in April – tomes 1 et 2 de Naoshi Arakawa promettent une série forte à rajouter au catalogue de Ki-oon. Si le premier opus présentait l’univers, les personnages et le traumatisme du héros, en jouant beaucoup sur les contrastes, le deuxième volet lui rentre plus de plein pied dans l’intrigue. Les enjeux sentimentaux se mettent place, l’alchimie entre Kôsei et Kaori saute aux yeux et la musique et l’interprétation sont centrales.
Avec ses personnages attachants, son côté positif mais également émouvant, ce Your Lie in April, malgré ses cases parfois un peu vides, est un vrai bon moment de lecture, rafraîchissant comme une bise printanière.
Hâte de lire la suite, de voir comment les deux musiciens vont interagir et comment Kaori va parvenir à redonner goût à la vie et la musique à Kôsei.

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous trouvé ces personnages sympathiques ?

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