. Y le dernier Homme – tome 4 par Brian K. Vaughan et Pia Guerra | Fant'asie
Bagooor 05/10/2010 1

Y le dernier Homme : Stop/Encore – tome 4 par Brian K. Vaughan et Pia Guerra

Une histoire très road-movie

Les comics permettent de découvrir de très grandes histoires, et proposent aux lecteurs de nombreux thèmes, allant du simple super-héros dans des histoires peu intéressantes, à la série créée de rien, mais offrant un contexte et une intrigue très riche. Avec les séries Vertigo, je suis le plus souvent ravi. Ce sont souvent des séries sur lesquelles il y a très peu de communication de faite, mais les histoires sont hautement plus intéressantes que certains comics tout public.

Y le dernier Homme fait partie de ses lectures indispensables, qu’il faut avoir lu pour se faire son avis. Et malgré ce que peuvent penser ou imaginer certains lecteurs réticents, les possibilités sont énormes, et les choix de l’auteur toujours très bons.

Vous l’aurez compris, cette série ne cesse de se bonifier de volume en volume, et c’est un plaisir sans aucune mesure de lire un comics aussi réussi. C’en est assez pour les éloges, il est temps d’attaquer la critique de ce volume.

Ce quatrième tome d’Y le dernier Homme contient les épisodes 18 à 23 de la série.

Résumé du tome 4

Suite à la blessure d’Esperluette, Yorick, 355 et le Dr Mann se dirigent vers l’hôpital le plus proche afin de la lui faire soigner. Mais devant les risques démesurés que prend Yorick à chaque présence féminine, 355 décide de faire un petit détour afin de laisser Yorick à une collègue du Culper Ring à la retraite.

En lisant le journal de 355, l’agent 711 décide de donner une petite thérapie à Yorick. En effet, depuis le fléau qui a tué tous les hommes, Yorick semble avoir développé une tendance suicidaire. Cette thérapie n’est pas du goût de Yorick, mais l’agent 711 sait ce qu’elle fait. Et c’est un nouveau compagnon que découvriront 355 et le Dr Mann, qui ne cherchera plus à faire face au danger.

Malgré toutes les bonnes intentions, le groupe n’ira malheureusement pas très loin. Un groupe de jeunes femmes se faisant appeler les fils de l’Arizona ont coupées toutes les routes vers l’ouest. Souhaitant négocier le passage pour le groupe contre des soins, le Dr Mann se fera faire prisonnière pour la milice, qui voit le mal partout. Le fléau serait l’oeuvre de l’armée, et toutes les femmes qu’elles rencontrent seraient à la solde du gouvernement.
Un sacré pétrin pour Alison Mann, qui peut néanmoins compter sur 355 pour lui venir en aide. Mais est-ce prudent de laisser Yorick seul ?

La suite, tout de suite

Le point fort de cette série, est l’évolution cohérente des personnages, dans un monde sans hommes, signant peut-être la fin de l’espèce humaine.

En seulement quelques tomes, nous avons pu apprendre très rapidement à connaître les principaux protagonistes, mais nous les avons également vus évolués.
Au début de l’aventure, Yorick semblait être un homme normal, sans l’étoffe d’un héros. Et depuis le fléau qui a tué tous les mâles, il a pris de l’assurance, et de la confiance en soi. Avec la thérapie que lui inflige l’agent 711 au début du volume, nous le voyons également franchir une étape dans son apprentissage : fini le jeune homme à tendances suicidaires, il souhaite maintenant rester en vie, afin de retrouver Beth, sa fiancée. Ce n’est peut être pas grand chose, mais maintenant Yorick ne cherchera plus à affronter le danger, ni à se lancer au devant des problèmes.

Brian K. Vaughan semble savoir où il mène ses personnages. Malgré quelques intrigues moins intéressantes que d’autres, toutes les histoires sont intéressantes pour l’évolution des personnages, mais aussi pour le scénario. Chaque arc du comics est important, et positionne des éléments clés de l’intrigue. Et même si Yorick, 355 et le Dr Alison Mann sont les principaux personnages, le background ne cesse d’évoluer et nous tient en haleine.
Il y a notamment dans ce tome le retour de l’intrigue autour de l’amulette d’Hélène. Celle-ci était apparue lors du premier numéro de la série, lors d’une mission de 355. Lors du premier volume, le lecteur pensait que le fléau pouvait provenir de cette amulette, qui semblait avoir certaines capacités. C’était bien trop orienté science fiction et/ou religion pour une oeuvre qui me semblait vouloir être réaliste, mais le retour de cette amulette relance grandement l’intérêt du lecteur pour celle-ci. J’espère vraiment que cette amulette d’Hélène n’est pas l’origine du fléau qui a tué tous les hommes, car cela serait trop loin de l’ambiance que l’auteur a instauré dans la série, et beaucoup trop proche d’une conséquence religieuse.

Le premier arc se penche sur la thérapie mise en oeuvre par l’agent 711. Elle a pour but de faire émergé de l’esprit de Yorick sont envie de vivre, au détriment de ses tendances suicidaires, qui avaient pris le dessus depuis la mort de tous les hommes. Cet arc se différencie vraiment des précédent, car ce n’est pas le côté aventure qui est mis en avant, mais la psychologie du personnage principal. Cela accentue sa condition de dernier homme sur Terre, ainsi que les différentes idées qui pouvaient lui passer par la tête.
Le second arc se reconcentre sur l’aventure de notre petit groupe, avec les dangers habituels qui peuvent être rencontrés dans un monde apocalyptique. Les routes coupées, et les milices privées, qui font la loi et font mourir de faim des milliers de personnes sont ainsi abordées. Le Dr Mann va tenter de prendre les choses en main, mais elle aura besoin du talent de 355 pour venir à bout de la dizaine de filles. Après avoir laissé à Yorick le rôle principal dans le précédent arc, c’est au tour d’Alison Mann d’avoir le « beau » rôle, et cela permet d’en apprendre plus sur celle-ci, ainsi que sa rivalité avec son père, également docteur dans le milieu du clonage.

Brian K. Vaughan distille donc progressivement des informations qui seront essentielles pour la suite, tout en faisant évoluer ses personnages, dans la souffrance et la douleur. L’ambiance générale du titre rend le lecteur accro, et donne envie de découvrir rapidement la suite de cette aventure, pour découvrir rapidement la conclusion de l’histoire.
Pia Guerra réalise comme toujours des dessins très bon, dans un style simple, qui convient parfaitement à l’oeuvre. Elle participe à la profondeur des personnages, et à leurs caractérisations.

Y le dernier Homme est vraiment une série à découvrir, tellement ce thème et ce style sont rares dans les comics d’aujourd’hui. Loin des grosses licences comme Spider-Man ou les X-Mens, les auteurs de la ligne Vertigo sont maîtres de leurs oeuvres et de leurs personnages, pour le plus grand plaisir des lecteurs.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans ce titre ? Comment voyez-vous la suite de l’aventure ?

Un commentaire »

  1. JeanSeb 13/10/2010 at 11:06 -

    Certainement une des meilleures séries que j’ai lu, tous styles et toutes époques confondus.
    Un must-have pour tout lecteur de BD.

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