. Wonder Woman – tome 1 : Liens de sang | Fant'asie
Kameyoko 28/08/2012 9
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Wonder Woman - tome 1 : Liens du sang

Wonder Woman – tome 1 : Liens de sang de Brian Azzarello, Cliff Chiang et Tony Akins

Le belle Amazone rebootée

Vous n’êtes pas sans savoir que DC Comics a, l’année dernière, relaunché tous ces titres. Or que se soit d’un point de vue commercial ou créatif, ça a plutôt été une bonne chose.
Après ma critique de la Justice League de Geoff Jonhs et Jim Lee, en attendant celle de Batman, et peut-être celle de Green Lantern (et probablement d’autres titres), voici ma chronique sur la belle amazone :  Wonder Woman.
Ce personnage est l’un des piliers du DC Universe, mais pourtant l’un de plus méconnus en France.
Urban Comics nous propose quand même le relaunch de cette héroïne. Et ce pour notre plus grand plaisir, surtout quand c’est Brian Azzarello qui tient les rênes.
Wonder Woman – tome 1 : Liens de sang est édité par Urban Comics et est disponible à la vente depuis le 1er juin 2012.

Résumé de Wonder Woman 1 chez Urban Comics

Résumé de l’éditeur :

Guerrière farouche et princesse des Amazones, Diana a quitté son île pour rejoindre le Monde des Hommes en tant que Wonder Woman ! Mais en sauvant une jeune femme de griffes de monstres mythologiques, elle ne s’attendait pas à lever le voile du mystère de ses origines. Suite à sa découverte, Diana va devoir affronter la colère d’Héra et les machinations des autres dieux de l’Olympe.

Un Wonder Woman plus asexuée

Wonder Woman est l’un des personnages les plus iconiques de DC Comics. Elle est un membre indéboulonnable de la JLA. C’est aussi le porte-étendard des super-héroïnes. Bref, c’est un personnage incontournable du monde du comic. Et pourtant, on ne connait que très peu ses aventures en solitaire, et encore plus en France. Faut dire que dans nos contrées, elle n’a pas été trop aidée.
Il a fallu l’arrivée d’Urban Comics pour lui redonner un peu de visibilité avec Wonder Woman : l’Odysée, mais surtout cette Wonder Woman du relaunch !

L’autre problème de la princesse Amazone, pour séduire un large public, est son image un peu kitch véhiculée par l’ancienne série avec Lynda Carter.

Et c’est à Brian Azzarello que DC Comics a confié la lourde tâche de rendre la belle moins kitch et de la moderniser. Le monsieur est connu pour ces polars noirss. On peut donc s’attendre à une héroïne plus sombre.

Et c’est ce qu’on l’on a. Dès le premier épisode, le ton est donné avec l’introduction de créatures mythologiques en voulant à une dénommée Zola, qui n’en réchappe que grâce au dieu Hermès. Il est également assez violent avec des têtes qui volent et du sang. Mais le reste de l’album l’est un peu moins.
La mythologie est donc au coeur de ce relaunch de la farouche amazone. On retrouve beaucoup de créatures comme les Centaures, Cerbères… mais aussi toute une pléiade de Dieux, aux représentations intéressantes comme Hadès, Poséidon, Hermès, Apollon
Azzarello nous livre sa vision de la mythologie et comment il l’intègre à l’univers de Wonder Woman. Ce traitement sombre, qui ne mise pas sur les courbes envoûtantes de Diana est une réussite. Surtout que derrière, relaunch oblige, il nous livre sa propre version de l’origine de Wonder Woman.
Même si celle-ci fera grincer quelques dents aux puristes, je la trouve plutôt intelligente et en cohérence avec l’univers instauré et le ton du récit.
De plus, Wonder Woman parvient à garder son statut iconique et son charisme, tout en chassant ce qui était un peu superflu et dépassé. Elle est nettement moins kitch et donc plus moderne et elle perd aussi sa dimension sexuelle. Là aussi, ça pourra en gêner certains, mais je trouve que lui enlever son statut d’objet sexuel, juste par une héroïne sexy est mieux.

Au niveau du scénario, Brian Azzarello le maitrise et propose plusieurs rebondissements et un rythme qui font que ça se lit facilement et avec un grand plaisir. Le traitement de la belle amazone donne vraiment tout son charme à cette série, qui en un tome a su démontrer son potentiel et dévoiler un univers différent de ce qu’on peut lire chez DC. Clairement cette Wonder Woman sera un titre à part dans ce relaunch, et ce n’est pas pour me déplaire.

Une dernière chose à indiquer c’est la place du personnage de Wonder Woman. Certes c’est l’héroïne, mais bizarrement l’histoire ne se focalise pas que sur elle. Cette Zola est importante, tout comme les différents Dieux. Diana Prince a toujours une place de choix et est assez développée, notamment dans ses relations avec sa mère Hippolyte, avec les Dieux ou encore avec les autres Amazones, mais elle laisse suffisamment de place aux autres. Ce qui fait que nous avons un background plus solide et un potentiel de développement plus conséquent.
Surtout que le panthéon grec réserve plein de surprise et est propice aux conflits, manipulations, traitrises et autre. Un terrain fécond pour de belles intrigues à venir.

Graphiquement, de prime abord, le stye de Cliff Chiang surprend un peu. Et puis, au cours de la lecture, on se rend compte qu’il est finalement bien adapté à ce récit. Il est notamment bon pour les charadesigns des différents dieux et créatures. Il y a de vraies bonnes trouvailles comme Hadès, qui a un style particulier mais accrocheur. Son style un peu épais, parfois brut donne un touche de modernisme à Wonder Woman et renforce l’aspect plus matûre. Il est certes un tout petit peu particulier, mais je trouve qu’il convient très bien.
Tony Akins dessine également quelques épisodes dans ce tome. Son style assez similaire à Cliff Chiang ne perturbe pas trop la lecture. Mais je trouve le style de Chiang plus efficace.

Pour conclure, DC Comics a eu raison de confier le relaunch de Wonder Woman à Brian Azzarello. Même si certains choix pourront faire réagir quelques fans, je trouve que l’amazone a très bien été remise au goût du jour. En choisissant un ton plus matûre, une intrigue résolument tournée vers l’aspect mythologique, le scénariste a su rendre plus intéressante le personnage de Wonder Woman, le dépoussiérer et lui donner une meilleure chance de rencontrer son public. Il a gommé l’aspect kitch qui entourait le personnage et il lui a fait perdre sa dimension sexuelle et objet de désir.

Surtout que la partie graphique assurée par Cliff Chiang, puis par Tony Akins, sans être exceptionnelle, colle finalement bien au titre et il s’en dégage une certaine personnalité.

Ce Wonder Woman – tome 1 : Liens du sang est l’un des très bons titres du relaunch ! Pour moi, c’est une réussite, et il m’a donné envie de me pencher encore plus sur ce personnage, que je ne connais finalement pas bien.

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Que pensez-vous de la réécriture des origines de Wonder Woman ? La perte de son sex appeal vous a-t-il dérangé ?

9 commentaires »

  1. Thalia 28/08/2012 at 13:45 -

    Je serai curieuse de découvrir ce comics. Malgré les dessins glauques sur la deuxième planche que tu nous as mise ici ^^

    Je connais bien sur la vieille série et pas de soucis pour découvrir une réécriture de Wonder Woman.

    Je suis quelqu’un de curieux par nature, et si c’est bien fait,c ‘est encore mieux:)

  2. Gemini 28/08/2012 at 15:00 -

    De toutes les grandes figures DC Comics, Wonder Woman est celle dont la nouvelle monture m’a le plus étonné, et que j’ai pris le plus de plaisir à suivre. Il faut dire, comme tu l’indiques fort bien, que les principaux titres du New 52 visent avant tout un nouveau lectorat, et en matière de Wonder Woman, je serais effectivement un débutant…

    Néanmoins, ce titre-là me semble plus ambitieux, notamment à travers un dessin plus atypique mais que je trouve séduisant. Le mélange de modernité et de mythologie est réussi – le scénariste montre qu’il connait ses classiques – et l’héroïne en impose.

    Mon coup de cœur du New 52, sans aucun doute !

  3. Savon 28/08/2012 at 15:34 -

    ça me donne carrément envie de le lire.. je le note pour plus tard.. :mrgreen:

  4. Kameyoko 29/08/2012 at 11:16 -

    @Thalia : Les dessins sont globalement nettement moins glauques que cette planche^^
    Tu peux y aller sur cette série, ça vaut le coup d’oeil.

    @Savon : A lire ! Et puis des femmes super-héros bien écrit, ce n’est pas si courant. Il y a bien Batwoman aussi

    @Gemini : Je te rejoins sur le coté suprenant du titre. Là où des Green Lantern, Batman ou Justice League sont excellents, ils restent sur un même type de récit très typé super-héros. C’est vrai que son coté mythologique donne un petit quelque chose de différent.

    Et puis connaissant moins, l’amazone, c’est plus facile d’être surpris que sur du Batman.

    Ayant rencontré Brian Azzarello, c’est vraiment un mec un peu bizarre mais très doué et intéressant.

    Hâte de lire la suite

  5. coloriage vegeta 29/08/2012 at 18:14 -

    Bin moi ça me tente beaucoup, surtout cette dimension « retour sur son passé ». Plus les histoires sont sombres plus ça me plait. Je pense que je vais apprécier cette nouvelle, bien qu’ancienne, Wonder Woman 🙂

  6. savon 30/08/2012 at 18:16 -

    yep! j’ai aussi repéré batwoman 🙂

  7. Kameyoko 30/08/2012 at 21:49 -

    @Coloriage Vegeta : Le passé est pas tant utilisé que ça. Les redéfinitions de sa création sont abordées mais ce n’est pas central. Mais c’est assez expliqué pour bien voir la différence avec les origines classiques.

    @Savon : Pas encore lu Batwoman mais il a l’air très bon aussi.

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