. Wonder Woman, déesse de la guerre – tome 1 | Fant'asie
Kameyoko 31/05/2016 2
  • Scénario
  • Graphisme

Wonder Woman déesse de la guerre - tome 1

Wonder Woman, déesse de la guerre – tome 1 de Meredith et David Finch

Déesse de la guerre et reine de Themyscira

Ce Wonder Woman, déesse de la guerre est bien la suite du Wonder Woman d’Azzarello et Chiang. Simplement le duo créatif change avec le couple Finch. Et cela s’accompagne aussi par une réorientation du titre.

Mais ces deux artistes se montrent-il au niveau de la précédente équipe ?

Wonder Woman, déesse de la guerre – tome 1 : Insurrection de Meredith et David Finch est édité par Urban Comics et est disponible à la vente depuis le 15 janvier 2016.

Résumé de Wonder Woman, déesse de la guerre 1 chez Urban Comics

Résumé de l’éditeur :

Après avoir remplacé son ancien mentor décédé, Arès, le Dieu de la Guerre, Diana, la princesse des Amazones, reprend son titre légitime de régente de Themyscira. Mais ces deux facettes de Wonder Woman sont remises en cause par l’arrivée d’une rivale aux aptitudes similaires ! (Contient : Wonder Woman #36-40 + Annual #1)

Une Wonder Woman qui se démultiplie !

La version New 52 de Wonder Woman m’a beaucoup convaincu. J’ai beaucoup aimé le travail de Brian Azzarello qui jouait à fond la carte de la mythologie grecque. Mais j’ai également apprécié la personnalité graphique se dégageant du trait de Cliff Chiang.
Mais ce duo créatif n’est plus de la partie et laisse Wonder Woman en tant que Reine de Themyscira, membre de la Justice League, très proche de Superman et Déesse de la guerre.

Le couple Meredith et David Finch reprennent le flambeau en choisissant l’angle d’attaque de la difficulté à gérer toutes les casquettes de l’amazone.
Et comme pour marquer ce nouveau départ, Urban Comics a décidé de bien dissocier ces deux « runs » avec un nouveau titre : Wonder Woman, déesse de la guerre.

Paradoxalement, ce couple d’artistes s’appuie directement sur les écrits d’Azzarello, sans pour autant devoir absolument les avoir lu. Ils reprennent bien les différents rôles de Wonder Woman, sa filiation avec les Dieux de l’Olympe et sa mère Hyppolite réduite à une statue d’argile. Par contre l’aspect mythologique, et autres Dieux de l’Olympe est laissé de côté.
Meredith Finch préfère se concentrer sur Wonder Woman, et sur les amazones. Tout d’abord, elle nous montre comment la reine des Amazones peine à assumer tous ses rôles, notamment envers ses guerrières. Surtout qu’en plus de ça, elle essaie d’amener une vision moderne de Thermyscira, notamment avec la présence d’hommes. Mais tout ça remet en cause sa légitimité à gouverner. Ce qui entraîne l’intrigue de ce tome, à savoir la préparation d’un putsch.

La scénariste lance pas mal de pistes et d’idées, mais on a la désagréable impression qu’elle ne va pas au bout ou alors jamais de façon satisfaisante. Par exemple, l’insurrection se tramant sûr l’île des amazones est une bonne idée mettant en exergue la difficulté de Diana à jongler avec toutes ces responsabilités, laissant ainsi ses amazones parfois livrées à elles-même. Surtout qu’on apprend que son statut de Déesse de la Guerre n’est pas étranger à certains événements. Mais, cette idée, aussi bonne soit elle à la base, peine à convaincre dans les faits, tant elle est porté par une « méchante » insignifiante et inintéressante. Il y a bien une tentative de la caractériser mais sans grand succès. De plus, pour appuyer cette rébellion interne, elle fait revenir à la vie un personnage bien connu. Mais là aussi, l’essai n’est pas transformé, la faute à un personnage assez cliché et fade, loin de l’aura qui doit l’entourer.
Autre exemple, celui de faire évoluer les mœurs de Themyscira vers une vision plus moderne, avec le fait d’ouvrir l’île aux hommes. cela oppose ainsi tradition à la modernité. Ce qui va évidemment diviser son peuple. Et pour matérialiser ça, la scénariste ne trouve rien de mieux que d’organiser un massacre des hommes à l’utilité discutable.
Pourtant les idées sont bonnes à la base mais Meredith Finch peinent à les porter jusqu’au bout, à tirer sur le fil de ce que ça implique mais surtout à apporter de l’intensité et de la dramaturgie. Comme si elle se contentait de poser ses idées là, mais d’en rester à la surface.

En revanche, j’ai bien aimé le traitement de Diana sur sa faculté à gérer tous les aspects de sa vie. Elle parait plus faillible et humaine. Le personnage gagne en profondeur en devenant moins unidimensionnelle. Surtout qu’on sent, à quelques reprises, que l’amazone est sur le point de déraper, de se laisser submerger par ses craintes.

Graphiquement, le talent de David Finch, dans un style un peu poseur, n’est plus à démontrer. Et il s’en sort plutôt bien ici. Il propose des planches de très bonne facture et bien détaillées. Sa Wonder Woman est plus réaliste, plus musclée, mais paraît plus juvénile. Son découpage est efficace même si il fait un peu trop la part belle à des poses pas toujours très naturelles.
Mais je n’ai pas trouvé que c’était un Finch en grande forme pour autant. J’ai trouvé que la qualité était fluctuante. Je le trouvé plus fin pour les premiers numéros et plus relâché sur la fin. Mais surtout, sa Wonder Woman change parfois de tête d’une page sur l’autre. Si on lui enlève son costume pas sûr qu’on la reconnaisse d’une page à l’autre.

Pour conclure, ce Wonder Woman, déesse de la guerre – tome 1 : Insurrection de Meredith et David Finch a du mal à tenir la comparaison avec le duo Azzarello/ Chiang, mais n’est pas inintéressant pour autant. Ce nouvel arc propose des choses intéressantes, des idées qui auraient pu être bonnes mieux exploitées. Mais la scénariste, malgré ses bonnes intentions, peinent à concrétiser et utiliser tout le potentiel de ses idées. D’où la sensation de lire quelque chose de sympathique mais qui aurait pu être mieux. Pourtant, faire de Wonder Woman une femme débordée, qui peine à assumer toutes ses responsabilités est un bon angle pour se différencier de ses prédécesseurs. Mais il faudra être plus fin par la suite et éviter certaines facilités scénaristiques.
Le dessin de David Finch est intéressant mais manque de régularité.

Attendons de voir la suite, mais ce duo artistique remplit le cahier des charges mais sans le transcender.

Et vous qu’en avez-vous pensé ?

2 commentaires »

  1. Clara 03/06/2016 at 06:26 -

    Merci pour la présentation de cette BD avec pour héros une héroïne. En effet, je trouve que dans ce domaine les femmes ne sont pas assez souvent à l’honneur.

  2. Kevin 03/06/2016 at 11:50 -

    Votre présentation m’a vraiment donné envie de lire cette BD et effectivement avec une héroine cela change !

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