. Wolverine/Gambit : Victimes de Jeph Loeb et Tim Sale | Fant'asie
Del Poyo 15/10/2013 0
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Wolverine/Gambit : Victimes de Jeph Loeb et Tim Sale

Des noms qui font vendre

Voilà quatre noms qui savent faire grimper les chiffres. Wolverine est actuellement dans une phase d’ultra popularité, associé à Gambit, déjà très célèbre auprès des amateurs. Voilà une occasion en or pour Panini Comics de faire connaître Gambit au grand public, par le biais de Wolverine, car aujourd’hui, le nom fait vendre.
A ça, ajoutons la sauce Jeph Loeb et Tim Sale qui viennent récemment d’être mis à l’honneur chez Urban Comics avec les rééditions de Batman – Amère Victoire et Batman – Un long Halloween. On sent que Panini attendait le bon moment pour sortir cet ouvrage. Cela en valait-il la peine ? Le pari est-il payant ?

Wolverine/Gambit : Victimes de Jeph Loeb et Tim Sale, édité par Panini Comics, est disponible en librairie depuis le 12 Juin 2013.

Résumé de Wolverine/Gambit : Victimes chez Panini Comics

A la fin du XIXe siècle, le tueur en série Jack l’Eventreur terrorise Londres. Cent ans plus tard, la capitale britannique est le théâtre de nouveaux meurtres. Gambit, célèbre membre des X-Men, compte bien résoudre ce mystère. Mais que fera-t-il si l’assassin n’est autre que Wolverine ?

La mayo ne prend pas

On nous annonce la couleur dès le départ, en quatrième de couverture, mais aussi en introduction de la présente édition : un tueur en série perpétue les mêmes meurtres que Jack l’Eventreur à son époque. La terreur plane de nouveau sur Londres. La lettre supposée écrite par le vrai tueur « From Hell » ainsi que le mystère qui plane autour de l’histoire de Jack l’Eventreur, semblent être les éléments centraux du récit concocté par Jeph Loeb. Franchement, jusque là, ils nous vendent vraiment du rêve. Mais on n’a pas encore attaqué le comics.

En fait, ça n’est que du bluff. Jack l’Eventreur n’est qu’un prétexte pour situer l’action à Londres et pour donner un aspect sombre au récit. Le lecteur n’a de cesse de se référer à la véritable histoire de Jack l’Eventreur, et cela apporte évidemment une noirceur supplémentaire. Mais c’est tout. Car le récit aurait pu se construire autour de « simples » meurtres. Franchement, Jack l’Eventreur n’a rien à voir là-dedans. On ne nous révèle rien sur le passé de cette histoire. Aucun ou très peu de liens sont faits avec Jack l’Eventreur. Bref, c’est du vent !

Et c’est dommage ! Parce que le scénario est bien construit, on avance petit à petit avec les héros. L’enquête est prenante d’autant plus que Wolverine est le suspect numéro 1 et que c’est son ami, Gambit, qui mène la danse ! Par contre, le dénouement n’a vraiment rien d’exceptionnel, et reste très bateau. L’intérêt du récit se retrouve plutôt autour du rapport entre Wolverine et Gambit. Les séquences intimes des personnages font la force de ce comic.

Malheureusement, plus l’enquête avance, et plus on est déçu. Jack l’Eventreur finit par complètement disparaître du récit et de notre esprit, tout autant que les meurtres de femmes sur lequel repose tout de même le point de départ de l’histoire. Ca va decrescendo jusqu’au bout. Et pour ne pas arranger les choses, afin de bien apprécier la conclusion à tout ça, on a besoin d’un minimum de connaissance Marvel. Ce qui rend, finalement, le comics peu accessible… en tout cas concernant le dénouement.

Au niveau du graphisme, je n’ai vraiment rien à redire. Tim Sale est en grande forme, et je suis fan de son dessin très sombre (à l’image de son travail sur Batman), et qui est vraiment indispensable pour apprécier un temps soi peu cette enquête. Il n’y a qu’à regarder la qualité de la couverture, très dark. A noter une superbe séquence de course poursuite dans Londres. Trois doubles pages qui s’enchaînent avec un découpage audacieux (et différent à chaque fois !), et qui sont tout simplement magnifiques. Chapeau. Quelques autres belles planches et doubles pages méritent le coup d’œil.

Pour conclure, je suis sacrément déçu. Panini Comics annonce une intrigue autour de Jack l’Eventreur dont on ne fait que survoler la thématique (et encore !) à la lecture. Jeph Loeb est vraiment en petite forme pour ce premier travail chez Marvel (la mini-série date de 1995). Pourtant c’est un auteur que je recommande vivement pour ces travaux sur Daredevil : Jaune, Batman – Amère Victoire et Batman – Un long Halloween, tous trois mis en image par Tim Sale. Les deux auteurs fournissent parmi les meilleurs comics à lire, et on était en droit d’en attendre beaucoup plus de ce Wolverine/Gambit bien pâle et qui fait tâche sur le CV. Dommage.

Et vous ? Qu’avez-vous pensé de la performance de Jeph Loeb ? Partagez-vous la déception ?

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