. Virtus – tomes 1 et 2 de Gibbon et Hideo Shinanogawa | Fant'asie
Kameyoko 05/11/2012 3
  • Scénario
  • Graphisme

Virtus - tome 1

Virtus, le sang des gladiateurs – tomes 1 et 2 de Gibbon et Hideo Shinanogawa

Gladiateurs de l’empire romain

Virtus est une nouveauté seinen de Ki-oon, connu pour sa capacité à dénicher de petites perles. Malgré sa couverture assez laide, je trouve, a-t-on dans ce Virtus un nouveau petit bijou ?
Ce manga, assez violent, ne compte que 5 tomes en VO. De plus, l’éditeur français a eu la bonne idée de sortir les deux premiers tomes en même temps.

Ce seinen sur les gladiateurs vaut-il le détour ?

Virtus, le sang des gladiateurs – tomes 1 et 2 de Gibbon et Hideo Shinanogawa sont édités par Ki-oon et sont sortis simultanément le 13 septembre 2012

Résumé de Virtus 1 et 2 par Ki-oon

Résumé de Virtus 1 :

An 185 de l’ère chrétienne. L’empereur Commode, cruel et sanguinaire, entraîne Rome à sa ruine. Peu pressé de gouverner, il préfère combattre dans l’arène. Pour Marcia, concubine du tyran, Rome a perdu ce qui faisait le fondement de sa grandeur : la “virtus”, la force d’âme, la droiture.
Désespérée, elle sollicite l’aide d’une sorcière, qui fait venir par magie à Rome des hommes capables de rappeler cette valeur fondamentale au tyran. Le sort choisit un groupe de prisonniers japonais de l’ère moderne. Précipités sur les sables de l’arène, ils vont découvrir la cruauté du destin des gladiateurs : brutalité des entraînements, férocité des combats, brimades quotidiennes au ludus… Les intrigues politiques et la corruption de la capitale impériale parviendront-elles à briser l’esprit de ces hommes ?

Un seinen violent et étrange

Virtus est un seinen violent mais étrange dans sa conception. Il mélange plusieurs genres, tons, influences et époques. Que l’on aime ou non ce titre, il s’en dégage quelque chose de très particulier, qui mérite qu’on se penche sur son style.

Tout part d’un concept original, à savoir mêler le thème des gladiateurs à des personnes de notre époque « téléportées » du temps de l’empire romain. Aussi excitant que se soit ce concept, ici il s’accompagne surtout d’interrogations.

Pourquoi ne pas avoir simplement fait un manga de gladiateurs ? C’était déjà assez original pour tenter le coup. Ensuite on se pose des questions sur le choix de notre époque contemporaine. On se doute que c’est pour permettre au lecteur de mieux se projeter, et de confronter notre vision du monde, nos us et coutumes à ceux de l’époque des romains.

De même, on peut se poser la question sur le choix des personnages. Pourquoi avoir choisi des prisonniers japonais ? Est-ce pour mettre encore plus en relief la « Virtus » désirée, chez des personnes où on pense qu’il y en a le moins?

Des partis pris tranchés qui nous font nous interroger sur le devenir de ce titre. Mais passé ces questionnements, on peut se laisser à lire ce seinen, sans trop chercher à se prendre la tête.

Virtus - tome 2Parce que clairement Virtus est un énorme défouloir qui use énormément d’action, mais surtout de violence. Une violence à la Hokuto no Ken, souvent irréaliste et exagérée, mais qui permet, paradoxalement, de rendre ce titre moins dur.
Il ne faut donc pas s’attendre à un scénario très détaillé, ni même à une reconstitution historique. On croisera certaines éléments antiques, des lieux, des coutumes, des personnages… mais il n’y a, vraisemblablement, pas l’objectif de faire un manga historique. Il suffit par exemple de voir comment Commode, qui a existé, est dépeint.
Au cours de ces deux premiers tomes, Gibbon, le scénariste, va nous présenter les différents personnages dont Takeru Naromiya, Marcia, Commode, Kamio…, nous expliquer comment et pourquoi ces prisonniers japonais se retrouvent à Rome. Il va également nous montrer un premier combat de gladiateurs, ainsi qu’un camp d’entrainement.

Et dès le premier combat, on voit que l’on ne sera pas devant un manga réaliste. L’exagération, le spectaculaire et la violence à outrance sont de mise. Mais pourtant, on prend plaisir à lire ces passages là, malgré quelques grosses ficelles.
Du fait du manque de dialogue, tout se lit très vie. C’est rythmé, dynamique et spectaculaire. On arrive très vite au bout de ces deux tomes, sans s’en rendre compte. Surtout que les rebondissements, bien que téléphonés, répondent au « besoin primaire » de distraction. C’est simple, mais d’une efficacité redoutable. Je pense notamment à ces affrontements à mort entre les prisonniers. Ce petit coté Battle Royale distrait, mais permet aussi et surtout d’introduire de nouveaux personnages ou du moins les développer un peu plus, tout en mettant en exergue leur caractère/ aptitudes. Malheureusement, on n’échappe pas à certains clichés comme le timide, de prime abord incapable de se battre, ou le yakuza aimant le sang, ou encore le sumo…

Il est d’ailleurs marrant et étrange à la fois, de voir comme les mangakas magnifient les arts martiaux japonais. Le monde des gladiateurs ne se prêtent pas forcément aux arts martiaux. Pourtant, ils parviennent à rendre cet aspect central. Ainsi Takeru est un judoka redoutable et c’est ainsi qu’il va se battre. On parle également de Sumo, de Kendo…
En revanche, j’ai trouvé que le judo était trop présent. Le coté anachronique est voulu et assumé, mais cette glorification est un peu excessive.

Dans Virtus, on sent un grand nombre d’inspiration. Tout d’abord au niveau du dessin et de la violence presque caricaturale, et même dans le charadesign qui ne sont pas sans rappeler Hokuto No Ken. J’ai trouvé que Commode empruntait beaucoup à Raoh.
Le principe de base, consistant à mélanger deux époques, me fait également penser à du Thermae Romae. On ne peut aussi que penser au film Gladiator, notamment par le thème et la présence de Commode.

Graphiquement, le style est assez particulier et peut rebuter. Tout d’abord, la morphologie des personnages est parfois étrange, avec des muscles surdéveloppés et improbables. Le découpage n’offre pas beaucoup d’originalité mais s’avère efficace. Le trait ressemble parfois à celui de Tetsuo Hara, et notamment, mais dans une moindre mesure, dans les détails et arrière-plans, qui sont présents et fait avec beaucoup d’attention.
Le charadesign des personnages est classique, et manque parfois d’un petit quelque chose pour les rendre plus charismatiques.

Pour conclure, Virtus est un étrange mélange de genre, d’influences et d’époques qui ne fait pas dans la finesse. C’est très axé action et violence exagérée. Mais, bizarrement, ça se lit très bien, et éveille suffisamment la curiosité pour vouloir lire la suite. C’est jouissif car simple et, avouons le, un peu régressif. Les mangakas ne s’embarrassent pas et nous proposent un scénario un peu fourre-tout, où on fait l’apologie du judo, des rebondissements un peu gros, et des personnages qui manquent un peu de développement. Néanmoins le potentiel distractif est bien là, et de nombreux points restent à traiter et m’attirent. Je pense notamment aux cicatrices du héros, sur les raisons de son emprisonnement, la confrontation entre des gladiateurs et ces japonais de notre époque. Je suis curieux de voir comme Gibbon et Hideo Shinanogawa vont utiliser ces prisonniers et le fait qu’ils viennent de notre époque.

Evidemment, le titre est loin d’être exempt de défaut comme cette sensation agréable mais en même temps énervante d’avoir un gros fourre-tout de thèmes, ou encore un graphisme particulier ou bien même de ne pas avoir cherché à être plus réaliste… Mais, c’est un titre très divertissant, qui se lit vite et qui finalement se révèle intriguant.

Espérons juste que le scénariste va étoffer un peu le background et arriver à mieux mixer les thèmes pour que cela paraissent plus fluide et limpide.

Et vous qu’avez-vous pensé de ce manga ? Le choix d’utiliser des gladiateurs de cette façon vous convainc elle ?

3 commentaires »

  1. Txeng 07/11/2012 at 22:12 -

    Histoire intéressante et pas si mal, mais les dessins ne sont pas terrible même s’il y a pire 🙂
    Je pense que sans la série Spartacus, je ne me serais jamais intéressé à ce manga car franchement la couverture est pas terrible xD

  2. Kameyoko 08/11/2012 at 14:53 -

    @Txeng : Je suis complètement d’accord sur la couverture. Elle ne donne pas du tout envie.

    Pour les dessins, il y a pire, mais c’est un mélange entre bons aspects et d’autres moins bons.

  3. Leloucheur 12/11/2012 at 21:56 -

    moi je trouve que la couverture donne un bon avant-gout de la violence du manga

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