. Une Sacrée Mamie – tome 1 | Fant'asie
Kameyoko 29/01/2010 5

Une Sacrée Mamie - tome 1 de Saburo Ishikawa et Youshichi Shimada

Une Sacrée Mamie – tome 1 de Saburo Ishikawa et Youshichi Shimada

Campagne, pauvreté et débrouillardise

Une Sacrée Mamie est l’adaptation en manga du livre autobiographique (Gabaï, ma sacrée Mamie de Saga) de l’humoriste japonais (totalement inconnu pour moi) : Youshichi Shimada. Cette adaptation est signée Saburo Ishikawa.

Ce manga nous livre les souvenirs d’enfance de Youshichi Shimada en rendant hommage à sa grand-mère. A priori les anecdotes relatées ici sont de vrais souvenirs mais placés dans un contexte un peu fictif.

L’histoire nous narre les souvenirs de Akihiro Tokunaga à l’époque où il a dû vivre avec sa grand-mère, à Saga, en pleine campagne. Cette dernière est pauvre mais va quand même tenter de l’éduquer.

Ce bref synopsis, ne donne pas forcément envie de découvrir le manga. Et pourtant….

Résumé d’Une Sacrée Mamie 1 chez Delcourt

Hiroshima, en 1958. Le petit Akihiro Tokunaga, élève de CE1 vit avec sa mère et son grand frère. Sa mère travaille dans un restaurant très durement, pour subvenir aux besoins de ses enfants. Leur situation est très précaire.
Akihiro passe son temps à pleurnicher, et à embêter son frère, Yoshinori.
Un jour ils reçoivent la visite de la tante, Kisako, qui arrive de Saga pour quelques jour. Le dernier jour, Akihiro va la raccompagner à la gare accompagné de sa mère.

Sur le quai, le jeune garçon et sa mère disent au revoir à Kisako déjà à bord du train. Mais au moment où le signal du départ retentit, la mère pousse Akihiro dans les bras de sa tante.

Le jeune écolier ne le sait pas encore mais sa mère ne peut plus assumer la situation financière. Elle a donc confié son plus jeune fils à sa mère qui vit à la campagne, à Saga.

Mais la grand-mère est très pauvre. Une nouvelle vie se présente devant Akihiro. Il apprendra à connaitre sa grand-mère, à vivre dans la pauvreté et appliquera ses grands principes : le travail, la débrouillardise et le bonheur.

Une Mamie pauvre, mais riche en ressources

Il y a dans le paysage de l’édition, des mangas qui ne paient pas de mines. C’est le cas de ce Une Sacrée Mamie. Le titre fait un brin ringard et peu intéressant, la couverture fait un peu vieillote et statique. Le synopsis ne parait pas très enthousiasmant. Et pourtant, ce titre de Saburo Ishikawa est un petit bijou qui vaut le détour.

Le début de l’histoire commence de façon tragique et choquante. En effet, le petit Akihiro est forcé à quitter sa famille de façon un peu abrupte, parce que sa mère ne peut plus l’assumer financièrement.
La raison peut être justifiable, la manière moins. On ne lui dit rien, il est arraché aux siens sans dire au revoir, sans s’y attendre. Cette scène est quand même poignante.

Une fois cet évènement passé, on éprouve aussi de la compassion pour le jeune héros quand il découvrira comment vit sa grand-mère à la campagne. Il quitte un foyer pauvre en ville, pour trouver un foyer encore plus pauvre mais à la campagne.

Le contexte est lui aussi dur puisque cela se passe plus de 10 ans après la fin de la guerre et dans un contexte économiques particulier.

Néanmoins, notre jeune héros va apprendre à trouver sa place dans cette maison et avec cette mamie, qu’il ne connait presque pas.

Bien que le résumé paraisse un peu dramatique, c’est en fait tout le contraire. Ce manga est vrai bol d’air, c’est frais et rafraichissant et une très belle leçon de vie.

On va suivre quelques épisodes de la vie de Akihiro et de sa Grand-Mère. Même s’ils sont pauvres, ils vont vivre heureux. Sa mamie est une personne pleine de ressources qui refuse de sombrer dans la pauvreté triste. Comme elle le dit elle veut être une pauvre heureuse. Elle va inculquer à son petit fils quelques principes de vie pour positiver. Le travail, la débrouillardise, le respect et l’ingéniosité seront les maîtres mots de leur nouvelle vie et le tout dans une bonne humeur évidente.

Ils vont affronter les épreuves en s’efforçant de voir le bon coté des choses. Toutes les petites tranches de vie sont positives, émouvantes et drôles. On ne tombe jamais dans la pathos classique pour émouvoir dans les chaumières et faire larmoyer.

C’est d’un enthousiasme communicatif!

En revanche, vu que les scènettes s’enchaînent, il n’y a pas de réelles cohérences entre elles. C’est une succession de souvenirs d’enfance. Ils parleront aussi bien de la confection d’un pyjama, que de la recherche d’un gant de baseball, ou de la préparation d’un pique-nique…

La qualité de ce manga doit beaucoup au duo Akihiro et sa grand-mère. Très vite, ils deviennent super attachants. On verra le jeune garçon s’adapter à sa nouvelle vie et faire sien les principes de sa grand-mère.

La mamie, quant à elle, a une façon généreuse de voir la vie. Malgré les difficultés, elle mord la vie à pleine dent et est toujours positive. Vu ses difficultés financières, elle est très débrouillarde. Son leitmotiv : ne rien gaspiller et dépenser le moins possible. Pour ça, elle va user de moyens ingénieux : comme récolter ce que la rivière lui amène, trainer un aimant dès qu’elle se déplace pour ensuite revendre le fer, détourner des objets de leur utilité première….

Leur duo fonctionne à merveille : on sourit, on rit, on s’émeut… Ils arrivent à susciter beaucoup d’émotion chez le lecteur. Le garçon se montre vite courageux, soutient sa grand-mère et applique ses principes. Il est toujours marrant mais émouvant en même temps, de voir comment, ensemble, ils arrivent à surmonter les difficultés. Il y a une phrase qu’on retrouve souvent et qui résume bien leur complicité et le coté émouvant mais drôle :
« – Mamie, j’ai faim !
– Mais non, tu te fais des idées »

J’aime beaucoup cette phrase toute en simplicité et très forte émotionnellement. Hors contexte, elle doit vous paraitre insipide, mais elle prend toute sa signification quand on lit le manga.

La narration est aussi très sympathique. On effet, le narrateur est sensé être Akihiro adulte nous relatant son enfance. Du coup, quand il intervient , il y a un coté nostalgique qui ressort et un amour profond pour ces moments et sa mamie.

Le scénario est quasi-absent puisqu’on lit une succession de souvenirs indépendants. Mais ces passages sont simples, du quotidien mais ils demeurent envoûtants. Il y a une atmosphère particulière qui fait du bien. C’est frais, rafraichissant et ça donne des leçons de vie. Le tome se dévore très vite. Par contre, certains pourront trouver le discours un peu moralisateur avec ses thèmes écologiques et humanistes.

Une Sacrée Mamie a un charme évident, qui est renforcé par une édition de qualité et par le dessin. Le trait est fin  sur les décors et les objets mais moins sur les personnages. Néanmoins, les émotions transparaissent bien. Le tramage est utilisé à bon escient et s’intègre bien. Le style graphique à un coté rétro qui confère à ce manga du cachet et qui colle bien à l’époque et au type de récit. Les visages sont eux moins fins, et plus caricaturaux (ce qui est probablement voulu). Au début, cela tranche avec le reste mais on s’y adapte rapidement et on se rend compte que ce type de représentation sied bien à Akihiro.

Pour conclure, même si ce manga ne paie pas de mine, il se révèle être une excellente surprise, toute en simplicité, tendresse, positivité et enthousiasme. Comme il est dit dans le manga c’est « la pauvreté heureuse ». Il n’y a pas de fioritures, pas de grands évènements, c’est simple mais efficace.
Une Sacrée Mamie est un manga frais, drôle, touchant et qui donne le sourire.

Cette grand-mère est décidément une « Sacrée Mamie ».

Et vous qu’en avez-vous pensé? Avez-vous été touché par cette tendresse et cette simplicité? Est-ce que ça vous donne envie de découvrir ce titre?

5 commentaires »

  1. Ginie 29/01/2010 at 17:00 -

    Très joli critique qui donne envie de découvrir le manga 🙂

  2. Acr0 30/01/2010 at 16:48 -

    Et moi, je suis tombée sous le charme 🙂
    Voici un manga que l’on m’a prêté, en me disant qu’il devrait me plaire. J’ai le tome 2 aussi, mais pas encore lu (quelle feignasse). J’aime beaucoup cette grand-mère autoritaire mais avec un grand coeur.

  3. Kameyoko 01/02/2010 at 14:18 -

    @Ginie : Merci. Je pense que ça devrait te plaire. Le titre est méconnu mais vraiment sympa.

    @AcrO : Je n’ai pas non plus encore lu le 2, que j’ai. J’aime le coté débrouillard et toujours positif de la grand-mère.

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