. To Your Eternity – tome 1 de Yoshitoki Oima | Fant'asie
Kameyoko 23/10/2017 1
  • Scénario
  • Graphisme

To Your Eternity - tome 1 de Yoshitoki OimaTo Your Eternity – tome 1 de Yoshitoki Oima

Informations générales sur To Your Eternity 1 :
Date de sortie : 19 avril 2017
Scénariste : Yoshitoki Oima
Dessinateur : Yoshitoki Oima
Type : Shonen
Résumé :

Un être immortel a été envoyé sur Terre. Il rencontre d’abord un loup puis un jeune garçon vivant seul au milieu d’un paysage enneigé. Ainsi commence le voyage de l’Immortel, un voyage fait d’expériences et de rencontres dans un monde implacable…

Voyage initiatique d’un être immortel

Après l’excellent A Silent Voice, on retrouve, avec plaisir, la talentueuse Yoshitoki Oima. La mangaka nous revient avec quelque chose de différent, en délaissant la carte du drame scolaire pour du fantastique avec des allures mystiques. Pourtant elle ne perd pas certaines de ses qualités qu’elle parvient à conserver ici. Je pense notamment à la sensibilité qui émerge des pages et sa capacité à dépeindre ses personnages, touchants au possible.

Tout commence avec un postulat étrange, pas plus développer que ça, à savoir une « sphère » déposée sur une planète, qui est immortelle et va évoluer. D’abord elle va évoluer en pierre au contact d’un caillou, puis devenir mousse et ensuite prendre la forme d’un loup, quand un canidé viendra mourir sur la pierre.
Au cours d’un premier long chapitre, on verra cette forme de vie évoluer, devenir un loup et faire la rencontre d’un jeune garçon livré à lui-même dans le froid polaire. Ce garçon est très vite attachant et son affection pour son loup, qu’il appelle Joan, est touchante (même s’il ne sait pas que ce n’est plus le Joan qu’il a connu). Cet être transformé en loup va observer et apprendre du jeune homme. Cette relation est marqué par l’environnement d’une incroyable rudesse. Outre le froid, c’est la solitude qui est pesante et la rareté des ressources. On ne peut avoir que de l’empathie pour le garçon livré à lui-même, qui a perdu tous ses proches et qui pourtant est d’un optimisme et d’une joie de vivre à toute épreuve. La mangaka fait presque un parallèle entre la pureté de son « âme » et la blancheur immaculée du paysage qui l’entoure.

Ce premier châpitre met en place le ton de l’oeuvre et laisse voir tout le talent de la mangaka pour dresser des portraits. On voit déjà que cet être (dont on ignore réellement l’origine et la nature, sinon être le fruit d’un être omniscient et omnipotent) va se lancer dans un voyage initiatique, fait de rencontres et d’évolutions. Il va s’adapter à son environnement et aux interactions avec les êtres rencontrés. Il y a presque une dimensions mystique, religieuse voir même mythique. C’est l’apprentissage de la vie par une « chose » immortelle et adaptative, dépourvue d’inné. Tout va se faire par l’acquisition de forme, mais également de savoir et de savoir-être.
Oima s’attache beaucoup à détailler les apprentissages de la créature. Elle va autant apprendre de la moindre sensation : froid, blessure, faim que de la moindre interaction sociale.
Cette introduction est d’une puissance incroyable.

Mais la suite n’est pas mal non plus et confirme certaines choses entraperçues. Sans trop en dévoiler pour ne pas spoiler, on va croiser d’autres personnages qui vont aider le personnage central à grandir et se développer. La mangaka s’appuie toujours sur des personnages attachants comme la petite March (malgré son charadesign un peu discutable). Dans tous les cas, elle parvient à poser une base très solide pour une intrigue qui, même si elle manque de fil rouge, va nous promettre de belles rencontres et de beaux personnages. L’évolution de l’être presque céleste va donc être centrale et permettre quelques jolis moments et introduire quelques thématiques sympathiques. Car pour le moment, toute les histoires narrées nous captivent et nous touchent.

Surtout que graphiquement, son trait fonctionne bien et reste reconnaissable malgré un environnement sensiblement différent. Elle excelle toujours dans l’expressivité de ses personnages. Elle se montre également efficace dans les décor. Que se soit dans le grand froid, où on ressent la désolation, où dans un environnement plus luxuriant, elle aide pleinement à se projeter.

Même si To Your Eternity reste un peu mystérieux sur son futur et son évolution, Yoshitki Oima parvient à créer une ambiance, installer des personnages rapidement, tout en suscitant de l’émotion, sans tomber dans le pathos. Encore une belle fresque, plus fantastique, mais bourrée de qualité ! Une belle acquisition de Pika, qui a du le chiper au nez et à la barbe de Ki-oon !

Un commentaire »

  1. Youri 20/11/2017 at 21:29 -

    Très belle critique qui donne envie, je crois que je vais le commander au père noel 😉

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