. The Crow – Le Scalp des loups de James O'Barr et Jim Terry | Fant'asie
Del Poyo 26/05/2015 0
  • Scénario
  • Graphisme

The Crow – Le Scalp des loups de James O’Barr et Jim Terry

Le retour du maître

Alors que la série The Crow – Midnight Legends, actuellement en cours de publication par Delcourt, regroupe les différents travaux que d’autres auteurs ont pu fournir autour du mythe de The Crow, James O’Barr, le créateur de la BD originelle, revient avec un spin-off nommé le Scalp des loups.

Les loups ? Ce sont les nazis. L’esprit de vengeance fera son apparition, cette fois, au cœur d’un camp de concentration durant la seconde guerre mondiale. Le leitmotiv de The Crow est la colère vengeresse. Généralement, l’intrigue tourne autour d’un homme qui revient d’entre les morts, poussé par un corbeau, et qui cherche à assouvir une vengeance personnelle. James O’Barr a fait le choix d’abandonner le noir et blanc et nous propose donc un récit en couleur. Les ambiances seront-elles respectées ? Le retour du maître signe-t-il un récit de qualité ?

The Crow – Le Scalp des loups de James O’Barr et Jim Terry, édité par Delcourt, est disponible en librairie depuis le 10 Septembre 2014.

Résumé de The Crow – Le Scalp des loups chez Delcourt

Le cruel commandant d’un camp de concentration a une marotte : défier aux échecs les plus intelligents de ses prisonniers. Pas de chance pour lui, The Crow est de retour et a décidé de se venger des exactions des nazis. Une revanche ultime scénarisée par James O’Barr et dessinée par un jeune virtuose dont le scénariste affirme qu’il est « le digne héritier de Will Eisner ». Rien que ça.

Cruauté et Vengeance

La date est inconnue, on ne sait pas si l’intrigue se déroule au début ou à la toute fin de la guerre. On ne sait pas si on est en Allemagne, ou en Pologne. Ce qu’on sait, c’est que nous sommes en hiver, dans un camp de concentration, en pleine nuit, isolé du monde. Ces absences de repères donnent un ton surnaturel au récit, presque fantastique.

L’Esprit Vengeur fait son apparition dès les premières pages et l’horreur prend alors une place importante. D’abord, l’horreur réelle des camps. Les prisonniers, triés à la sortie du train devant le camp, abattus comme des animaux, la normalisation des actes par les nazis, la fosse commune. L’horreur nazie. Puis vient l’horreur du vengeur, qui apparaît, comme un zombie, le visage squelettique et un œil borgne. Mâchoire arrachée à la main, combat contre des chiens enragés, puis l’inévitable, l’esprit vengeur est abattu. Le décor est planté. Bienvenu en Enfer.

Comme tout esprit, il ne peut être tué, et il ne tardera pas à se relever pour enfin assouvir sa vengeance. C’est alors que débute un simple jeu de massacre. Du sang, des flammes, nous sommes au cœur de l’Enfer. Dans cette folie meurtrière, un plan se dessine. Comme si l’esprit vengeur jouait à un jeu avec le cruel commandant nazi du camp. Un jeu d’échec. Petit à petit, l’esprit se débarrasse de toutes les pièces du roi, le commandant, jusqu’à le mettre échec et mat.

Le vrai génie de James O’Barr est de savoir alterner les scènes morbides avec des flash black. Tout au long des trois chapitres qui constituent cette petite histoire, on suit deux histoires en parallèle. La vengeance de l’esprit, et ce qui a apporté cette vengeance. Que peut donc bien avoir fait ce commandant pour faire revenir la vengeance d’entre les morts. Pourquoi la vengeance s’articule autour d’un jeu d’échec ? Tout cela est dévoilé, étape après étape. On comprend petit à petit, tout en vivant l’horreur de cette nuit froide.

Les ambiances sont magistralement bien rendues par le trait de Jim Terry, qui nous propose d’ailleurs une superbe double page en ouverture du troisième et dernier chapitre. La couleur vient compléter intelligemment son dessin en faisant bien ressortir le rouge sang et les flammes jaune vif. Le reste des teintes étant plutôt terne et sombre, la violence des couleurs renforce celle du dessin et du récit.

En conclusion, James O’Barr signe ici un court, mais prenant récit de vengeance. L’ambiance est sombrement posée, à la fois dans la manière dont James O’Barr traitent le contexte et les personnages, mais aussi dans le dessin et les couleurs. Alors certes, ce petit volume se dévore très rapidement, mais on prend un malin plaisir à voir cet esprit zombie massacrer une bande de nazi sans scrupule. Très honnêtement, ça m’a bien donné envie de lire l’œuvre originelle The Crow.

Et vous ? Avez-vous été conquis par ce court récit ?

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