. The Authority – tome 1 de Warren Ellis et Bryan Hitch | Fant'asie
Kameyoko 06/12/2011 1
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The Authority - tome 1 de Warren Ellis et Bryan Hitch

The Authority – tome 1 de Warren Ellis et Bryan Hitch (Wildstorm Deluxe)

Warren Ellis revisite le mythe des super-héros

The Authority est un comic qui a marqué son époque. Paru il y a plus de 10 ans, ce récit de Warren Ellis redéfinissait le genre super-héroique avec une vision plus mature de ce genre. Ce fût une source d’inspiration pour beaucoup de comic revisitant ce genre comme The Ultimates.
Cette version est la Wildstrom Deluxe contenant les épisodes 1 à 12 de Warren Ellis et Bryan Hitch.
The Authority est édité, aux Etats-Unis, par Wildstorm, label de DC Comics.
En france c’est Panini qui en est l’éditeur. Le volume 1 est disponible à la vente depuis mai 2010

Résumé de The Authority 1 chez Panini Comics

Un soir d’hiver 1999, la ville de Moscou est sévèrement touchée par une attaque massive d’hommes étranges avec des pouvoirs.
A New York, deux anciens membres de Stormwatch se désolent de ce spectacle et regrettent la dissolution de cette équipe de super-héros, qui aurait pu aider.
Apparait alors un vortex d’où sort Jenny Sparks qui vient de fonder The Authority, qui s’affranchit de pas mal de règles. Elle recherche des infos sur cette attaque. Cette dernière serait l’oeuvre de Kaizen et de ses troupes venues de Gamorra.
Jenny retourne alors dans la « Plaie » dans sa base secrète, située dans un vaisseau immense inter-dimensionnel, rejoindre ses troupes. Accompagnée de Midnighter, Apollo, le Docteur, Swift, Jack Hawksmoor et l’Ingénieur, Jenny Sparks va organiser la contre-attaque !

Un comic débarassé du politiquement correct

Il y a des comics qui ont su marquer leur époque et être des sources d’inspirations pour la suite. The Authority fait partie de ceux-là. Car si cette édition date de 2010, The Authority lui date de 1999. Il a grandement contribué à cette mouvance consistant à désacraliser le mythe du super-héros, le rendre plus mature, plus adulte. Warren Ellis a amené le concept de super-héros plus loin que ce qui se faisait à l’époque.
Même si cette vision est maintenant assez courante (The Ultimates, No Hero, Black Summer, Irrécupérable…), The Authority en est un pilier, un précurseur. Même si ce type d’oeuvres désacralisant l’encapé en collant s’est multiplié, et font donc perdre un peu de l’impact de ce comic, il faut le lire comme un titre « débrouissailleur », qui a aidé à introduire ce genre. Pour bien apprécier cette oeuvre, il faut vraiment tenir compte de son caractère précurseur et novateur.

Les auteurs bousculent les codes du genres en jouant sur plusieurs tableaux. Premièrement, c’est assez violent, avec des têtes qui éclatent, du sang… Bien sûr on est loin d’un Crossed mais c’est quand même assez surprenant pour du super-héros « classique ». Deuxièmement, le récit est très bourrin. Tous le évènements sont de grandes envergures et ont une portée importante, avec beaucoup de destructions et de morts civils.
D’autre part, de par la portée du message politique. Même si Warren Ellis ne s’aventure pas plus que ça sur ce terrain, alors qu’il le pourrait, le groupe The Authority fait fi de toutes les contraintes liées à l’appartenance à un état ou une agence gouvernementale. Ainsi ce groupe agit comme il l’entend, sur tous les territoires, sans tenir compte de la géopolitique. Il agit pour ce qu’il pense être le bien de tous, une sorte d’autorité suprême ne tenant pas compte de la politique internationale.
Ce coté très indépendant est plutôt bien mis en valeur et donne toute sa justification à ce groupe mené par Jenny Sparks.

Enfin dernier point montrant le coté un peu subversif de ce comic est une relation homosexuelle assumée entre deux super-héros : Apollo et Midnighter. Or l’homosexualité dans le comic est quand même quelque chose d’encore un peu tabou. Donc si on rajoute à ça la forte ressemblance des personnages à Superman (Apollo ayant des pouvoirs qui s’en approchent) et Batman (Midnighter a le même style vestimentaire, et comportement que Batman), on comprendra pourquoi c’était osé de le faire.

Au niveau du scénario, c’est assez bourrin. C’est du comic spectaculaire, hyper rythmé, mais qui ne brille pas par un scénario hyper complexe, tout en étant loin d’être simple.
L’écriture de Warren Ellis est vraiment bonne. Les dialogues sont ciselés et percutants, l’humour sous-jacent bien fait est les personnages bénéficient d’un vrai traitement.
Par exemple, Jenny Sparks est un personnage féminin fort, qui se révèle plus profonde que ce que je pensais initialement. De même Apollo et Midnighter sont des personnages centraux avec une relation intéressante. Il y a aussi le Docteur, ce shaman à moitié drogué ou encore l’Ingénieur.

Warren Ellis est un grand scénariste et il nous le prouve ici, encore une fois. Il arrive à avoir des idées originales qu’il mène au bout, avec un soin particulier apporté aux personnages, aux dialogues et aux thèmes qu’il développe. Son sens de la narration est aussi exemplaire et il parvient à imposer un rythme elevé, faisant en sorte qu’on ne s’ennuie jamais.

Graphiquement, Bryan Hitch livre un travail impeccable. Son trait réaliste est détaillé et fait merveille lors des scènes bien bourrines, tout comme lors de moments plus intimistes. Sa mise en scène et son découpage sont dynamiques et mettent bien en avant l’action et les personnages.
Les décors et arrières plans sont très détaillés et donnent vraiment une certaine consistance aux cases. C’est un régal visuellement.

Pour conclure, The Authority est un excellent récit, qui fait partie des oeuvres majeures de ces dernières années. L’écriture de Warren Ellis est merveilleuse. Ce comic rédéfinit le concept même de super-héros. Il propose un récit dense, politiquement incorrect, mais diablement efficace ! Ce coté transgressif, mais fait de façon intelligente, avec des vrais thèmes forts est un plaisir à lire. D’autant plus que Bryan Hitch est en grande forme et réalise des planches de toute beauté.

The Authority est un classique à posséder. Ce n’est pas pour rien que je l’ai mis dans ma sélection de comic de super-héros n’appartenant pas à l’univers DC ou Marvel.

Et vous qu’avez-vous pensé de ce titre ? Le considérez-vous comme un indispensable ?

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