. Superstar de Kurt Busiek et Stuart Immonen | Fant'asie
Kameyoko 08/07/2013 0
Superstar de Kurt Busiek et Stuart Immonen
  • Scénario
  • Graphisme

Superstar de Kurt Busiek et Stuart Immonen

Superstar de Kurt Busiek et Stuart Immonen

Vu à la télé !

Superstar est un comic de super-héros mais qui se différencie de la masse par une idée de base assez intéressante. En effet, le héros de ce one-shot, a pour particularité de devoir ‘être populaire pour avoir des pouvoirs. Plus il est aimé par le public, plus il est puissant. Ce comic aborde donc le thème de la notoriété et des médias chez les encapés

Mais ce synopsis, aussi séduisant soit-il, est-il bien exploité par le scénariste ?

Superstar de Kurt Busiek et Stuart Immonen est édité par Glénat Comics et disponible à la vente depuis le 03 avril 2013

Résumé du comic Superstar chez Glénat Comics

Résumé de l’oeuvre par l’éditeur :

Fils d’un géant des médias, Superstar est un héros sous contrat dont la vie est filmée 24h/24. Mais où se situe la frontière entre la téléréalité et le réel ? Ce personnage iconique du petit écran saura-t-il être à la hauteur de ce qu’on attend de lui ? Devenir un super-héros est une longue route et une question de choix…

Super-héroïsme et starification

Superstar est un comic de super-héros, avec un personnage qui a des pouvoirs à la Superman. Tout l’intérêt de ce comic vient du pitch de base. A savoir un super-héros qui tire ses pouvoirs de dons d’énergie. Et qui par conséquent l’oblige à être populaire pour que les hommes fassent des dons. Ainsi Kurt Busiek va jouer sur la dualité entre super-héroïsme et popularité.

Superstar se fait donc suivre par une équipe de télé et travaille, avec son père, sur son image pour accroître sa notoriété et donc les dons. Mais c’est un aspect que Cody Bridges, le nom civil de Superstar, n’aime pas trop.
La popularité, la reconnaissance, les hordes de fans ce n’est pas pour lui. Lui, il veut vraiment être un super-héros, aider les gens, mettre au profit de la société son don. Mais pour faire cela, il n’a pas le choix, il doit se plier à certaines contraintes et à ce show-business.

Le principe de base est assez génial car il mêle de façon intelligente super-héroïsme et l’image. Mais c’est aussi une réflexion sur la nécessité et l’envie. C’est également un terrain propice pour développer plusieurs thèmes comme l’aspect télé-réalité, la starification, le monde de l’image et la relation super-héros / public.

Même si le scénariste aborde ces points là en livrant quelques belles réflexions et personnages, pour moi, il ne va pas assez loin. En effet Superstar est un one-shot mais qui aurait mérité plus de chapitres, notamment pour pousser plus loin le concept et certaines réflexions. On sent que le scénariste à rechercher à finir son comic en 1 tome quitte à ne pas approfondir certains aspects pourtant appelés par le pitch initial.
De plus j’ai été un peu déçu par la fin, qui ne vient pas transcender ou révolutionner l’histoire ou le synopsis de base. Avec cette idée assez géniale, il y avait peut-être moyen de faire quelque chose de plus percutant.

Pourtant, malgré ces regrets, il serait dommage de bouder son plaisir car Superstar reste un très bon comic, qui exploite avec intelligence et maîtrise son histoire. C’est écrit avec beaucoup de talent. Kurt Busiek parvient en peu de page à poser son idée originale, proposer de l’action, développer quelques personnages secondaires matérialisant des aspects différents de la notoriété, tout en proposant une histoire rythmée, dense, avec un regard critique sur les médias.

La lecture est passionnante parce que le récit est bien huilé et maîtrisé. On sent que ce n’est pas le dernier des scénaristes. Même si le personnage principal manque d’un peu d’aspérité, il est attachant dans sa soif d’être un super-héros et dans son tiraillement entre le besoin de se plier au jeu de la notoriété tout en exécrant cela.
Mais pour pimenter cela, le héros s’entoure de personnages bien construits, même s’ils auraient pu être encore un plus développés.
On retrouve ainsi, la copine du héros, plus intéressée que sincère. Le père, magnat des médias, qui pense plus à l’argent, à l’exploitation financière et médiatique de son fils, qu’à son fils. Ou encore du frère, sorte de sidekick de l’ombre, qui jalouse son frère. Ces trois personnages sont des matérialisations des dangers, pour une personne, de la notoriété. Par leur biais, Kurt Busiek livre une réflexion sur les apports de la gloire et de la renommée sur le comportement des gens de l’entourage.

Mais, je persiste, en disant qu’il y avait moyen d’aller encore plus loin dans cet optique-là, et de développer les différentes interactions entre les personnages et le héros. Car les relations père-fils compliquées sont abordées mais cela manque d’impact. De même la jalousie entre frères aurait pu donner lieu à de beaux dialogues. Mais ici, le scénariste se contente de quelques brèves séquences, certes, bien faites et pertinentes, mais sans jamais aller au fond des choses.
Du coté desennemis, même si on a une petite galerie de méchants hauts en couleur, ils sont plus qu’anecdotiques. Il manque un véritable adversaire de taille et charismatique
En gros Superstar aurait été encore mieux en deux tomes. Mais ne boudons pas notre plaisir car même en un volume, le plaisir de lecture est bien là, et le scénario est assez bien ficelé pour captiver. D’autant plus que l’idée de base est bien exploitée.

Graphiquement le travail de Stuart Immonen est plus qu’agréable. Son style, mélange de cartoony et de réalisme va bien avec ce type de récit. Son travail de découpage, de mise en scène et son trait sont propres et efficaces. Mais, je ne peux m’empêcher de penser qu’il manque d’un petit peu de personnalité et d’âme à son trait. C’est presque trop professionnel. Mais c’est pour chercher la petite bête, car au final c’est de qualité.

Pour conclure, Superstar de Kurt Busiek et Stuart Immonen est un très bon one-shot qui arrive à proposer une vision différente des super-héros grâce à une excellente idée de base. Le scénariste arrive à bien exploiter ce concept, notamment par l’utilisation astucieuse de plusieurs thèmes forts autour de la célébrité, mais aussi par des personnages secondaires intéressants. Mais Superstar souffre de deux principaux défauts. A savoir, le format et la conclusion. En effet, faire de cette histoire un one shot est louable, mais elle méritait de s’étendre sur au moins deux volumes pour bien aller au bout de l’idée, des personnages et des thématiques développées. Pour la conclusion, elle décevra un peu car elle ne magnifie pas l’idée de base et tout ce qui en a découlé. Elle est donc un peu décevante.
Mais ce Superstar reste une bonne lecture qui se lit avec beaucoup de facilité et de plaisir.

Et vous qu’avez-vous pensé de ce one-shot ? Que pensez-vous de l’idée de base ?

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