. Southern Bastards – tome 1 | Fant'asie
Kameyoko 04/06/2015 4
  • Scénario
  • Graphisme

Southern Bastards - tome 1

Southern Bastards – tome 1 de Jason Aaron et Jason Latour

Le Sud, son charme et ses habitants !

Urban Comics continue de développer sa collection Urban Indies avec des titres souvent issus du catalogue Image Comics. L’éditeur nous a souvent gratifier de très bons titres, souvent originaux et bien réalisés.
Ce Southern Bastards nous promet une plongée dans l’Amérique profonde, celle de rednecks !

Mais que vaut ce nouveau titre ?

Southern Bastards – tome 1 : Ici repose un homme de Jason Aaron et Jason Latour est édité par Urban Comics et est disponible à la vente depuis le 20 mars 2015.

Résumé de Southern Bastards 1 chez Urban Comics

Résumé de l’éditeur :

De retour à Craw County, Earl Tubb n’a qu’une chose en tête : vider la maison du vieil oncle Buhl et repartir au plus vite de cette petite ville d’Alabama qu’il a quittée voilà 40 ans. Il suffira d’une altercation avec quelques locaux au diner du coin pour transformer ce séjour en descente aux enfers. Un enfer taillé sur mesure par Euless Boss, coach de l’équipe de football local et ennemi juré de feu le shérif Tubb, paternel d’Earl.

Earl Tubb chez les rednecks

Southern Bastards est une série écrite par Jason Aaron que l’on connait notamment pour son comic Scalped. On a aussi pu le voir chez Marvel comme sur Thor, Wolverine and the X-Men
Il nous propose ici une plongée dans l’Amérique profonde, celle du Sud, celle de l’Alabama.
Comme il nous l’explique dans la préface, le scénariste est originaire de cet état (Jason Latour vient aussi d’un état du Sud). Il l’aime comme il le craint. La faute à une mentalité parfois spéciale et des gens qui le sont tout autant. On retrouve un peu de ça dans le personnage d’Earl Tubb, comme une projection fantasmée de l’état d’esprit de l’auteur.

En effet, l’histoire est celle d’Earl Tubb qui revient à Crow County après plusieurs décennies d’absence. Suite au décès de son oncle qui habitait la maison familiale, il vient pour la vider au plus vite. Alors qu’il devait n’y passer que quelques jours, il va se trouver embrigadé dans les histoires locales, au point de ne plus pouvoir s’en extirper sans prendre des mesures radicales.

L’histoire tourne essentiellement autour du héros Earl, qui malgré son âge certain reste une belle bête ! Ce dernier a quitté l’Alabama depuis plusieurs années et ce retour dans la ville de son enfance va faire resurgir de vieux souvenirs, notamment concernant son père, shérif local, pas toujours très gaies. Cette figure paternelle l’a bien plus marqué que ce qu’il n’y parait. Et malgré la mort de ce dernier son influence sera encore présente pour Earl.
Ce personnage principal est très bien caractérisé. On le sent fatigué, encore marqué par son enfance et son père. Mais il se retrouve embarqué dans des ennuis, qui ne feront que croître, avec la population locale.
La voie qu’il a choisi, dont il n’arrive pas à se défaire, va l’entraîner sur le terrain de la violence et va le confronter à de vrais rednecks, pas réputés pour leur finesse d’esprit.

Il y a un côté très Eastwood, au travers de son personnage dans Impitoyable, voir même Gran Torino, dans ce héros désabusé. Jason Aaron va, à partir d’un déclencheur, faire se révéler le personnage et faire exploser cette rage contre certaines personnes du village et leur comportement. La tension va devenir croissante, entraînant encore plus profondémment le héros dans cette vengeance. Accompagné du gourdin de son père, il va s’opposer au régime presque dictatorial du Coach et des ses sbires. Le tout pour arriver à l’affrontement inévitable qui aura un impact sur beaucoup de gens.
Earl, malgré son côté usé, parfois bourru, devient vite attachant. Pour cela, le scénariste use de flashback pour lui donner encore plus de consistance, et comprendre plus son état d’esprit actuel, tout en parsemant le présent d’appels téléphoniques, laissés sur répondeur à une personne. Je trouve que ces petits appels, se transformant en monologue, rendent le personnage plus humain, plus crédible. Une très bonne idée. M’est avis aussi que ça pourrait impacter la suite du récit.

Même si au final la construction du récit est assez classique, Jason Aaron arrive, en seulement 4 épisodes, à proposer un récit dense, plus fin que ce qu’on pourrait penser et très agréable à lire. Il y a aussi une vraie atmosphère qui s’en dégage avec le choix de l’Alabama comme cadre géographique. D’ailleurs les rednecks, même si c’est un terme péjoratif, rendent bien ici. Le scénariste nous montre bien la mentalité locale, avec l’importance du football américain, ses ribbs et la corruption couplée à la violence. On voit bien également comment tout se règle dans la communauté et le peu d’amour pour les étrangers.

Graphiquement, le travail de Jason Latour contribue à donner cette ambiance moite et poisseuses. Son trait vif, massif et nerveux convient bien au récit. Ca donne de suite un style un peu bourrin, droit au but, qui va de paire avec certains rednecks très bruts de décoffrage. La colorisation, axée autour de teintes rouges, rend très bien. On sent la moiteur de l’ambiance, le côté hors du temps et « bouseux » (du moins Amérique profonde).

Pour conclure, malgré un récit un peu court, Southern Bastards – tome 1 : Ici repose un homme de Jason Aaron et Jason Latour est un bon récit qui se suffit presque à lui-même. Malgré des situations et des personnages très légèrement caricaturaux, le récit est simple mais pasisonnant. Le personne de Earl, avec son côté désabusé, les souvenirs de son père, est attachant et finalement bien travaillé. Le scénariste a su tirer profit de la particularité du cadre de l’Alabama avec ses rednecks et leur mode de vie. Un élément déclencheur va entrainer notre héros sur une route dangereuse qui le deviendra de plus en plus. Et ce jusqu’à atteindre un point de non-retour qui impactera les gens et plus globalement la ville.

Le dessin de Jason Latour se met au diapason de ce récit brutal, avec un trait presque agressif et anguleux. Mais cela donne une une excellente ambiance, réhaussée par une colorisation qui vient renforcer l’atmosphère.

Bref, un titre plus qu’agréable, et dont j’ai hâte de ire la suite, voir comment tout va se goupiller.

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous appréciez le personnage d’Earl ?

4 commentaires »

  1. Dionysos89 08/06/2015 at 10:43 -

    Super que ça t’ait plu aussi, hâte également de lire le tome 2 prochainement. 😉

  2. Kameyoko 09/06/2015 at 10:22 -

    @Dionysos89 : J’aime bien quand les éditeurs proposent autre chose que du super-héros. Et là le côté Amérique profonde est vraiment sympa.

    Hâte de voir le tome 2 surtout que je ne sais pas trop à quoi m’attendre.

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