. Sidekick – tome 1 de J.M Straczynski et Tom Mandrake | Fant'asie
Kameyoko 16/04/2015 0
  • Scénario
  • Graphisme

Sidekick - tome 1

Sidekick – tome 1 : Descente aux enfers de J.M Straczynski et Tom Mandrake

La dure vie d’acolyte !

Comme son nom l’indique, ce comic va s’intéresser à un sidekick, un acolyte d’un justicier, qui reste souvent dans l’ombre de son mentor.

Les sidekicks connus sont légions que ce soit dans le comic : Robin, Bucky Barnes, Arsenal ou dans d’autres domaines du divertissement : Sam Gamegie, Sancho Panza, Chewbacca, Luigi

Ici, dans ce Sidekick – tome 1, on va suivre la descente aux enfers de l’un d’eux, laissé seul. Et tout ça sous la houlette de J.M Straczynski. Autant d’arguments qui donnent envie de se pencher sur ce titre.

Sidekick – tome 1 : descente aux enfers de J.M Straczynski et Tom Mandrake est édité par Delcourt et est disponible à la vente depuis le 21 janvier 2015.

Résumé de Sidekick 1 chez Delcourt

Résumé de l’éditeur :

Lorsque son mentor, le super-héros Red Cowl, meurt, Barry Chase – alias Flyboy – décide d’enquêter sur les circonstances de sa disparition. Il découvre des choses qui vont totalement bouleverser sa vie. Qui était réellement Red Cowl ? Qui voulait s’en prendre à sa carrière en dévoilant des secrets inavouables ? Que s’est-il passé pour que quelqu’un décide de le tuer ?

Flyboy ce loser !?

C’est via son label Joe’s Comic, au sein d’Image Comics, que l’on retrouve de nouveau Joe Michael Straczynski (pour des raisons évidentes de facilité, je le désignerai par JMS) aux manettes d’un comic. Après Rising Stars, Midnight Nation, Ten Grand voici Sidekick.

Comme son nom l’indique, nous allons nous intéresser à un sidekick : Flyboy, acolyte de Red Cowl, vigilant de Sol City. Ce Red Cowl est un mélange à peine voilé entre Superman et Batman. Sauf que ce dernier se fait tuer d’une balle dans la tête lors d’une parade. L’allusion à l’assassinat de J.F Kennedy est là aussi évidente.

Si JMS, via un flashback, nous montre d’abord une classique scène super-héroïque, très inspirée par le Golden Age, c’est pour mieux nous proposer la déchéance du Flyboy actuel. Depuis le meurtre de son mentor, le jeune homme sombre dans la déchéance. Il devient la risée de tous.
Le scénariste va nous entrainer dans sa presque inéluctable descente aux enfers. Toutes ses tentatives de remonter la pente se soldent pas des échecs. Celui qui, autrefois était accompagné un héros adulé, avec toujours un coup d’avance sur les méchants, vivait avec la bienveillance de la population, survit maintenant bien loin des paillettes.

Il tombe en dépression, est porté sur la bouteille et a du mal à adopter le bon comportement au point de se faire ridiculiser, voir haïr par certains.

On voit bien que le personnage a totalement perdu pied à la mort de Red Cowl, ce qui a changé sa personnalité. Il essaie en vain de se reconstruire en tant qu’homme et super-héros mais n’y arrive pas quand même.
Fatalement JMS s’amuse à faire une relecture du rôle du super-héros par le biais de l’acolyte souvent sous-estimé et mis de côté. Il établit alors une vrai déconstruction du personnage. Il joue ainsi la carte totale du décalage entre l’époque où il déambulait dans les rues avec Red Cowl, et l’époque actuelle où la déchéance et la solitude lui pèsent.
D’ailleurs il est marrant de voir que JMS, pour illustrer ces deux phases de vie, s’inspire pour l’un de l’époque du Golden Age et du Silver Age et de l’autre des comics des années 90 plus sombres et torturés.

Si la première moitié nous montre la chute de Flyboy, allant jusqu’à une tentative de suicide, la suite développe ce personnage avec son enfance, sa blessure l’ayant conduit à revêtir le costume et sa rencontre avec Red Cowl. Puis petit à petit le scénariste va instaurer le doute dans l’esprit du lecteur mais aussi celui de Flyboy quant au vrai Red Cowl et sur ce qu’il s’est passé lors de cette journée qui a changé sa vie. De fait, Sidekick change un peu de ton et en devient plus intéressant.

Cette désacralisation du super-héros est loin d’être intéressante surtout quand elle fait par le prisme du sidekick. Mais ce comic souffre d’une part, d’un côté convenu; la destruction du mythe du super-héros a été pas mal de fois abordée et d’autre part un petit problème de rythme. Voir la descente aux enfers de ce personnage est d’abord intéressante, avec quelques bonnes idées, mais à la longue c’est un peu ennuyant, surtout que j’ai pas trop accroché au personnage. Heureusement la fin donne un nouvel élan.

Graphiquement, le trait de Tom Mandrake est correct mais décevant néanmoins. Je n’ai pas trouvé ça exceptionnel. Mais surtout sur quelques planches, il y a parfois des baisses de qualité. Ca se voit notamment dans certains arrières-plans, certains détails, voir même tout simplement dans les proportions. Son style fait un peu depassé et lourd.

Pour conclure, ce Sidekick – tome 1 : Descente aux enfers de J.M Straczynski et Tom Mandrake montre bien la déchéance d’un sidekick ayant perdu son acolyte. Petit à petit JMS s’amuse à nous montrer comment Flyboy devient la risée de tous et comment il perd pied. Pour cela, le scénariste tente de faire revenir son héros sur le devant de la scène, mais ses tentatives se soldent par des échecs cuisants qui ne font que ternir son ancienne image et celle de son mentor.

Via des flashbacks, on en apprend plus sur ce personnage, finalement bien caractérisé. Simplement, il devient un peu ennuyant à la fin. Pour contrer cela, JMS fait intervenir des doutes quant à la mort de Red Cowl, avec de nombreuses implications qui donnent envie de lire le suite.

Sidekick est un comic sympa, mais à qu’il manque quelques petites choses pour être totalement réussi

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