. Shazam de Geoff Johns et Gary Frank | Fant'asie
Kameyoko 10/02/2015 0
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Shazam de Geoff Johns et Gary Frank

Shazam de Geoff Johns et Gary Frank

La renaissance du héros Shazam

Avec les New 52, nous avons enfin la chance d’avoir un peu de Shazam en librairie. Et rien que pour ça, je suis content. Il faut dire qu’en France on a pas été très gâté avec ce personnage, qui n’a été que peu publié.

Autre bonne nouvelle c’est que ce récit se suffit à lui-même et surtout il est écrit par Geoff Johns et dessiné par Gary Frank. Clairement une belle équipe créative derrière ce projet. Mais que vaut-il ?

Shazam de Geoff Johns et Gary Frank est édité par Urban Comics et est disponible à la vente depuis le 14 novembre 2014.

Résumé de Shazam chez Urban Comics

Résumé de l’éditeur :

Billy Batson est un garçon têtu et arrogant, balloté de famille d’accueil en famille d’accueil, jusqu’au jour où il est choisi par le sorcier Shazam, pour devenir le nouveau champion terrestre de la magie ! Mais le retour de Black Adam, ancien détenteur corrompu de ce pouvoir, le forcera à mûrir et assumer enfin ses responsabilités !
(Contient : New52 Shazam! vol1 : JUSTICE LEAGUE 7-11, 0, 14-16, 18-21)

 

Bill Batson devient Shazam !

Shazam était peut-être l’un des super-héros les plus connus à l’époque de l’Âge d’or du comics. Mais au cours du temps et de diverses péripéties, il perdit de sa superbe. Je vais vous épargner les diverses histoires autour de ce personnage, de ses débuts chez Fawcett, puis chez DC et son changement de nom de Captain Marvel à Shazam !

DC Comics a profité de l’emballement autour de son New 52, pour retravailler ce personnage et ses origines. Et plusieurs éléments ont été refaçonnés. A commencer par son personnage principal Bill Batson qui a été vieilli de quelques années et qui a le comportement d’un sale petit merdeux. Mais d’un autre côté Geoff Johns s’évertue à multiplier les clins d’œil à son ancienne version et à ré-utiliser plusieurs éléments de la mythologie de ce personnage comme ses méchants. En tête de liste on retrouve sa némésis Black Adam, mais il y a aussi plusieurs autres ennemis brièvement introduits, ou juste évoquer comme le Dr Sivana ou Mister Mind.

Avec ces éléments nouveaux ou anciens, on voit que c’est vraiment une nouvelle incarnation de Shazam/ Billy Batson qui se veut plus moderne et réaliste.

Dans ce tome Johns essaie, en un volume, de redéfinir ce personnage, de le caractériser, d’introduire un méchant classieux, ainsi que d’autres menaces, mais également le principe de Shazam Family. Inutile de dire que le programme est chargé et que par conséquent tout n’est pas idéalement traité.

L’histoire se focalise sur Billy Batson, un orphelin qui va rejoindre une nouvelle famille d’accueil, déjà composée d’orphelins. Sauf que cet adolescent n’est pas le mignon petit garçon qu’on peut supposer. Il est insupportable et ne souhaite pas s’intégrer à sa nouvelle famille. En gros, il est dépeint comme un garçon tête à claques, capricieux et un peu rebelle. Mais bien évidemment c’est un moyen pour lui de cacher ses blessures. Et au final ce n’est pas un mauvais bougre. On sent la volonté de lui redonner une image plus moderne et le faire devenir plus cool.
Néanmoins, ce côté rebelle et branleur a un côté intéressant, notamment quand il devient le champion de la Magie : Shazam. Loin de faire le bien dans un premier temps, il utilise son don et sa nouvelle apparence pour faire des trucs complètement personnels, voir égoïste, comme acheter de la bière, se venger… D’ailleurs, dès que Black Adam arrive, il va se cacher un peu lâchement. Geoff Johns nous montre un personnage bien loin de la représentation presque iconique que l’on peut avoir de Shazam.

Mais petit à petit, il devient plus attachant, plus altruiste et embrasse son rôle de super-héros. Ce changement d’attitude est évidemment attendu, un peu linéaire, mais au final fonctionne bien. Surtout que c’est un prétexte pour aligner des combats et quelques rebondissements sympathiques, faisant de ce Shazam un « bon pop-corn comic ».

En parallèle le prolifique scénariste développe également le méchant Black Adam, au travers de quelques flashback instructifs. Il dresse le portrait d’un anti-héros, qui a basculé suite à une enfance tumultueuse. Il y a une certaine efficacité dans cette caractérisation, même si elle est un peu trop classique. Mais cela à au moins le mérite de proposer un vrai adversaire charismatique à notre héros. Mais très franchement, j’aurais aimé qu’il soit encore plus travaillé.
Il y a aussi une partie sur des méchants liés aux péchés capitaux. Mais ces derniers manquent trop de profondeur pour être suffisamment intéressant. C’est dommage car ils avaient du potentiel, mais pas assez bien exploité.
Le tout se finit par une série de coups dévastateurs de part et d’autres, offrant son lot de combats et d’action que l’on peut attendre d’un titre Shazam.

Mais au-delà de ces derniers, le scénariste insiste beaucoup sur les autres orphelins, sur la « Shazam family« .

Graphiquement, le trait de Gary Frank est superbe, avec son coup de crayon précis qui sublime l’aspect super-héroique. Il est également très bon dans l’expressivité de ses personnages. Son charadesign du Shazam est vraiment très sympa aussi. Je trouve que son style se marie bien avec l’aspect iconique de ce titre.

Pour conclure, ce Shazam de Geoff Johns et Gary Frank est une bonne surprise qui propose une réinterprétation intéressante du personnage de Shazam/ Bill Batson. Qui dit réinterprétation dit présence d’éléments connus par les fans et d’autres entorses. Donc fatalement, tous les choix ne plairont pas à tout le monde. Mais personnellement, j’aime ce côté antipathique, de prime abord, du jeune adolescent. Je trouve que ça casse un peu l’aspect trop parfait de Shazam. Le scénariste nous propose donc une bonne revisite, bourrée d’action, de rebondissements, avec des méchants intéressants qui montrent bien l’amour qu’il a pour le personnage.
Pour compléter ce tableau, nous avons la présence d’un Gary Frank trop rare qui magnifie le tout. J’aime vraiment bien son style.
Tout n’est pas parfait car au final, c’est une histoire et une construction scénaristique un peu classiques, avec quelques éléments qui auraient mérité plus de développement.

Mais je persiste à trouver ce comic de bonne facture qui permet d’avoir enfin un peu de Shazam en France. Espérons qu’il y ait un jour une suite, ou qu’on puisse avoir plus de ce personnage en librairie.

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Aimez-vous le travail de Geoff Johns sur ce relaunch ?

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