. Seven Shakespeares – tome 1 de Harold Sakuishi | Fant'asie
Kameyoko 18/06/2012 2
  • Scénario
  • Graphisme

Seven Shakespeares - tome 1

Seven Shakespeares – tome 1 de Harold Sakuishi

Les mystères de Shakespeare

Seven Shakespeares (7 Nin Shakespeare en VO) est le nouveau manga du créateur de Beck : Harold Sakuishi. Prépublié dans le Big Spirit Comics, ce seinen se focalise sur un personnage historique : William Shakespeare, célèbre dramaturge anglais, et ses zones d’ombre.
Néanmoins, ce manga n’est pas une biographie, mais bien une oeuvre de fiction, qui s’appuie sur quelques personnages et faits réels, pour laisser place à un récit imaginé.
Seven Shakespeares – tome 1 de Harold Sakuishi est édité par Kazé Manga et est disponible à la vente depuis le 04 avril 2012

Résumé de Seven Shakespeares chez Kazé Manga

Londres, 1600
Dans le quartier libre, alors que les forces de l’ordre s’apprêtent à interrompre la représentation de Hamlet, et à mettre aux fers les comédiens, un homme s’interpose : il prétend être William Shakespeare, l’auteur de la pièce qui est jouée. Non loin de là, dans une taverne, un homme négocie la vente du manuscrit dérobé de Hamlet, mais ses interlocuteurs l’accusent d’imposture. Laissé seul avec son manuscrit dans les mains, l’homme crie alors qu’il a connu Shakespeare dans le passé et que le dramaturge lui-même, n’est autre qu’un imposteur…
Car dans ce monde de faux-semblants, chaque rencontre, chaque événement dramatique dessine une pièce supplémentaire du puzzle Shakespeare.

Et si Shakespeare était un imposteur ?

Comme son nom l’indique, ce seinen sera consacré au dramaturge anglais Williamn Shakespeare. Mais ne vous y trompez pas non plus, ce Seven Shakespeare n’est pas une biographie, ni, à priori, une histoire tirée de faits réels. L’aauteur de Beck, Harold Sakuishi, semble s’inspirer assez largement de sa vie, mais surtout de ses zones d’ombres. Il part du postulat « Et si c’était un imposteur ? »
Il n’y a pas, du moins,c’est l’impression que ca donne, de volonté d’être véridique.

Tout commence avec un premier chapitre introductif, qui présente Shakespeare, en l’an 1600, et le théâtre à cette époque. Ce dernier est sujet à la discorde, notamment cet auteur. Le pouvoir « puritain » vient interrompre une représentation.
Mais rapidement, le personnage de Shakespeare apparait très énigmatique, surtout qu’on le taxe d’être un imposteur. Même si cette phase est très rapide, le mangaka a le temps de mettre en place un cadre culturel, qui fait assez réel. Puis vient le premier rebondissement, l’accusation d’imposture.

Après cela, l’intrigue commence réellement, avec un retour sur des évènements 13 ans auparavant. Et, alors que l’on peut s’attendre à y découvrir un Shakespeare sur la voie de la créativité, il en est tout autrement.
En effet, le reste du tome, qui tourne autour de 250 pages, est consacré à une chinoise : Li. Nous allons découvrir cette jeune fille, vivant à Liverpool, au sein d’une communauté chinoise. Ces immigrés sont loin d’avoir une vie facile, dans un pays aux coutumes différentes des leurs.
Le mangaka nous explique comment cette communauté est arrivée ici et développe forcément le personnage de Li. Cette dernière est quasiment muette et a l’inquiétant don de faire des prédictions, souvent funestes. Ce qui fait que les autres en ont peur, car elle porte le mauvais oeil.
Elle est donc rejeté par les autres, et même ses parents ne la traitent pas normalement. Son don, lui a causé plus de soucis que d’heureuses expériences.

Cette partie est intéressante, avec une Li attachante dont on va découvrir son passé douloureux. Elle suscite de suite la sympathie de par son « handicap » et la mise à l’écart dont elle est victime.

Mais cette phase là perturbe le lecteur pour principalement deux raisons. La première c’est que pour un récit focalisé sur un personnage ayant existé : Shakespeare, c’est bizarre d’ajouter du fantastique dans ce récit avec le don de Li.
Mais ce qui perturbe c’est l’importance de ce personnage. On devine bien qu’elle est centrale dans le récit, sauf qu’on ne voit absolument pas en quoi elle a un rapport plus ou moins lointain avec Shakespeare et le théâtre. Et ce n’est pas à la lecture de ce tome qu’on comprendra parfaitement qui est cette Li et quel est son rôle. On ne voit pas trop où veut en venir le mangaka et qu’elle est la teneur de l’intrigue.
Heureusement, Harold Sakuishi, nous rappelle que c’est bien un seinen sur Shakespeare. Tout à la fin, on voit émerger un potentiel lien entre le dramaturge et la jeune fille chinoise.
Mais ça reste encore flou, et le lecteur s’interroge encore sur ce qu’est ce Seven Shakespeare. Surtout que ce mélange de faits rééls, fiction, fantastique, réalités historiques, même si bien exploité, déroute. On ne sait vraiment pas ce que nous réserve ce manga.
Mais ce flou passionne et intéresse. On a envie de savoir ce qu’ilva se passer, ce qui se cache sous ce Shakespeare et son éventuelle imposture.

Graphiquement, le trait de Harold Sakuishi est plutôt agréable avec un certain soin apporté sur le charadesign. Les personnages sont aisémment reconnaissables, avec un bon style et expressifs. Parfois un peu trop, car certaines expressions sont un peu trop exagérées, avec des bouches grandes ouvertes, de grands yeux… Ce qui est un peu étrange.
Mais pour le reste le dessin est plaisant et sert le récit.

Pour conclure Seven Shakespeares – tome 1 laissait supposer un seinen consacré à Shakespeare et sa part d’ombre, mais sur un ton presque biographique. Mais il n’en est rien. On s’éloigne de la réalité pour lorgner du coté purement fiction, avec un peu de fantastique. Rapidement, on s’éloigne du théatre et de son plus grand représentant pour un récit dont a presque l’impression qu’il n’appartient pas à ce seinen. Ce parti pris est déroutant car il n’est pas du tout question de Shakespeare. Même si cette partie est intéressante, notamment par la personnage de Li, plutôt attachante, on se demande vraiment où va le manga, quelle est la direction artistique choisie…
Heureusement, on y verra un poil plus clair tout à la fin, avec un début de lien connectant Li et Shakespeare.

Ce tome est clairement introductif, trop même. Il faudra encore attendre pour se faire un avis plus ferme sur ce titre. Mais le manga a su susciter mon intérêt.
J’ai hâte de lire la suite, et voir où on va. Mais la lecture est quand même perturbante. A voir.

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous aussi été perturbé par le manque de connexion avec le théâtre ? Pensiez-vous aussi que ce seinen avait une dimension un peu biographique ?

2 commentaires »

  1. jayer 18/06/2012 at 10:26 -

    Il semble qu’il s’inspire aussi largement du film « Anonymus » (ou vice versa) mais l’idée est très bonne… je ne pense pas que le manga sera très long pour le coup…

Laisser un commentaire »