. Rocketeer de Dave Stevens | Fant'asie
Kameyoko 15/11/2011 4
  • Scénario
  • Graphisme

The Rocketeer de Dave Stevens

Critique de Rocketeer de Dave Stevens

Voltige, pin-up et du pulp

Rocketeer est un comic qui date de mai 1985 et est réalisé par le talentueux Dave Stevens, malheureusement décédé à l’âge de 52 ans.
Delcourt à eu la bonne idée de ressortir ce classique du comic qui vaut le détour. Il existe aussi l’adaptation cinématographique : Les aventures de Rocketeer (The Rocketeer en VO) réalisé par Joe Johnston (Captain America) et sorti en 1991 sur nos écrans.
N’ayant pas vu le film, je ne m’amuserai pas à faire de comparaison.
Le comic est un petit bijou rétro et pulp à l’ambiance si particulière.
Rocketeer de Dave Stevens est édité par Delcourt et est disponible à la vente depuis le 24 août 2011.

Résumé de Rocketeer chez Delcourt

Cliff Secord est un pilote au parcours insolite. Il a commencé dans un aérodrôme en tant que mécanicien. A force de persévérance, il a convaincu son vieil ami Peevy de le laisser piloter un vieux modèle.
Puis peu après, il a commencé à faire de la cascade au cinéma. Mais son caractère irrascible l’a amené à se disputer avec bon nombre de réalisateurs, au point de se griller.
Maintenant, il est un simple pilote pour un spectacle aérien.
Un jour, au hangar, il voit une voiture débouler, suivie de près par une voiture de police. Les malfaiteurs se retrouvent à l’intérieur du hangar où dort son vieux coucou. Peu de temps après, les bandits sont interpellés.
Cliff va faire un tour voir si rien n’a été abimé ou dérobé. A l’intérieur de son avion, il découvre un paquet contenant un étrange objet. Cliff l’apporte à Peevy, qui lui annonce qu’il s’agit d’un jet-pack dorsal expérimental, permettant au porteur de s’envoler. Cliff est de suite emballé à l’idée de tester cet engin. L’occasion ne va pas tarder à se présenter lorsque, lors d’un meeting arérien, un pilote se retrouve en danger.
C’est le début des aventures du Rocketeer, recherché par le gouvernement, l’inventeur, les nazis…
Si on rajoute à cela Betty, sa petite amie actrice qui lui fait tourner la tête, Cliff n’ pas fini d’aller au devant de problèmes.

Même vieux de 26 ans, ce comic n’a pas pris une ride

Avant de commencer ma critique, je veux juste de nouveau  préciser que je n’ai, de mémoire, pas vu le film de Joe Johnston. Je ne ferais donc pas de comparaison entre les deux supports. Je ne parlerai, de fait, que du format papier originel.

Delcourt remet sur le devant de la scène cet ancien comic qu’est The Rocketeer. L’occasion pour nous de (re)découvrir cette histoire emprunte de nostalgie, qui sent bon l’Amérique des années 30, avec ses ballets aériens et cette action virevoltante.
Il fait furieusement pensé au cinéma hollywoodien de cet époque et de ce fait en est très cinématographique. Ce n’est pas pour rien qu’il a été adapté, bien avant la mode des adaptations.

Dans un premier temps, on se concentre sur ce personnage de Cliff Secord, qui est un peu un anti-héros, pas sympathique de premier abord, casse-cou, égoïste, jaloux et opportuniste. Et en plus, il sort avec un bombe du nom de Betty. A noter que ce personnage, aux divines courbes, illustration du fantasme de la pin-up est un vibrant hommage à Bettie Page, qui a réellement existé.
Dans cette première phase, les différents personnages sont introduits et les relations entre eux se dessinent notamment entre Betty et Cliff ou Cliff et Peevy. On voit aussi comment Cliff s’approprie le Jet-pack, sujet de toutes les convoitises (nazis, gouvernement et inventeur) et comment il se retrouve à sauver son pays sans réellement le vouloir et sans avoir réellement la fibre super-héroique.
Petit à petit on assiste à la naissance du Rocketeer. Du fait, des différents organismes en présence et notamment des nazis, il s’en dégage un petit coté espionnage rétro assez sympathique.

Dans une seconde partie, on creuse un peu plus le personnage central. Ainsi on va le suivre pour récupérer Betty. On va également en apprendre plus sur son passé dans un cirque, le tout sur fond d’un polar léger. En effet, ses anciens camarades de cirque sont assassinés les uns après les autres ? Qui? Pourquoi ? Les réponses se trouvant dans le passé de Cliff.
Bien sûr son Jet-pack lui sera bien utile pour tout ça.

Le scénario n’est pas un modèle d’originalité mais il est quand même agréable. Et bizarrement, il n’est pas du tout démodé. Plus globalement, ce comic n’a pas pris une ride. Même si The Rocketeer ne se démarque pas par son scénario, il le fait déjà beaucoup plus par son ambiance.

Elle m’a envoûtée. L’histoire, le graphisme sentent bon la nostalgie des années 30 avec son ambiance si pulp et ses pin-ups à croquer. Le titre est très axé sur le rétro, mais il est diablement moderne. Si on rajoute à ça, un léger coté technologique, couplé à de l’aviation et cet amour pour les femmes et leur représentation, nous avons un titre à la saveur particulière et envoûtante. Une vraie réussite.

Le tout est diablement aidé par le graphisme superbe de Dave Stevens. Il sait certes sublimer les femmes mais c’est globalement toutes les pages qui sont superbes. Même après 26 ans, elles font encore très contemporaines. Il était en avance sur son temps dans le découpage et les choix d’angles très avant-gardistes. Ils parvient à densifier l’action, à la rendre encore plus spectaculaire, tout en contribuant à cette atmosphère si pulp.
Son trait, mélange de réalisme et un coté cartoony rétro, qui fait penser aux objets publicitaires de l’époque est un régal pour les yeux. Le trait est soigné, propre et maitrisé. La colorisation joue beaucoup sur le ressenti qualitatif du rendu visuel. Elle parvient à conserver l’aspect rétro avec des couleurs qui nous plongent dans l’époque.

Pour conclure, Rocketeer est un très bon comic qui n’a pas pris une ride. Malgré un scénario un peu classique, on ressort de la lecture enchanté. L’ambiance nostalgique, les pin-up et le pulp qui se dégagent de ce titre et le graphisme magnifique font que ce comic est intemporel.Il nous transporte dans un cadre spatio-temporel différent et savoureux, le temps de la lecture. Et ça fait du bien.
Une très bonne surprise pour ma part que je recommande.

 

Et vous qu’en avez-vous pensé? Trouvez-vous que ce comic fait son âge ?

4 commentaires »

  1. Torospatillo 15/11/2011 at 13:37 -

    J’adorais le film quand j’étais gosse… Pas sure qu’il ait bien vieilli par contre…

  2. CineHeroes 17/11/2011 at 11:22 -

    j’ai vraiment bien aimé ! dessins super ! j’espère voir un nouveau film tiré de ce comics

  3. Kameyoko 21/11/2011 at 12:24 -

    @Toros : Pas vu ce film. mais le comic m’a donné envie de le découvrir. Même s’il a mal vieilli, vu le coté rétro ça peut bien passé.

    @Cineheroes : Je doute qu’il refasse un remake. Faire un remake d’une adaptation comic c’est risqué. Surtout que ce comic est loin d’être connu. Et puis il date de plus de 25 ans, donc le potentiel commercial est limité. Et puis vu que l’artiste est mort, je ne sais pas dans quelle mesure ça poserait un problème de droit.
    Mais si ça devait arrivé ça pourrait le faire 🙂

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