. Rex Mundi – tome 4 : La couronne et l'épée | Fant'asie
Kameyoko 11/10/2011 2
  • Scénario
  • Graphisme

Rex Mundi – tome 4 : La couronne et l’épée d’Arvid Nelson et Juan Ferreyra

La guerre est en marche

Rex Mundi est un comic que j’affectionne tout particulièrement. Arvid Nelson a su instaurer un univers complexe, intelligent, sur l’idée d’une uchronie avec de la magie, de la géopolitique et de l’ésotérisme. C’est vraiment une vraie bonne série que je prend plaisir à lire à chaque fois.
Dans le tome 3, on prenait une direction plus géopolitique qui se confirme ici.

A noter que le dessinateur à changer. Exit EricJ (alias Eric Johnson) et place à Juan Ferreyra que l’on a déjà vu dans le tome 3 : Les Rois Perdu

Rex Mundi – tome 4 : la couronne et l’épée d’Arvid Nelson et Juan Ferreyra est publié par Milady Graphics et est disponible à la vente depuis juillet 2011

Résumé de Rex Mundi 4 chez Milady Graphics

Suite aux évènements dans la Chapelle familiale du Duc de Lorrain, Julien Saunière est sous convalescence, alité et soigné par Geneviève Tournon.
Pendant cette période, la situation politique de la France change. Le pays est entré en guerre contre la Prusse et l’Assemblée nationale est dissoute.
Le Duc de Lorraine s’empare du pouvoir et arrête le roi et sa famille.
Le docteur Saunière reçoit la visite d’Isabelle, la fille du Duc de Lorraine mais surtout du père Calvet. Celui-ci lui annonce avoir tout raconté à l’archevêque. Ce dernier a ordonné que l’on arrête Julien Saunière pour le livrer à l’Inquisition.
Le jeune médecin sera donc enfermé et mis dans un cachot pour être interrogé.

Guerre et mystère religieux

Rex Mundi fait parti de ces comics excellents mais qui ne jouissent pas de la renommée qu’il devrait. C’est pourquoi, je continuerai à parler de ce titre et à vous inciter à l’acheter car il ne déçoit pas. Ce quatrième opus, nommé la Couronne et l’épée est encore une fois génial.

Alors que les trois premiers tomes nous présentait ce monde uchronique, teinté de magie, ses personnages, une intrigue typée polar ésotérique, ce quatrième volet des aventures du Docteur Julien Saunière aborde un virage.
En effet, la géopolitique est au cœur du récit et donne encore plus de profondeur à ce monde, déjà bien étayé.
On se focalise sur les hautes instances du pouvoir en France. Le Duc de Lorraine acquiert le pouvoir au détriment du roi et jette de l’huile sur le feu provoquant un début de guerre mondiale.
L’histoire dans ce passé uchronique est sensée se passer aux alentours de 1933, le scénariste Arvid Nelson mêle habillement à cette uchronie des références à notre passé.

Ainsi, il fait passer le Duc de Lorraine pour une sorte de Führer, en usant par exemple d’un emblème (une croix lorraine dans un cercle blanc, lui même sur fond rouge) qui fait référence à la croix gammée. De même, une guerre se prépare opposant la France, alliée à la Russie et à la Grande-Bretagne à la Prusse, le Saint Empire Romain et à l’émirat de Cordoue. L’alliance entre la France, la Grande-Bretagne et la Russie est ici appelé « Axe » alors que le camp opposé « les Alliées« .
Soit autant de références à une sombre période de notre histoire, tout en étant bien évidemment romancé. Mais sous cet éclairage certains actes nous apparaissent différemment, tout comme le Duc de Lorraine.
Ce jeu de points communs et de différences est vraiment superbement bien écrit et ficelé. Cet aspect géopolitique renforcé donne encore plus d’enjeu à la quête de Julien Saunière, et rend tout cela plus immersif et réaliste.

Même si ce changement diffère de ce qu’on a vu, il nous apparait comme un cheminement logique et s’intègre bien à l’intrigue globale.

Concernant l’enquête de Saunière, elle avance un peu moins vite que ce que l’on a vu précédemment. Mais elle demeure toujours aussi palpitante et de qualité. Elle mêle toujours magie, ésotérisme, énigme, histoire et religion. Cette fois-ci il sera accompagné par Geneviève Tournon, qui gagne pas mal en profondeur. Autour d’eux gravitent des nouveaux personnages importants (mais je ne vais pas spoiler) et des personnages secondaires déjà vus mais qui gagnent aussi en intérêt comme par exemple le père Calvet.
Les rebondissements sont au rendez-vous, et on prend toujours autant de plaisir à suivre cette enquête avec le héros.

Vraiment, Arvid Nelson, a réussi à créer un monde complexe, détaillé, immersif, mais assez abordable. On retrouve toujours ces extraits de journaux et des cartes qui donnent une personnalité à cette oeuvre et permettent de développer certains points un peu annexes au récit. Ce qui contribue encore un peu plus à cette impression que Rex Mundi se déroule dans un vaste monde, pensé dans les moindre détails.

La partie graphique est maintenant confiée à Juan Ferreyra, que l’on avait déjà un peu vu à l’oeuvre sur le volume 3. EricJ n’est donc plus sur le projet, ce qui est dommage.
Même si son trait est loin d’être mauvais, il est beaucoup plus lisse qu’EricJ et les couleurs plus pastelles, ce qui fait qu’on perd en noirceur et cette ambiance un peu inquiétante. On a l’impression que c’est plus léger alors qu’un dessin « grave » conviendrait mieux, à mon sens.
Clairement, Juan Ferreyra a un style moins percutant que EricJ et son trait a moins de personnalité. Néanmoins, c’est quand même plus qu’agréable, avec quelques belles planches.

Au niveau de l’édition, on peut encore une fois saluer le travail de Milady Graphics avec ce bel ouvrage contenant en plus une mini-histoire, des illustrations et une préface intéressante de Bill Whitcomb.

Pour conclure, Rex Mundi – tome 4 : La couronne et l’épée est encore un excellent tome, qui confirme plus que jamais que le comic Rex Mundi est un indispensable ! Dans cette partie, même si l’enquête ésotérique fait place à une dimension plus géopolitique et militaire, le scénario d’Arvid Nelson reste passionnant, complexe mais maitrisé. Le lecteur est happée dans cette histoire. Le temps de la lecture, on est plongé dans ce monde uchronique !
En revanche, graphiquement on perd au change avec l’arrivée de Juan Ferreyra, qui remplace EricJ. Son trait, bien que de qualité, correspond moins à l’ambiance que celui d’EricJ. Il fait moins sombre, moins profond et avec moins de personnalité. J’ai moins ressenti la totale adéquation entre scénario et dessin.
Néanmoins, le dessin de Ferreyra est quand même agréable.

Rex Mundi confirme que c’est un excellent titre, d’une finesse rare.Si ce n’est pas déjà fait ruez vous dessus. Vivement la suite !

Et vous qu’en avez-vous pensé? Diriez-vous de Rex Mundi que c’est un indispensable ? Aimez-vous ce virage plus géopolitique ?

2 commentaires »

  1. Morlorc 11/10/2011 at 20:26 -

    Je ne connaissait pas du-tout (même de nom), mais cette excellente critique me donne envie de le découvrir, faut que je me dégote les premiers tomes !

  2. Kameyoko 15/10/2011 at 16:13 -

    Morloc : Tu peux y aller les yeux fermés. Ce comic est vraiment super bien pour peu qu’on aime bien l’ésotérisme et les uchronies

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