. Rex Mundi – tome 1 et 2 d'Arvid Nelson et Eric Johnson | Fant'asie
Kameyoko 27/01/2011 4

Rex Mundi - tome 1 de Arvid Nelson et Eric Johnson

Rex Mundi – tome 1 et 2 d’Arvid Nelson et Eric Johnson

Uchronie, ésotérisme, intrigue et religion

Rex Mundi est un comic qui, à première vue, ne paie pas de mine. Pourtant, il serait fort dommage de passer à coté. Entre uchronie, ésotérisme, polar, intrigue politique et religieuse et un peu de sorcellerie, le lecteur a de quoi trouver son bonheur.

Imaginez un peu une sorte de Da Vinci Code, dans un Paris des années 30 où la monarchie existe encore, avec une église et une aristocratie fortes et un soupçon de magie; ça donne envie!

Rex Mundi – tome 1 et 2 sont édités par Milady Graphics et sont disponibles à la vente depuis, respectivement, août et octobre 2010.

Résumé de Rex Mundi 1 et 2 chez Milady Graphics

A Paris, durant la nuit, le père Marin vient frapper à la porte de son vieil ami le docteur Julien Saunière. Il estime que seul le médecin est digne de confiance. Il lui révèle donc un secret important.
Le père Marin, qui officie à l’église de la Madeleine, lui confie qu’il mène une mission. Il doit cacher l’existence d’une crypte où se situe des manuscrits précieux.

Mais cette nuit, l’un d’entre eux a été dérobé de façon mystérieuse. Ce document a été écrit par un Templier et pourrait cacher de nombreux secrets.

Pour le père Marin, de la magie a été utilisée pour dérober le manuscrit. Le docteur Saunière va accompagner son ami sur place pour essayer de trouver des indices.

Rapidement, l’homme d’église confie au Dr. Saunière qu’il s’est confié à une prostituée, qui connait donc l’existence de cette crypte. Voici une premier indice.

Le docteur trouve l’hôtel où elle se trouve et se rend sur place. Il la trouve morte et son cadavre a été mis en scène, notamment avec des lacérations évoquant un rite.

L’enquête de Saunière peut débuter. Ses recherches vont déranger des personnes puissantes : l’inquisition, des politiques et de familles aristocratiques. Et ce dans un contexte géopolitique difficile.

Le docteur Saunière va s’embarquer dans une enquête complexe, et qui risque de dépasser toutes ces craintes.

Un comic passionnant, documenté et travaillé

Rex Mundi n’est pas un titre qui m’inspirait énormément. Je ne connaissais ni le dessinateur, ni le scénariste. La couverture ne m’a pas donné envie.
Et bah, quelle erreur ! Rex Mundi est une excellente et agréable surprise. Un de mes coups de cœur de ces derniers mois.

Je vais essayer de vous donner envie de découvrir cette œuvre.

La singularité de ce comic provient, incontestablement, du monde mis en place par Arvid Nelson et mis en image par Eric Johnson.

Rex Mundi - tome 2

L’histoire se déroule dans un Paris imaginaire des années 30. Il s’agit d’une uchronie. Dans ce monde, le France est encore une monarchie, mais une monarchie constitutionnelle avec deux chambres de représentants (La Chambre des épées et la chambre des robes). La situation géopolitique, a un quelque chose de médiéval avec la menace de l’empire Prusse, l’empire ottoman, le saint empire germanique…

L’Eglise et l’état ne sont pas séparés. De fait, l’Eglise est très puissante. Elle a même ses inquisiteurs masqués.

Les familles aristocratiques jouent aussi un rôle capital dans ce pays. Chacune essayant de gagner en importance.

A cela, il faut rajouter la magie utilisée de façon très parcellaire. Il y aussi de l’ésotérisme, des secrets, des complots…

L’univers de Rex Mundi se révèle fascinant. Il est travaillé, détaillé, original et envoûtant. De plus l’uchronie est un excellent point de départ, surtout que derrière c’est maitrisé. Malgré la présence d’un coté fantastique avec la sorcellerie et cette uchronie, ça semble presque réel. C’est assez réaliste.

Cet aspect est renforcé par l’utilisation de page de journaux entre les chapitres. Cela renforce le réalisme et l’implication du lecteur. En plus, ça donne plus de densité à ce monde, à sa géopolitique et au fonctionnement de la société.

Bref, le monde imaginé par le scénariste est juste sublime et très prenant.

Derrière ça, il a su aussi développer une intrigue forte, prenante et mystérieuse. Le coté ésotérique, religion, énigmes et vieilles organisations et complots font forcément pensé au Da Vinci Code de Dan Brown et/ ou au film. Cette comparaison est logique, on retrouve quelques points communs. Néanmoins, il faut préciser que Rex Mundi est sorti avant le Da Vinci Code.

Le scénario est bien ficelé et très documenté. On prend plaisir à retrouver des éléments objets de rumeurs et de fantasmes : les templiers, le Graal, Rennes-le-Chateau, le prieuré de Sion, des indices cachés dans des tableaux, des trésors perdus…

Le lecteur s’immerge très vite dans le récit et suit avec délectation les aventures et les avancées de l’enquête de Saunière. Arvid Nelson nous emmène avec lui dans son polar parsemé de religion, histoire revisitée, de complots, de légendes et d’un peu de magie.

J’ai trouvé le rythme plutôt bien géré. Les révélations et nouvelles questions apparaissent bien comme il faut pour relancer l’intrigue. On a l’impression d’avancer. Et plus on avance, et plus on est avide d’en savoir plus. Le titre est plein de suspense. On n’a du mal à le lâcher.

Quant aux personnages, ils sont peut-être un peu en-deçà du reste. Je les trouve un peu moins travaillé que l’univers ou le scénario. J’ai du mal à m’attacher au docteur Saunière, que je trouve un peu fade, un peu trop commun. Pour les autres personnages, ils ont aussi du mal à sortir du lot. Mais peut-être que cet aspect là sera plus développé dans le tome 3.

Graphiquement, le trait d’Eric Johnson est assez fort et réaliste. Il contribue à donner une ambiance sombre et mystérieuse. J’aime beaucoup ses décors et arrières plans très beaux, avec beaucoup de détails. Sous son trait, ce Paris imaginaire prend vie. Le découpage est dynamique
En revanche, il me convainc moins sur les visages.

L’édition de Milady Graphics est de qualité avec ses bonus dont un mini-épisode d’un moine enquêteur. Ce rajout est très appréciable.

Pour conclure, ces Rex Mundi – tome 1 et 2 est une excellente surprise. C’est un début passionnant! J’ai pris énormément de plaisir à la lecture. Rex Mundi se montre aussi innovant que captivant et intelligent. Le monde crée par Arvid Nelson est très travaillé et détaillé, notamment au travers de son uchronie et se révèle très cohérent. On sent le travail derrière.

Le scénario colle bien à l’univers. Le scénariste maitrise le déroulement de son polar ésotérique. Le rythme est bien géré alternant phase d’enquête, révélations, nouvelles questions et approfondissement du monde.

Le tout est servi par un graphisme qui renforce l’immersion de par un travail soigné sur les décors et par une édition à la hauteur du titre.

On ne peut que féliciter Milady Graphics de ressortir ce titre et de le faire connaitre (car Rex Mundi a été en parie publier par Semic, il y a quelques années)

Un début extrêmement prometteur ! Vivement la suite ! Je suis déjà conquis
Et vous qu’en avez-vous pensé? Est-ce un coup de coeur pour vous?

4 commentaires »

  1. cagliostro 04/02/2011 at 23:08 -

    ce comics que j’ai découvert par hasard dans sa 1° édition avortée chez Semic est vraiment ma bd préférée après la league des gentelemen de Moore.
    Ton article est trés complet j’espere qu’il incitera tes lecteur à découvrir R M. Par contre tu ne parle pas des extrait du journal de la liberté qui sont le petit plus qu’on ne trouve pas ailleurs et qui montre qu le gars 5arvid nelson) s’est quand m^me donné bien du mal pour nous faire plaisir.
    a+

  2. Kameyoko 08/02/2011 at 17:20 -

    @Cagliostro : Merci. le but de mes articles c’est d’essayer de convaincre les gens de lire ou pas les oeuvres. J’espère que certains liront et apprécieront ce Rex Mundi.
    Pour les extraits de journal, j’en parle un tout petit peu quand même. Ce principe me rappel un peu ce qu’il y a dans Watchmen.

Laisser un commentaire »