. Reversible Man – tome 1 de Nakatani D. | Fant'asie
Kameyoko 23/07/2014 0
  • Scénario
  • Graphisme

Reversible Man - tome 1 de Nakatani D.

Reversible Man – tome 1 de Nakatani D

Retournés et du gore !

Reversible Man est le dernier né du nouvel éditeur Komikku. Ce dernier continue sa stratégie de diversification avec un titre singulier, à ne pas mettre entre toutes les mains. Ce seinen joue la carte du gore mêlé à un semblant de thriller.

Mais qu’est-ce qui se cache derrière ce nouveau titre ?

Reversible Man – tome 1 de Nakatani D. est édité par Komikku et est disponible à la vente depuis le 27 mars 2014

Résumé de Reversible Man 1 chez Komikku

Résumé de l’éditeur :

Depuis quelque temps, la ville bruisse de folles rumeurs sur la multiplication de cadavres à l’aspect totalement répugnant, bientôt appelés les “retournés”. Certains pensent que les victimes ont été emportées par une mystérieuse épidémie, tandis que d’autres voient dans ces corps affreusement déformés, la preuve irréfutable d’un trafic d’organes perpétré par la mafia du sud-est asiatique…
Mais seule une jeune fille connaît la vérité qui se cache derrière cette macabre légende urbaine.
En prélude à une longue série de massacres, un groupe de trafiquants de drogue, appâté par un mail racoleur et piégé dans un bar des bas quartiers, est décimé dans un bain de sang.

Des « retournés » inquiétants

Très vite, le lecteur rentre dans le vif de l’action et de l’histoire avec cette étrange rumeur faisant état de morts étranges retrouvés entièrement retournés de l’intérieur. On les appelle les « retournés ». Circule aussi cette histoire d’une lycéenne aux 100 orifices.
Il ne faudra que quelques pages aux lecteurs pour s’apercevoir que ces rumeurs sont des faits avérés. Et c’est un groupe de dealer à Kabuchiko, qui va en faire les frais. Alors qu’ils pensaient abuser d’une jeune lycéenne recouverte de bandages, ils vont faire la connaissance de Runa et des ses fameux orifices. Cette dernière a la particularité de pouvoir sortir des armes de ses orifices, ses plaies. Et ainsi, accompagné du Yakuza Roku, elle va tout faire pour exercer sa vengeance. Vengeance liée intimement aux « retournés ».

Cette entrée en matière va donner un aperçu de la teneur de ce manga qui va jouer la carte du gore et de la surenchère. En effet, dans cette première scène, entre le massacre, les armes sortant du corps de la jeune femme et un histoire de pénis, il y a de quoi avoir son lot de moments un peu trashs.
De plus, ce début soulève déjà des questions majeures, qui est cette Runa, que sont ces trous, que sont les retournés… Alors qu’on pensait lire un seinen s’articulant autour du talent particulier de la « lycéenne aux 100 orifices », Nakatani D. va nous surprendre dans sa narration. Déjà Runa semble n’être qu’une histoire dans un histoire plus vaste et plus importante que ce qu’on pouvait imaginer. Ensuite, le mangaka fait intervenir d’autres personnages forts. Et enfin, Reversible Man s’articule autour de 3 actes bien distincts.

Le premier concerne l’avancée de Runa dans sa quête vengeresse. On voit la recherche sur les « retournés » avancer mais surtout on va en apprendre plus sur le passé de la jeune fille et notamment comment est-elle devenue ainsi. L’auteur ne cherche pas à créer du mystère inutilement. Les réponses vont arriver rapidement, et permettent d’y voir plus clair sur cette histoire de « retournés » et ses ramifications. Cela ne fait qu’augmenter l’aspect horrifique et glauque du titre.
La deuxième partie s’intéresse à un nouveau personnage : Jun. Ce personnage, futur retourné est considéré comme un loser dans sa famille de médecins renommés. Après sa douloureuse expérience de « retourné », il va devenir un monstre effrayant, et détraqué. Il a pour rôle de montrer tous les aspects horribles des retournés et d’aller plus loin dans le côté dérangeant et dégoûtant de ce Reversible Man.
La dernière phase du manga constitue la conclusion de ce premier tome. Conclusion qui pourrait presque se suffire à elle-même. Elle conclue la vengeance de Runa, mais en ouvrant de nouvelles possibilités de développement, permettant ainsi à ce seinen d’aller encore plus loin.

 

Derrière une façade qui joue la carte du gore et des certaines scène dérangeantes se cache un léger discours sociétale sur les travers de la société nipponne qui fabrique les retournés. Mais ça reste assez premier degré avec une belle mise en avant des aspects les plus ragoutants de ce titre. En contrepartie, l’auteur ne s’embarrasse pas de mystères ou de suspense. Les éléments sont rapidement dévoilés, et les personnages principaux développés de manière très « brutales » avec des flashbacks intéressants mais qui s’insèrent de façon souvent abrupte.

 

Graphiquement le trait de Nakatani D. se montre très convaincant. Son trait précis, assez fin, ne nous épargne rien du processus de transformation des retournés, ni même des scènes un peu trash. C’est simple rien qu’avec son coup de crayon il parvient parfaitement à instaurer une ambiance glauque et dérangeante qui trouve écho dans le scénario. Il ne fait pas dans le figuratif pour nous proposer un dessin cru qui ne nous épargne rien.

 

Pour conclure, ce Reversible Man – tome 1 de Nakatani D. est un titre qui sort de l’ordinaire et permet à Komikku de se démarquer de la production actuelle et se construire une image de marque. Le début de ce seinen est plutôt intéressant avec son ambiance malsaine, ses dessins sans concessions. Malheureusement, le titre a un peu trop tendance à opter trop facilement pour du gore avec des scènes pas toujours indispensables, au détriment d’un ton plus axé sur le thriller. Ce qui est dommage car le scénario se révèle finalement moins simpliste que ce qu’on pouvait imaginer, tout en n’utilisant pas tout son potentiel. Aux vues de la fin, je suis curieux de voir ce que la suite nous réserve.
Mais pour le moment, ça se lit avec facilité et plaisir mais on ne peut s’empêcher d’espérer plus de cette idée de base.

 

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Trouvez-vous ce titre gore ?

Laisser un commentaire »