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JFK 12/04/2010 7

Retour au Pays

Retour au Pays- Robin Hobb

Avant l’Assassin Royal ou les Aventuriers de la Mer…

Les lecteurs anglo-saxons ont eu la chance de profiter de deux recueils de nouvelles réunissant plusieurs « maîtres » de la Fantasy. Legends et Legends II regroupent en effet des nouvelles issues de plumes tel que Robert Jordan, Terry Goodkind, G.R.R. Martin ou encore Robin Hobb. Si ces livres n’ont malheureusement pas été traduits en Français dans leur intégralité, plusieurs textes ont eu cette chance, comme par exemple la nouvelle de Terry Goodkind ou celle de Robin Hobb.
Les amateurs de cette dernières ont donc la possibilité de lire cette nouvelle, éditée sous forme d’un roman avec le titre Retour au pays. L’histoire se déroule dans le désert des pluies, c’est à dire dans le même monde que les deux cycles de l’Assassin royal ou que celui des Aventuriers de la mer. Mais elle peut se lire de façon totalement indépendante, sans aucune connaissance des autres œuvres de l’auteur.
Etes-vous prêts à suivre Dame Carillon dans son aventure ?

Retour au Pays

Dame Carillon Valjine Rochecarre, femme noble, très à cheval sur sa préséance, est embarquée sur un navire de colons. Avec son mari, Jathan, ses 3 enfants et d’autres familles, ils voguent vers le désert des pluies, lieu sauvage que l’on veut coloniser. Le voyage ne lui plait pas, la présence de gens de basses conditions l’insupporte, elle ne peut pas vivre de l’art et les conditions de vie ne lui sont pas favorables, ce d’autant plus qu’elle est enceinte. Franchement peu enthousiaste d’aller mener une nouvelle vie, provisoire selon elle, en des terres lointaines, elle tombe de haut lorsqu’elle apprend que leur entreprise de colonisation n’est autre qu’une condamnation à l’exil. Renvoyés suite à un complot contre le gouverneur, Jathan Rochecarre et d’autres sont condamnés à aller vivre dans une terre inhospitalière, loin de tout. Pour Dame Carillon, qui n’aimait pas vraiment son mari, la situation devient totalement exécrable.

Hélas, lorsque la petite flottille arrive à l’embouchure du fleuve du désert des pluies, les bannis sont débarqués comme des sacs à patates, les équipages craignant pour leurs navires. Se retrouvant empêtrés dans des marécages inexpugnables, au cœur d’un monde inconnu, les colons tentent d’atteindre des terres habitables. Ils espèrent trouver des richesses et retrouver grâce aux yeux du gouverneur. Mais la survie dans ce milieu hostile ne sera pas chose aisée…

Du divertissement, rien de plus

Avec Retour au Pays, Robin Hobb utilise un stratagème qui a fait en partie la réputation de l’Assassin Royal : l’écriture à la première personne. Nous suivons en effet Dame Carillon via son journal intime. Force est de constater qu’avec cette narration en « je », Robin Hobb nous prouve qu’elle maîtrise parfaitement cette façon d’écrire. Et cela marche, la recette de l’Assassin Royal fait mouche. On se sent directement impliqué par l’histoire. Il faut préciser qu’au début de l’œuvre, l’héroïne est plus qu’insupportable, décrivant le monde du haut de sa noblesse et de son dédain. Mais avec les épreuves qu’elle doit affronter, l’empathie gagne le lecteur et très vite les sentiments de répulsion envers elle sont remplacés par l’empathie et même l’admiration. Dame Carillon fait preuve d’un courage tout à fait exemplaire. Les états d’âme qu’elle livre dans son journal ne peuvent que rendre l’épopée des « naufragés » plus humaine et difficile. Bref, Robin Hobb arrive parfaitement à nous faire aimer ses personnages (une partie du moins). Et même si l’histoire n’est en soi pas si incroyable, divertissant mais sans plus, on se laisse happer par le récit. Bien joué Robin…

Peut-on qualifier Retour au Pays de bonne œuvre ? Malgré mes commentaires plutôt positifs, je ne sais que répondre à cette question. Il s’agit vraiment d’une petite histoire très sympa à lire, certes, mais cela s’arrête là. N’oublions pas que le texte original a été pensé comme une nouvelle, et non comme un roman. En se fondant sur de basses considérations matérielles, on peut se demander si le lecteur en a pour son argent. L’histoire se révèle finalement très courte, sans gros développements. On me rétorquera qu’en général la Fantasy nécessite des milliers de pages de description et que de nombreux cycles à rallonge ne finissent jamais. Pour une fois qu’on peut lire une petite histoire assez courte, on ne va pas chipoter… C’est vrai, je suis assez d’accord. Mais il n’empêche que dans le cas présent, la lecture est vraiment très rapide…

Bilan contrasté donc. C’est une lecture à recommander car la plume de Robin Hobb fait mouche, car l’histoire se lit rapidement, car on se laisse prendre par l’histoire (malgré la simplicité de l’intrigue), et aussi parce que Hobb introduit des éléments de ses autres cycles. Enfin, Retour au Pays se lit comme un one shot et il n’est pas nécessaire de connaître ses autres œuvres. D’un autre côté, le lecteur francophone paie au prix d’un petit roman ce qui n’est originellement qu’une nouvelle. La lecture reste sympathique, mais il faut le dire : nous sommes en présence d’une histoire sans grandes ambitions. Le lecteur exigeant risque de sérieusement rester sur sa faim. Bah… au pire, faites comme moi : lisez-le quasi d’une traite dans le bus en allant au boulot.

Est-ce qu’il y a des amateurs de Robin Hobb dans la salle ? Est-ce qu’il y a des accros à Fiiiitz qui sont prêts à tout pour retourner dans ce monde particulier ?

7 commentaires »

  1. Kameyoko 13/04/2010 at 10:07 -

    L’Assassin Royal est une des premières séries fantasy que j’ai suivi. Je me demande si avec plus de recul et d’expérience, ce titre me plairait autant. Mais n’empêches, j’avais bien aimé Fitz et Oeil-de-nuit.

    Pour ce roman, c’est vrai qu’il semble court.

    Mais le thème parait pas mal et le personnage intéressant. j’aime ce coté dédaigneux et noble.

    Mais ce n’est pas pour autant que je me laisserai tenter.

    De plus si les références à l’AR ou les ADLM sont pas nombreuses c’est dommage.

    D’ailleurs il fait combien de pages environ?

  2. Anh Tuan 13/04/2010 at 10:30 -

    Je réponds à ton appel JFK ^^ Je suis accro à l’Assassin Royal (je lis en ce moment le tome 8). Pour moi, chaque tome de Robin Hoob me fait penser à un épisode d’une série. Elle semble suivre le même schéma narratif avec une montée en puissance qui nous laisse sur la fin pour aller acheter le tome suivant. Pour poursuivre l’analogie, j’aurais préféré un spin-off. Suivre les aventures de Umbre ou de Sire Doré, avoir un regard nouveau sur les aventures de Fitz me semblaient plus intéressants que cette nouvelle.

  3. Cosmic Frog 13/04/2010 at 11:07 -

    Pareil, je réponds à l’appel ! Je suis pas du tout objectif quand on parle de Robin Hobb. L’essentiel est qu’on se sent une fois de plus transporté ds son monde merveilleux. Le reste n’est que détails 🙂 (j’ai conscience d’être à la limite du trollage sur ce point de vue…)

  4. JFK 13/04/2010 at 13:32 -

    @Kameyoko: J’ai l’édition France-Loisirs et il fait environ une centaine de pages, mais avec une police Arial 38…

    @Anh Tuan et Cosmic Frog , Les Aventuriers de la mer est une sorte de Spin Off, un peu comme le 2e cycle de l’AR (que je n’ai pas lu).

    Il ne faut pas lire ce livre en espérant retrouver Fitz et son univers, car si nous sommes bien dans le même monde, l’histoire se passe à une autre époque. Sinon on risque d’être déçu.

  5. Anh Tuan 13/04/2010 at 19:55 -

    Quand tu parles du deuxième cycle, c’est à partir du tome 7? (Edition de poche, intitulé « Le prophète Blanc »)
    Quand je vois ta description de ce « Retour au pays », j’ai l’impression que c’est purement commercial. Le one-shot est-il aboutit?

  6. JFK 14/04/2010 at 16:34 -

    Oui, dès le tome 7 où il s’agit d’un nouveau cycle(en fait, les Aventuriers de la mer s’intercalent entre les tomes 6 et 7)

    Est-ce commerciale? A la base (et en ignorant le fait qu’en général on fait des livres pour les vendre…), le recueil américain est une bonne idée et doit sûrement être sympa à lire. Ce qui est abusé, c’est de reprendre les nouvelles 1 par 1 en VF et de les vendre à chaque fois comme un roman complet. La nouvelle de Goodkind a été étidée sous le nom « Dettes d’os ».

    Mais oui, l’histoire peut se lire d’elle-même. Et si l’histoire n’est forcément pas très élaborée, elle se lit bien et il y a une vrai fin au bout.

  7. lunagass 05/09/2017 at 18:58 -

    L’assassin royal est royal!!!! La lecture est fabuleuse. J’ai aussi beaucoup aimé les aventuriers de la mer. C’est un autre univers mais c’est aussi très bon. Retour au pays mériterait une suite. Je suis comme la plupart d’entre vous: sur ma faim…. Robin Hobb est une très bonne écrivaine avec un onde bien à elle. J’AIME

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