. Real Account – tome 1 et 2 de Okushô et Shizumu Watanabe | Fant'asie
Iteza 16/03/2017 0
  • Scénario
  • Graphisme

Real_Account_tome_1Real Account – tome 1 et 2 de Okushô et Shizumu Watanabe

Voici un titre qui s’ajoute à la longue (très longue même à présent) des mangas de type survival. Cependant Okushô qui est au scénario et Shizumu Watanabe ont-ils su se démarquer des autres titres du genre ?

Le tome 1 de Real Account est paru le 10 novembre 2016 et le tome 2 le 12 janvier 2017 aux éditons Kurokawa.

Résumé de Real Account 1 et 2 chez Kurokawa

Résumé de l’éditeur :
tome 1 :

Au-delà d’Internet, il y a Real Account, aka ReA. Le Japon entier ne jure plus que par ce réseau social qui rythme l’existence de chaque habitant de l’archipel.
Ataru Kashiwagi n’échappe pas à la règle, et ReA lui a permis de s’inventer une vie en ligne sans rapport avec la réalité. Une double identité qu’il gère sans problème jusqu’à ce qu’il se retrouve pris en otage par le réseau. Il n’est pas le seul : 10 000 personnes sont ainsi prisonnières de ReA et de sa mascotte. Et cette dernière a mis au point un jeu qui laisse peu de chances de survie aux participants. Que le massacre commence…

tome 2 :

Fan du très populaire réseau Real Account (ReA pour les habitués), Ataru Kashiwagi bascule dans l’univers virtuel de la Toile par téléphone interposé. Prisonnier du réseau comme plusieurs milliers de personnes, il est forcé de participer aux jeux imposés par Marble, la mascotte de ReA. Questoin de vie ou de mort.
Pendant que le jeune homme lutte pour sa survie, sa sœur restée dans le monde réel accueille un invité innatendu. Débute alors un nouveau jeu obligeant chacun à dévoiler son côté obscur à la face du monde…

Quand les réseaux sociaux prennent le contrôle de votre destin…

Alors autant vous le dire tout de suite : oui j’ai aimé ces deux premiers tomes. Même s’il n’échappe à la règle des autres survivals, ils n’en restent pas moins intéressants et divertissants. De plus, non pas que ce soit les premiers, les deux auteurs proposent une critique macabre d’un monde socialement connecté et qui correspond tout à fait à notre monde actuel. Et sur ce point là c’est très bien joué de leur part.

L’histoire se situe au Japon et pourrait très bien se dérouler dans notre monde actuel. ReA est le réseau social le plus en vogue au Japon et il a la particularité d’unir tous les réseaux sociaux qui existent, ce qui fait de ReA le réseau virtuel le plus important. De plus, ReA est soutenu par l’État et il est le réseau social indispensable, utilisé de manière quotidienne par des millions d’utilisateurs. Nous allons donc suivre le personnage de Ataru Kashiwagi qui, même s’il dit dire le contraire à ses amis, possède lui aussi un compte sur ReA et a plus de 1 000 followers. Mais on se rend compte que son compte n’est en faite basé que sur des mensonges. En effet, le jeune homme s’est inventé une vie sur le réseau social et avoue lui-même dans les pages du manga mentir de façon récurrente. Il ne possède pas de véritables amis dans la vie réelle (hormis sa sœur du nom de Yuri), alors que sur ReA il en a des milliers et est même le 4ème meilleur joueur du pays sur No Answer, jeu intégré à ReA.

Real_Account_tome_2Alors qu’il allait démarrer sa partie à No Answer, Ataru est propulsé dans le jeu, lui et des milliers d’autres personnes se voient alors prisonniers de ce réseau. C’est alors que Marble, mascotte de l’application, débarque et explique les règles aux milliers de personnes prisonnières du réseau ReA : il s’agira d’un jeu où tout l’archipel nippon pourra suivre l’événement en direct. Le but ? Terminer tous les niveaux du jeu. Toutefois, Marble précise deux choses : premièrement si tu meurs dans le jeu, toi et tes followers meurent dans la vie réel.  Deuxièmement, si ton nombre de followers tombe à zéro tu meurs également. Ainsi, comment Ataru, qui ne possède pas réellement d’amis dans la vie réel, va-t-il gérer cette situation ? Combien de personnes sont prêtes à risquer leur vie pour lui ?

Vous vous en doutez donc, Real Account interroge sur la réalité derrière notre e-réputation sur les réseaux tels que ReA comme présenter dans le manga. Et tout cela passe par le personnage de Marble que je trouve effrayant dans son caractère mais tout simplement burlesque dans sa représentation. Il n’hésite pas à tuer des personnes présentes dans le jeu entraînant ainsi la mort de milliers de personnes. Mais tout ça avec le sourire, s’il vous plaît.

Du côté du scénario, imaginé par Okushô, c’est du très bon. Il dépeint à merveille une société qui, de nos jours, est bien trop connectée à différents réseaux sociaux que ce soit Facebook, Twitter, Instagram ou bien encore Snapchat. Et personne n’échappe à la règle. Ainsi, on peut très bien se mettre à la place des personnages et nous demander ce que nous nous ferions à leur place. Côté dessin, Shizumu Watanabe nous propose un character-design des personnages très soigné ce qui n’est pas forcément tout le temps le cas des décors. De même pour le découpage des cases, Watanabe ne prend pas vraiment de risque mais à ce niveau c’est du chipotage. Car certaines cases proposent un découpage original lors de scènes bien dynamiques, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Au final même si ce titre ne révolutionne pas le genre du survival, il n’en reste pas moins très intéressant et divertissant. Une lecture que je vous conseille donc. De plus, au niveau de l’édition, Kurokawa a voulu joué avec ces lecteurs en proposant un logo d’un réseau social différent à chaque tome sur la couverture au niveau du numéro du tome. Serez-vous capable de deviner lesquels ?

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