. Ratman – tomes 1 et 2 de Sekihiko Inui | Fant'asie
Kameyoko 04/06/2012 1
  • Scénario
  • Graphisme

Ratman - tome 1 de Sekihiko Inui

Ratman – tomes 1 et 2 de Sekihiko Inui

Un manga de superhéros ?!

Ratman est une nouveauté shônen des éditions Kana. Ce manga a pour thématique les super-héros. Quand je dis super-héros, il faut s’attendre à du super-héros à la mode japonaise, donc plus typé sentaï que super-héros de comic.
Sous ses airs peu incitateurs à la découverte, j’espère avoir la même bonne surprise que pour Zettai Karen Children.
Kana a eu la bonne idée de sortir les deux premiers tomes simultanément, ce qui permettra de se faire une meilleure opinion sur ce titre.
En vaut-il la peine ?
Ratman – tomes 1 et 2 de Sekihiko Inui sont édités par Kana et sont disponibles simultanément à la vente depuis le 27 avril 2012.

Résumé de Ratman 1 et 2 chez Kana

Résumé de Ratman 1 par l’éditeur :

Shuto Katsuragi est un garçon de 15 ans qui rêve de devenir un super-héros. Mais à cause de sa petite taille, personne ne prend son rêve au sérieux. Amadoué par la compréhension que lui montre une camarade de classe, Mirea, Shuto va se faire piéger. Enlevé, drogué et mis face à une situation de crise, Shuto signe un contrat pour utiliser un appareil qui lui permet de se transformer en super-héros. Ou du moins c’est ce qu’on lui a fait croire. Car en fait, il est devenu membre d’une association de malfaiteur, Jackal, en signant ce contrat et le « super-héros » qu’il est devenu n’est autre qu’un prototype de « Dark hero » nommé « RATMAN ».
N’ayant pas d’autre choix que de suivre les ordres de sa supérieure, il se retrouve confronté à de « vrais » super-héros. Mais rapidement, Shuto va s’apercevoir que tous les héros n’exercent pas leurs métiers pour défendre la justice. Certains font cela par profit, considérant le métier comme du pur business. Doublement contrarié de faire à présent partie des « méchants » et d’apprendre que les héros ne sont pas tous conformes à son idéal, Shuto va tout faire pour rester fidèle à ses convictions : agir de manière désintéressée pour le bien d’autrui, selon des principes immuables de justice.

Résumé de Ratman 2 par l’éditeur :

Le monde connaît une explosion de super-héros sans précédent.
Shûto Katsuragi rêve d’en devenir un, même si tous ses camarades se moquent de sa petite taille. Sa vie bascule le jour où il est enlevé par une mystérieuse organisation criminelle. Trompé par ces malfaiteurs, Shûto se voit contraint de rejoindre leurs rangs. Caché sous le masque de Ratman, il va devoir accomplir les pires forfaits en leur nom ! Un nouveau genre de manga d’action et de super-héros est né !

Même un petit gars peut devenir un super-héros

Disons le très honnêtement, Ratman est l’exemple type du manga qui ne donne pas du tout envie. La couverture est quelconque et donne aucune indication sur le thème du manga. La thématique des super-héros pour des japonais, sent bon le navet. Mais le pire reste ce titre complètement ridicule et pas le moins du monde vendeur. Je souhaite bien du courage à Kana pour vendre ce manga.

Et pourtant, derrière des apparences si peu flatteuses, se cache un titre qu’il serait dommage de condamner sur de mauvais préjugés. J’en suis moi-même le premier surpris, mais ce Ratman est une assez bonne surprise.

Ratman - tome 2Ratman se passe dans un univers où les super-héros sont légions et sont de véritables stars. Ils sont même devenus les représentants de grandes sociétés qui n’hésitent pas à s’associer à eux. Bref, des super-héros très commerciaux. Shuto, un garçon, petit pour son âge, a toujours admiré ces héros et souhaité en devenir un. Par le biais d’un piège d’une de ses camarades, il en vient à travailler pour une organisation criminel : Jackal et à devenir Ratman, lui conférant des pouvoirs. Il est donc très loin de son idéal. Mais il n’a pas le choix, car il a signé un contrat et doit travailler avec cette organisation.

Seihiko Inui n’est pas tombé dans le piège du premier degré. Il est certes question de super-héros, même si personnellement ils me font plus penser à du Sentai, mais tout est assez second degré. L’humour est très présent, et on sent une certaine distance avec le sujet, permettant de jouer avec quelques clichés. Cela lui permet aussi d’user de grosses ficelles, mais qui passent bien dans ce cas, car fait avec humour.
Ce dernier doit beaucoup à la présence des « jackies« , le personnel de base de l’organisation Jackal. Personnages complètement impersonnels, au masque de squelette, ils sont le running gag récurrent. Leurs apparitions aussi impromptues qu’inopinées et leur incompétence notoire, offre toujours des moments savoureux, complètement décalés.

Concernant les autres personnages « récurrents », il y en eu. Il y a bien sûr Shuto, héros un peu classique de shônen, qui bien que n’ayant pas les caractéristique d’un super-héros, va en devenir un par sa volonté sans faille. C’est un personnage touchant, de par son implication, son admiration des super-héros et sa situation. On s’attache rapidement à lui, bien que son charadesign soit assez quelconque.
Les autres personnages sont Crea, la drôle de chef de Jackal; Mirea, sa discrète soeur un peu enigmatique et enfin Rio, l’apprentie superhéros. Une galerie de personnages assez intéressants et assez travaillés.

On verra aussi quelques super-héros, loin de l’idéal que l’on s’en fait. C’est d’ailleurs un des intérêts de ce manga, celui de placer le super-héros comme un produit marketing et commercial plutôt que comme un vecteur d’idéologie et de grands principes.
L’autre bonne idée réside dans le fait de faire du héros un « super-vilain » malgré de bons sentiments. C’est forcément proprice à de nombreux tiraillements mais aussi des quiproquos, notamment avec le personnage de Rio. Shuto n’est pas aidé par son alter-égo Ratman, très typé méchant. Nénamoins, derrière, on suppose, ou du moins c’est ma théorie, que Jackal n’est pas réellement une organisation criminelle avec un mauvais fond. A voir comment cela évoluera par la suite.

L’univers semble cohérent et assez développé déjà avec tous ces super-héros dont Ankaizer, cette ligue de super-héros, le permis de super-héros, … Ratman semble prometteur. Surtout que l’on reste bien dans du shônen avec de l’action et des affrontements. Même si pour le moment, il faut reconnaître qu’il manque encore un coté épique avec des combats de folie. Pour l’instant, ces confrontations ne font pas ressortir, outre-mesure, le coté super-héroique.

Quant à l’histoire, elle est essentiellement introductive en présentant les différents personnages, le monde, le coté mercantile des super-héros, JackalShuto, en mode Ratman fait quelques missions, parfois pour Jackal, et pas toujours très honnêtes, ou parfois il prend la décision seul de se tranfomer pour lutter contre le crime.
Mais le tome 2 et en particulier sa fin lance un peu plus l’histoire et donne une dimension plus shônen. En soit, le scénario ne brille pas par une extrême originalité, bien que son traitement le soit. Mais ce constant second degré, décalé et cet humour font que le tout prend une forme plus originale et bien plaisante à lire.

Graphiquement, le style de Sekihiko Inui est assez passe-partout, classique. Il ne s’en dégage pas un grand talent, ni une grande originalité. Mais la qualité est suffisamment présente pour suivre les aventures de Ratman. Même si c’est simple, c’est maitrisé. A noter le très bon charadesign des « jackies« . Les planches sont assez fournies, avec des décors relativement présents.

Pour conclure, malgré son nom ridicule, Ratman est un bon petit shônen plaisant à lire. Sekihiko Inui a bien compris qu’il ne fallait pas choisir la voie du premier degré dans ce shônen. Et de fait, en choisissant quelque chose de plus décalé, plus humoristique, ce manga se révèle agréable. C’est du pur divertissement !
Avec ce mélange humour, super-héros, enfin plutôt sentaï, combat, personnages attachants et les jackies, nous avaons un shônen qui ne paie pas de mine mais qu’il serait dommage de condamner pour ses apparences. Personnellement, j’ai bien apprécié, même s’il ne fera pas partie de mon top 5 manga de l’année. Mais j’ai pris suffisamment de plaisir pour poursuivre la lecture.

Faites-vous votre avis, mais ne vous arrêter pas au ire et à la couverture.

Et vous, qu’en avez-vous pensé ? Les Jackies vous ont-ils fait rire ?

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