. Prophecy – tome 1 de Tetsuya Tsutsui | Fant'asie
Kameyoko 16/10/2012 2
  • Scénario
  • Graphisme

Prophecy - tome 1 de Tetsuya Tsutsui

Prophecy – tome 1 de Tetsuya Tsutsui

Thriller et nouvelles technologies

C’est une grande histoire d’amour entre Testuya Tsutsui et Ki-oon. L’éditeur a déjà publié les précédents titres du jeune auteur. Mais l’éditeur est allé encore plus loin avec cet auteur talentueux. Avec ce Prophecy, Ki-oon a travaillé directement avec le mangaka pour proposer ce titre au public français.

Sans grande surprise, nous avons à faire à un seinen thriller, mettant en scène un individu se faisant appeler Paperboy, et portant un masque en papier journal. Ce manga a pour particularité de jouer avec les pratiques sur Internet et les différents sites de partage et d’interactions.

Prophecy – tome 1 de Tetsuya Tsutsui est édité par Ki-oon et est disponible à la vente depuis le 28 juin 2012

Résumé de Prophecy 1 chez Ki-oon

Résumé de l’éditeur :
La section de lutte contre la cybercriminalité de Tokyo est sur les dents. Un individu coiffé d’un masque en papier journal poste sur Internet des vidéos menaçantes où il prédit les pires crimes : incendies, agressions, viols… Le problème ? Dès le lendemain, ses prophéties se réalisent à la une des journaux télévisés. Qui est-il, comment procède-t-il, quelles sont ses motivations ? C’est le début d’une course contre la montre qui mène les inspecteurs jusqu’au siège vide d’un cybercafé de la banlieue de Tokyo. Mais tandis que l’enquête piétine, contre toute attente, le soutien populaire grandit autour du mystérieux personnage. Marginaux, employés tyrannisés par leur hiérarchie, internautes qui hantent les forums de discussion : ils sont de plus en plus nombreux à se retrouver dans son combat…

Le mystérieux Paperboy !

On retrouve Tetsuya Tsutsui en France, après quelques années d’absence. Ce dernier nous a déjà prouvé à maintes reprises son talent pour mettre en scène des seinens courts mais intenses comme avec ses Reset, Manhole et Duds Hunt.
Il nous revient avec un nouveau thriller mettant en scène un certain Paperboy. Ce dernier, représenté avec un t-shirt un peu geek et un papier journal en guise de masque, use des nouvelles technologies, des réseaux sociaux et d’Internet pour commettre ses crimes. Enfin pour être plus précis, pour mieux faire passer son message et faire « sa pub ».

On suit l’histoire de la brigade de lutte contre la cybercriminalité d’Erika Yoshino et de son équipe, traquant le mystérieux Paperboy. Ce dernier se sert d’Internet, des réseaux sociaux et des nouvelles technologies pour faire passer son message et commettre ses crimes. Le jeu du chat et de la souris peut donc commencer.

Ce seinen va donc mettre en avant principalement 2 personnages : Paperboy et Erika. La seconde, imminente spécialiste de la cybercriminalité et d’Internet devient rapidement agaçante. Elle nous apparaît comme froide, hautaine et méprisante. Ce qui en soit n’est pas forcément un défaut, si le mangaka parvient à se servir de ces traits de caractère. La faute en revient à Tetsuya Tsutsui qui n’arrive pas à en faire un personnage sympathique malgré une volonté flagrante (trop peut être ?) de le vouloir. Son traitement est un peu grossier.

Quant à Paperboy, au début ce personnage nous apparaît comme très mystérieux, presque un peu risible. Puis, par un flashback, le mangaka va nous en dévoiler plus sur ce qui se cache derrière ce masque en papier journal. Et là, la surprise est intéressante. Sans trop spoiler, ça ouvre la voie à plusieurs bonnes choses. Et surtout cela donne de la consistance à ce personnage, à ce qu’il représente.

Il devient le bras armé de ceux qui se font humilier, marcher dessus. C’est l’avatar de la vengeance de toute une frange de la population. Avatar qui va trouver de plus en plus d’écho et de puissance, au fur et à mesure que croit sa popularité, ou, pour être plus juste, que ses vidéos sont visualisées.

Très rapidement, on rentre de plein pied dans l’intrigue. Le rythme est élevé, et Prophecy se lit tout seul. Les évènements s’enchaînent bien, sans temps mort. Le lecteur est embarqué dans ce thriller contemporain et est happé dans cette histoire et sur ce jeu du chat et de la souris. Le mangaka enchaîne bien les différentes phases : présentation de Paperboy et de la brigade anti-cybercriminalité, développement des idéaux du criminel, flashback permettant de révéler les motivations, les différents procédés utilisés…

Tout cela se fait sur fond d’un questionnement sur l’impact de ces nouvelles technologies, sur l’exclusion sociale et sur la vengeance. Il y a même des réflexions intéressantes sur le bien et le mal (dis comme ça c’est simpliste, mais ça l’est moins dans le manga) notamment via les commentaires d’internautes sur les actions de Paperboy. Et là, ça fait mouche. Et ce sentiment sera exacerbé quand on découvrira le passé de Paperboy et ses motivations. La narration est bien pensée et ce flashback est bien exploité et redonne un second souffle à ce tome

Même si cette histoire se révèle passionnante, rythmée, elle n’est pas exempte de tout reproche. Le pendant de son rythme est une tendance à l’irréalisme et à un manque de crédibilité. Paperboy devient trop vite un phénomène de société. Son regain de médiatisation nous apparaît comme improbable et trop rapide. De même,les enquêteurs avancent un peu vite dans l’enquête.
J’ai également été un poil déçu par le manque d’utilisation d’internet et des réseaux sociaux. Je pensais que ce point serait central, mais ça ne l’est pas tant que ça. Certes Prophecy reste très contemporain et sera sûrement depassé dans 10 ans, mais je m’attendais à ce que le mangaka et le héros jouent plus avec les Facebook, Twitter, Youtube… Que ces outils servent comme moyen de communication, de fédération et de diffusion. Or là, pour caricaturer, Paperboy publie juste des vidéos. Il n’y a pas tout l’aspect communautaire et « buzz », qui se fait trop spontanément. Mais Tetsuya Tsutsui glisse, de façon savoureuse, de temps en temps quelques clichés comme le téléchargeur qui ne comprend pas ce qu’il fait de mal, le troll… Il manque juste un petit point Godwin pour parfaire le tableau

Mais cela ne doit pas faire oublier le reste qui est vraiment bien fait.

Graphiquement, le mangaka joue la carte du réalisme, avec un trait simple, propre et efficace. Même si ça manque un peu de fantasie et de personnalité, cela colle bien au récit. Cela confère une touche de vraisemblance et de crédibilité. Cela permet de mieux se projeter.

Pour conclure, Prophecy – tome 1 de Tetsuya Tsutsui est une très bonne entrée en matière, qui donne envie de lire la suite.
Ce thriller contemporain nous embarque bien dans son récit, qui se révèle rythmé et haletant. Tout n’est pas parfait. Il manque notamment d’un peu de vraisemblance et de personnages plus travaillés. Mais le tout est quand très plaisant à lire, avec des discours intéressants derrière et un graphisme simple mais efficace. Les ingrédients sont posés pour donner envie au lecteur de poursuivre la lecture. Ce que je ferais avec plaisir, même si pour être honnête, j’en attendais un peu plus.

Et vous qu’avez-vous pensé de ce titre ? Est-il au même niveau que des Reset, Manhole ou autre Duds Hunt ?

2 commentaires »

  1. Txeng 16/10/2012 at 18:31 -

    J’ai bien aimé ce titre, franchement c’est vraiment bien fait mais on a envie de lire la suite directement xD
    Et honte à moi, je n’ai pas lu ses anciennes oeuvres x)

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