. Panthère Noire – tome 1 et 2 | Fant'asie
Del Poyo 20/11/2012 1
  • Scénario
  • Graphisme

Panthère Noire – tome 1 et 2 de David Liss, Francesco Francavilla et Jefte Palo

Daredevil et après ?

Je ne suis généralement pas très friand de Marvel. Cependant, s’il y a bien un héro que j’apprécie, c’est Daredevil. Quel rapport allez-vous me dire, et vous auriez tout à fait raison. Le fait est que Panthère Noire est la suite de la série « L’homme sans peur » qui était une série dédiée à Daredevil. Suite aux évènements de Shadow land, le diable rouge prend congé et demande à son ami, la Panthère Noire de protéger Hell’s Kitchen, son quartier, en son absence.

Alors qu’en est-il ? Après le succès incontestable de Daredevil sous la plume de Bendis puis de Brubaker, la Panthère Noire saura-t-elle reprendre le flambeau ? Nous allons voir cela.

 

Quoiqu’il en soit, les tomes 1 et 2 de Panthère Noire de David Liss, Francesco Francavilla et Jefte Palo édités par Panini comics dans la collection 100% Marvel sont disponibles respectivement depuis le 8 février 2012 et le 17 octobre 2012. Ils sont intitulé L’homme sans peur pour le tome 1 et Hell’s Kitchen parano pour le tome 2.

RESUME DE PANTHERE NOIRE TOME 1 ET 2 CHEZ PANINI COMICS

Résumé du tome 1 :

Daredevil a chargé la Panthère Noire, ex-souverain du Wakanda, esprit génial et super-héros populaire, d’assurer à sa place la protection de Hell’s Kitchen. T’Challa doit à présent reprendre son destin en main tout en rendant la justice dans un quartier infesté de serial killers et de parrains impitoyables…

Résumé du tome 2 :

Une vague de terreur mystique déferle sur les rues de New York. Dans le quartier de Hell’s Kitchen, le criminel xénophobe le Maître de la Haine a sous ses ordres un inquiétant homme masqué… qui n’est pas sans rappeler la Panthère Noire ! Et dans un épisode de Spider-Island, T’Challa se transforme en une créature à six bras !

L’homme sans peur

Bendis et Brubaker ont redoré le blason de la série Daredevil l’homme sans peur. Puis, Marvel a voulu surfer sur la vague du succès et, comme à son habitude, a essayé de parasiter l’Univers tout entier des héros urbains Marvel. Shadow land était né. Une mini-série aux conséquences « cross-overesque » dont la qualité est grandement à remettre en question. Daredevil, fou et possédé, devient le maître de la Main (organisation criminel de ninja) et utilise sa nouvelle fonction pour régner en dictateur sur Hell’s Kitchen. Suite à ces évènements, Daredevil abandonne son costume et quitte New York afin de se remettre les idées en place.

Pendant que Matt Murdock continue ces aventures dans son coin, T’Challa rencontre lui aussi des difficultés. Le Wakanda a été grandement affaibli suite à une guerre terrible contre le Dr Fatalis. En effet, T’Challa a été obligé de détruire le vibranium, seule richesse du pays. En proie à des complots et des trahisons politiques, le Wakanda n’est plus le puissant royaume qu’il était. T’Challa quitte alors son pays, laisse sa place et décide de partir pour New York, là où son ami, Matt Murdock alias Daredevil, lui a demandé de veiller sur sa ville.

Hell’s Kitchen garde son protecteur. L’homme sans peur. Qu’il s’agisse de Daredevil ou de la Panthère Noire, peu importe ! L’éditeur Marvel trouve là une jolie manière de conserver la série en évinçant son héros phare. Pour Panini comics, en revanche, une nouvelle série 100% Marvel voit le jour : Panthère Noire. Néanmoins, le titre de ce premier volume en dit long : L’homme sans peur.

Le premier tome de cette série prévue en trois numéros est plutôt prometteur aux premiers abords. Une couverture qui annonce la couleur, avec un Daredevil en transparence en arrière plan. Faite place à la nouvelle star au premier plan, la Panthère Noire, et derrière, déjà effacé, le héros déchu. La couverture, le titre L’homme sans peur et les 184 pages de lectures (imposant volume pour un 100% Marvel) ont le mérite d’attirer l’œil du nouveau lecteur mais aussi et surtout de rameuter les lecteurs de la série Daredevil chez Panini comics. Mais le contenu est-il à la hauteur ?

Dans ce premier volume, on commence de suite avec une grosse histoire en six parties, Jungle Urbaine. T’Challa vient d’arriver en ville et tout va s’enchaîner. Pour commencer, il lui faut de nouveaux papiers, congolais, avec une nouvelle identité publique. Murdock avait son cabinet d’avocat, T’Challa ouvre un restaurant dans les rues de Hell’s Kitchen, cet établissement sera son point de contact avec les gens du quartier. Oui mais voilà, tout n’est pas si facile à Hell’s Kitchen. Le Caïd n’est plus là, et déjà un nouveau petit baron de la pègre se fait remarquer.

David Liss maîtrise son sujet. Il nous entraîne dans un tourbillon de péripéties à coup de fusillades, de combats de rues, de gérance mafieuse, de complots au sein de la pègre, de savants fous, de désaccords avec les autres héros urbains (à savoir Luke Cage et Spider-Man)… Un scénario bien tourné qui lance la Panthère Noire dans le vif du sujet. Hell’s Kitchen ne porte pas ce nom pour rien. Cette première histoire emboîte le pas directement sur Chasseur et Tornade en deux épisodes. Une confrontation musclée entre la Panthère Noire et Kraven le chasseur, deux vieux ennemis, qui vient clôturée, avec panache, les péripéties du volume.

Le second tome intitulé Hell’s Kitchen parano, toujours avec une couverture tape à l’œil, est déjà beaucoup moins prometteur. Si la maîtrise du scénario par David Liss est totale, j’ai néanmoins l’impression qu’il a été limité par les impératifs de l’édition. Les trois premiers épisodes sont tiré du cross-over Fear Itself où des marteaux cosmiques débarquent sur Terre pour rendre fou le super-héros qui s’en empare. Je ne suis particulièrement pas favorable à ce genre de thème imposé par les éditeurs. Heureusement, David Liss s’en sort plutôt bien par une pirouette en détournant l’histoire. L’âme du Maître de la Haine débarque sur Terre en même temps que le marteau et va prendre possession du corps d’un pauvre homme xénophobe.

David Liss réussit à nous captiver dans son univers toujours aussi sombre sur une trame de haine raciale. T’Challa est confrontée à la folie des habitants de Hell’s Kitchen, sous l’emprise du Maître de la Haine, qui ont soudain des élans très (trop) patriotiques. Les deux épisodes qui suivent sont indépendants et poursuivent les aventures du héros. L’un d’eux, ceci dit, fait encore partie d’un cross-over : Spider-Island. Les gens à New-York sont infectés par un virus qui leur donne des pouvoirs d’araignée. T’Challa, avec ces six bras, affronte Lady Bullseye et un as du volant pour récupérer un mystérieux colis volé.

D’un point de vue du scénario, ce deuxième tome est moins prenant du fait de ces trois petites histoires indépendantes qui terminent tout de même en (petit) cliff-hanger, sans pour autant rebondir dessus. Néanmoins, Liss limite la casse et réussi à maintenir un intérêt pour cette série qui reste encore de bonne qualité.

Parlons un peu du graphisme. David Liss est doublé de deux artistes : Francesco Francavilla et Jefte Palo. Le premier a un dessin dynamique, violent presque qui s’accorde très bien à l’ambiance sombre du livre et qui y contribue même à merveille. Palo possède un trait plus fin, plus léger, plus carré. Tout en gardant un univers très sombre, il apporte plus de clarté aux graphismes et peint une Panthère Noire, à mes yeux, plus « méchante » et imposante.

 

En conclusion, même si le second volume est d’une qualité un peu inférieure, l’ensemble reste d’une très bonne qualité. Liss, Francavilla et Palo nous plongent dans un univers très sombre, beaucoup plus proche des ambiances de Dardevil à l’époque de Bendis. L’histoire est prenante, sans être un grand chef d’œuvre. Sans ambition, cette série reste un bon comic pour le divertissement. Liss réussi à redonner un intérêt certain pour la série qui avait été perdu, à mon sens, avec Shadow land. Le tome 2 est un peu en dessous du premier, à mettre sur le dos des éditeurs qui se bornent à tuer leurs séries avec de multiples cross-over. Les auteurs ont, quant à eux et par la force de leur talent, réussi à limiter les dégâts. Le tome 3 est annoncé par Panini comics comme le dernier, reste à espérer qu’il sera au niveau du premier !

 

Et vous, que pensez-vous du rôle de la Panthère Noire en tant que Homme sans peur ? Partagez-vous mon opinion sur les (trop) nombreux cross-over Marvel ?

Un commentaire »

  1. emeline 21/11/2012 at 14:09 -

    C’est Extra – ordinaire tout ça ! les bandes dessinées ça me fait rêver , j’ai vraiment aimé

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