. Pandemonium – tome 1 de Shô Shibamoto | Fant'asie
Kameyoko 23/02/2015 0
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Pandemonium - tome 1

Pandemonium – tome 1 de Shô Shibamoto

Un sens de lecture à l’occidental et de la couleur

La collection Latitudes de l’éditeur Ki-oon, accueille en son giron un nouvel auteur : Shô Shibamoto, avec ce Pandemonium. Ce manga a été réalisé dans le sens de lecture occidentale et en couleur.
De plus, vu le style graphique, et la thématique, il n’est pas étonnant de le voir dans la collection Latitudes qui a pour but de rapprocher le manga de la BD franco-belge.

Mais ce  titre est-il de qualité avec toutes ces bonnes premières impressions ?

Pandemonium – tome 1 de Shô Shibamoto est édité par Ki-oon et est disponible à la vente depuis le 13 novembre 2014

Résumé de Pandemonium 1 chez Ki-oon

Résumé de l’éditeur :

“Ceux qui hantent le ciel”…
A la simple évocation de ces êtres supérieurs qui déchaînent sur terre des catastrophes naturelles aussi imprévisibles que meurtrières suffit à faire frémir les plus braves.
La rumeur veut qu’ils aient élu domicile au nord d’une ville côtière, sur des terres inexplorées et entourées de falaises vertigineuses que nul n’ose approcher…
C’est pourtant à leur rencontre que se dirige Zipher, transportant sur son dos le cercueil qui contient la dépouille de sa défunte petite amie… Pour lui, c’est certain, les mystérieux magiciens entendront ses suppliques et ramèneront sa dulcinée à la vie. Quand, épuisé, il s’écroule à l’approche de sa destination, il est recueilli par Domika, une des habitantes du village qui l’a pris en pitié. À son réveil, Zipher doit se rendre à l’évidence : en guise de miracle, c’est une détresse plus grande encore que la sienne qui l’attend dans le village des sorciers…

 

La collection Latitudes s’agrandit

Ki-oon est vraiment un éditeur qui a le chic pour bien mettre en avant ses titres et surtout pour bien les choisir. Ce Pandemonium, manga graphique, en est une nouvelle preuve.
Outre son contenu, il a la particularité d’être en couleur et d’être notre sens de lecture occidentale.

L’histoire est celle de Zipher, étrange créature, une sorte de renard anthropomorphique, qui a voyagé contre vents et marées jusqu’à une mystérieuse contrée. Mais avant d’arriver à destination, il se trouve être au bord de l’épuisement, et ne doit son salut qu’à Domika qui le ramène dans son village.
Il s’avère que ce village est la destination souhaitée de Zipher : le village des difformes. Accompagné d’une étrange boîte, qui se révèle être le cercueil de sa bien-aimée, il cherche les « sorciers » des légendes capables de la ramener à la vie. Mais les habitants de ce village le peuvent-ils ?

Dès les premières pages, on se rend compte que nous aurons à faire à un manga à l’univers un peu sombre et loin d’être un conte de fée. Tout d’abord ce monde est menacé par des êtres mystérieux qui déchaînent une foudre rectiligne faisant de gros dégâts. Avec ce villages des difformes, peuplées de créatures presque chimériques, avec de nombreuses difformités , on baigne dans une ambiance un peu à la Tim Burton. La magie, le féérique, cotoie le sombre, le sordide et une douce mélancolie pour une ambiance toute particulière mais envoûtante. Surtout que celle-ci est rehaussée par des personnages anthropomorphiques, représentant différents animaux, du renard, à la souris, en passant par des crocodiles ou autres vautours. ce qui s’avère plutôt pratique pour représentés les difformes.

L’histoire se focalise donc sur Zipher et sa volonté de faire en sorte que sa bien-aimée soit ressuscitée. Pour cela il va apprendre à connaître ce village et ses habitants pour essayer de percer leurs mystères et inciter le chef du village à accèder à sa requête. Il va donc vivre avec Domika et une étrange relation d’amitié va se lier entre eux. Ce procédé narratif permet aux lecteurs d’également comprendre le fonctionnement de ce village.

Pandemonium doit beaucoup à ses personnages. En premier lieu, il y a Zipher, un peu lunatique et paradoxal. D’un côté, il est gentil, attachant notamment du fait de sa profonde tristesse suite à la perte de sa bien-aimée et de son incroyable volonté. Mais d’un autre côté, il peut paraître intéressé, intrusif et égoïste. Pourtant on s’attache à ce personnage rapidement. Le tandem qu’il forme avec Domika fonctionne très bien. Cette dernière étant la personnification de la gentillesse et de la compassion, malgré son apparence et ses bras de tatou. Ce qui créé un décalage avec l’attitude égoïste de Zipher. Mais ses élans de gentillesse créent une synergie avec la douce Domika qui fonctionne bien.
Quant aux autres habitants du village, on sent qu’ils sont sur la réserve et cachent probablement des secrets. Ils sont très énigmatiques.

L’auteur arrive parfaitement à nous faire aimer les personnages ou à défaut de nous intriguer. Il maîtrise son univers et parvient à nous envoûter, nous baignant ainsi dans une sorte de rêve sombre éveillé. Surtout que son univers parait suffisamment étoffé pour nous réserver de belles surprises dans le tome 2. D’autant plus, qu’il y a énormément de questions en suspens.

Le côté envoûtant, très burtonnien doit énormément à la performance graphique de Shô Shibamoto. Son bestiaire est vraiment sympathique mélangeant à la fois créatures oniriques, un peu effrayantes, avec un côté très mignons. Il n’est pas très à l’aise avec les museaux et les nez qui sont parfois étranges, mais ses charadesign fonctionnent bien.

La colorisation jouant beaucoup sur le marron/ jaune/ rouge/ ocre permet, elle aussi,de renforcer l’impression d’angoisse et d’isolement, mais tout en réchauffant le tout. Elle contribue à donner ce ton si particulier à ce manga. Il y a un vrai style, une vraie atmosphère qui s’en dégage. Et pour le coup, elle ne fait pas trop typé manga et peut passer pour une BD Franco-Belge. Le public visé n’est pas forcément que les amateurs de manga.

De plus, le fait d’utiliser des animaux anthropomorphiques, outre donner du charme, permet d’être moins intransigeant sur son trait et donc cacher d’éventuels lacunes sur l’anatomie..

 

Pour conclure, Pandemonium – tome 1 de Shô Shibamoto est un véritable objet graphique, dénotant de la production manga actuelle, de par son sens de lecture, sa colorisation et son style qui va puiser dans les influences franco-belge. Ce Pandemonium nous embarque dans un voyage peu habituel, teinté de lieux et personnages angoissants, de mystères, mais aussi d’une certaine chaleur réconfortante. L’univers fantastique que ne renierait pas Tim Burton fonctionne bien avec ses personnages difformes et anthropomorphique. Le personnage principal Zipher est intriguant mais entouré de mystères.
Les éléments sont posés, l’ambiance établie, mais on a un peu de mal à voir où veut nous emmener l’auteur. Néanmoins, on sent que ce dernier maîtrise son histoire et arrive à rendre envoûtant le tout, tout au long de la lecture. J’ai parfois trouvé que le rythme était un peu inégal avec des enchaînements trop rapides, et quelques longueurs mais le tout est très plaisant à lire. J’ai hâte de voir la suite et savoir comment va se finir cette histoire.

 

Et vous qu’avez-vous pensé de cette histoire ? Avez-vous succombé au charme ?

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