. Nozokiana – tomes 1 et 2 de Wakoh Honna | Fant'asie
Kameyoko 16/01/2013 8
  • Scénario
  • Graphisme

Nozokiana - tome 1 Wakoh Honna

Nozokiana – tomes 1 et 2 de Wakoh Honna

Kurokawa se lance dans le coquin !

Kurokawa a étonné tout le monde en éditant Nozokiana, manga à la croisée du seinen et du hentaï. Il s’agit d’une première incursion, pour l’éditeur, du coté du coquin et de l’érotisme. Sauf que ce dernier ne se lance pas dans ce nouveau créneau. C’est juste qu’il a eu un coup de coeur pour ce titre, publié dans le Moba Man magazine.

Que vaut ce titre pour que Kurokawa prenne le risque de le publier ?

Nozokiana – tomes 1 et 2 de Wakoh Honna est une lecture à réserver aux lecteurs avertis de plus de 16 ans. Ces deux opus sont édités par Kurokawa et sont disponibles à la vente depuis respectivement les 13 septembre 2012 et 15 novembre 2012.

Résumé de Nozokiana 1 et 2 chez Kurokawa

Résumé du tome 1 par l’éditeur :

Etudiant fraîchement arrivé à Tokyo, Tatsuhiko Kido découvre un trou dans le mur de son studio. Ayant glissé un oeil, il tombe sur l’intimité de sa voisine… Mise au courant celle-ci lui répond: « Dites-moi, cher voisin, ça vous plairait qu’on s’épie l’un l’autre ? » . Un huis-clos sexy qui ira bien au-delà de vos fantasmes les plus fous

Résumé du tome 2 :

Tatsuhiko Kido file le parfait amour avec sa petite amie, Yuri, étudiante dans la même école que lui. Mais avoir une voisine voyeuse n’est pas de tout repos ! Tatsuhiko cherche en effet à éviter qu’Emiru ne profite de la vision de leurs ébats. Mais les habitudes perverses de sa voisine pourraient bien sauver notre héros lorsqu’il se retrouve pris au piège?

Coquin mais pas que…

Le choix de Kurokawa d’éditer Nozokiana surprend beaucoup. En effet, ce titre est érotique, voir même hentai. Mais si cet éditeur s’en occupe, n’étant pas un spécialiste du genre à la Taifu Comics, on se doute que c’est parce que ce seinen a quelque chose de particulier. Je ne les vois pas publier du Hentai pour du hentai. Mais quelle est donc la particularité de ce titre ?
Vous le savez probablement, mais j’ai beaucoup d’a priori sur les hentai, notamment celui de la gratuité des scènes chaudes et du manque de développement du reste.

Or Nozokiana, va justement à l’encontre de cela, en proposant un récit assez soft sur les parties de jambes en l’air, pour se concentrer sur une ambiance assez intéressante.

Déjà la couverture inventive donne le ton, avec cette femme lascive, entrevue par le trou d’une serrure, qui place le lecteur dans un position de voyeur. Et de voyeurisme, il est bel et bien question.

Nozokiana - tome 2 Wakoh HonnaTout commence avec un postulat assez simple à savoir un trou entre deux appartements permettant à chacun de mater dans l’appartement de l’autre. La jeune fille, Emiru Ikuno concernée par ce trou, va proposer un étrange deal à son voisin Tatsuhiko Kido : s’épier l’un l’autre. Chacun pourra épier l’autre un jour sur deux. Seul le dimanche est libre.

Ce postulat prometteur et excitant, faisant appel, à un fantasme répandu, a le mérite de poser les bases de l’intrigue, qui se révèle assez intéressante. En effet, elle parvient à mélanger érotisme et un petit coté thriller. Ce qui fait un peu oublier la facilité de ce postulat. On en oublierait presque l’histoire de ce trou assez improbable, de même que le deal ou l’étonnante facilité qu’a le jeune homme à vivre avec. Cette proposition perverse d’Emiru va perturber Tatsuhiko qui aura du mal à vivre avec. Surtout que la jeune fille ne cesse de la lui rappeler.

Très rapidement, on sent que, malgré la présence de sexes, à peine voilés, de corps dénudés, le mangaka Wakoh Honna ne va se contenter de cul pour du cul. Il y a une vraie exploitation de ce trou et de ce voyeurisme. On sent bien comment cela perturbe notre jeune héros. Il y a aussi un coté manipulation auquel se livre Emiru qui est assez bien rendu et reste intriguant.

Surtout que le personnage d’Emiru est assez ambigu, et je dois l’avouer excitant. Cette dernière est mignonne, assez craquante, un peu distante et taciturne, mais tout en montrant un coté manipulateur, perverse et à la psychologie complexe. On devine qu’elle prend plaisir dans cette perversion et ce voyeurisme. Cette facette de la jeune fille dérange car on ne sait pas réellement où elle veut en venir et ce qu’elle cache.

Même si ça demeure un hentai assez soft, dans la mesure où ça ne va pas très loin, et qu’il n’y a pas tant de scène que ça, ça reste explicite. Les filles sont nues, il y a des scènes de sexe, des verges masquées… Mais ce qui reste le plus excitant à mon sens, est vraiment ce voyeurisme, et notamment du plaisir un peu sadique pris par Emiru. Je pense notamment à un passage où elle se masturbe allègrement en matant son voisin faire l’amour à sa petite amie.
Et en parallèle de ça, nous avons Tatsuhiko, qui n’arrive pas à profiter de ce moment, pensant sans cesse à la jeune fille l’épiant.

Ce petit jeu entre les deux est bien développé. Puisque le jeune étudiant va tout faire pour ne pas rentrer dans le jeu d’Emiru, tout en s’interrogeant sur la jeune fille et finir par se rapprocher d’elle.

Les autres personnages sont un peu moins présents et sont un peu caricaturaux, mais beaucoup moins que dans certains titres coquins. Ils répondent à certains fantasmes classiques, comme la prof à lunettes, la jeune fille à grosse poitrine…

Mais leur développement reste intéressant car si ils ont une certaine libido, on se rend compte qu’elle cache souvent quelque chose, un vice, un mal-être, une histoire…

C’est pourquoi au-delà d’un certain érotisme, Nozokiana louche aussi vers une ambiance un peu thriller. Des rebondissements vont ponctuer le récit. Même s’ils apparaissent parfois un poil gros, cela a le mérite d’apporter de la profondeur au tout et de rendre cette Emiru plus énigmatique et plus manipulatrice que jamais, sans apparaître totalement manipulatrice. Elle es assez trouble.
De plus le mangaka, joue aussi beaucoup sur les relations sentimentales pour ne pas tomber dans du cul primaire.

Nozokiana va donc plus loin qu’un simple hentai et le sexe prend un part déterminante et centrale, tout en faisant partie intégrante de l’intrigue. Ce seinen n’est néanmoins pas exempt de tout reproche. A commencer par une certaine tendance à la facilité sur certains rebondissements. Il y a aussi quelques longueurs, notamment quand on a s’attarde trop sur les états d’âme de Tatsuhiko, et certains dialogues un peu inutiles parfois.

Graphiquement, le trait de Wakoh Honna est assez agréable. Même si les décors manquent d’un petit peu de détails, le mangaka est très bon dans le charadesign et pour représenter le corps des femmes. Son trait n’est pas trop typé hentai, même s’il tombe parfois dans ce défaut de surenchères mammaires avec le personnage de Yuri. Son trait est fin, il met bien en valeur les courbes féminines, tout en étant assez expressif. Les visages sont mignons et dégage un certain érotisme, dans leurs expressions faciales. Il y a une vraie belle mise en avant des corps. En ce qui concerne le découpage et le cadrage, ils sont parfois intéressants notamment pour jouer avec le voyeurisme.

Pour conclure, Nozokiana n’est pas parfait ,souffrant de facilités, de quelques longueurs, mais il parvient à faire oublier qu’on peut le catégoriser parmi les hentai. Ce que je reproche d’ordinaire à ce genre de titre ne se retrouve pas ici. J’ai vraiment l’impression de lire une histoire, où le sexe est une composante majeure mais où il contribue à l’histoire. Et rien que pour ça Nozokiana est une réussite. Les scènes coquines sont relativement softs et ne vont pas dans la surenchère. Nozokiana joue plus sur l’ambiance et en particulier le voyeurisme assez bien exploité et qui rend excitante la lecture.
Mais au-delà de ça, on sent que le titre a un certain potentiel au niveau de ces personnages intrigants et travaillés et d’un certain coté un peu thriller sur fond de manipulation et de perversité.

Surtout que graphiquement, le trait de Wakoh Honna est assez plaisant, fin et tout en mettant bien en valeur le corps des femmes, sans être trop prononcé hentai.

Nozokiana – tomes 1 et 2 de Wakoh Honna est un titre surprenant, plaisant, et je comprend mieux pourquoi Kurokawa propose ce manga. On en oublie que c’est un titre coquin. Et ça, c’est le plus beau compliment qu’on pourrait faire à ce genre de série ! Vous aussi venez mater par le trou de la serrure et découvrez ce titre !!

Qu’avez-vous pensé de ce manga ? Trouvez-vous que Nozokiana casse un peu les codes du hentai ?

8 commentaires »

  1. Txeng 16/01/2013 at 15:19 -

    J’ai été attiré par la couverture et je l’ai pris direct.
    J’ai adoré ! L’histoire est intéressante, les situations sont marrantes, on a hate de savoir comment ca va se finir. D’ailleurs j’attend le tome 4 avec impatience 🙂

  2. Sangigi Fuchsia 16/01/2013 at 15:25 -

    J’ai acheté ces deux tomes suite à une autre critique qui m’avais fait franchir le pas.
    J’avoue avoir été assez septique au début, mais finalement on se laisse bien agréablement surprendre, car, comme tu l’as dit, il y a pour une fois un scénario qui tien la route et qui n’est pas juste prétexte en carton à mettre des scènes de cul, de plus, les personnages semblent êtres bien travaillés.
    En bref à conseiller, il y a une réelle atmosphère travaillée.

    PS : Vers la fin j’ai vu quelques coquilles, pas d’espace entre « majeure » et « mais », « un histoire » au lieu de « une » et il me semble en avoir vu une autre dans le début mais je ne m’en souviens plus =x

  3. Kameyoko 16/01/2013 at 15:47 -

    @Txeng : C’est vrai que la couverture suscite l’intérêt. Faut que je lise le 3 maintenant

    @Sangigi Fuchsia : Coquilles, en partie (car il y en a surement d’autres^^) corrigées. merci.

    Effectivement, j’ai été surpris aussi car le cul ne m’a pas dérangé cette fois. Je trouve qu’il sert l’histoire et n’en est pas le seul intérêt.

  4. justicier 17/01/2013 at 08:59 -

    Moi qui ne suis pas branché manga hot, là au moins ça donne envie de lire ce titre! Surtout avec la dimension un peu « psychologique » qui doit régner entre les deux personnages, ça donne beaucoup d’intérêt à l’histoire je pense, je vais vite aller me les procurer 🙂

  5. Abbé Manga 17/01/2013 at 11:04 -

    Dire que l’on arrive à oublier que c’est un titre coquin, perso je trouve ça un peu gros vu qu’il y a une scène « hot » toutes les 3 pages je trouve…Et elle ne sont pas si soft que ça vu que parfois seul les parties intimes sont flouées. Mais je suis d’accord avec le fait que l’intrigue se développe pour mieux mettre en arrière le côté hentaï

  6. Kameyoko 18/01/2013 at 11:31 -

    @Justicier : Disons que ce n’est pas un hentai comme on se l’imagine. Perso, j’ai bien aimé la thématique du voyeurisme assez bien utilisée.

    @Abbé Manga : J’ai pas eu cette impression de surabondance de scènes de sexe. Mais quand je dis qu’on oublie que c’est un titre coquin, je ne dis pas qu’on oublie le coté « hot » mais bien que c’est hentai ou du moins très explicite. On en vient à voir cela comme un seinen avec une vraie histoire.

    Faudrait que je refeuillette tout ça, mais les scènes chaudes m’ont paru soft comparativement à du hentai (enfin le peu que j’en ai lu étant super novice)

  7. Abbé Manga 21/01/2013 at 08:29 -

    oui c’est sûr que comparé à du hentaï pur et dur, ça reste soft. Après peut-être que je suis trop « puritain » ^^J’exagère un peu quand je dis qu’il y des scènes coquines toutes les 3 pages mais c’est vrai que pour moi, on n’est pas loin du hentai, sauf que la série se veut paradoxalement « légère » (sans vouloir faire de mauvais jeu de mots :)) en rajoutant humour et fond d’histoire allant dans la psychanalyse (nous avons tous une part de voyeurisme en nous)…

  8. Olivier 09/10/2019 at 15:09 -

    J’aime beaucoup. Je trouve que c’est un manga original.

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