. Nanja Monja – tome 1 de Shizuka Itô | Fant'asie
Kameyoko 23/03/2011 3

Nanja Monja - tome 1 de Shizuka Itô

Nanja Monja – tome 1 de Shizuka Itô

Des inspirations très Ghibli

Nanja Monja est une des dernières nouveautés de Glénat. Avec cette couverture, on se doute que ce seinen ne jouera pas la carte de la violence ou de la noirceur. Au contraire il s’en dégage quelque chose de mignon et positif.

Aux vues du résumé, on doit plus loucher du coté de Hayao Miyazaki et des productions Ghibli que vers du Berserk. D’ailleurs Nanja Monja n’évitera pas la comparaison avec Arrietty, le petit monde des chapardeurs.

Nanja Monja – tome 1 de Shizuka Itô est édité par Glénat et est disponible à la vente depuis le 26 janvier 2011.

Résumé de Nanja Monja 1 chez Glénat

Taro vit dans ce petit village de la campagne si paisible : Hananoki. Ce garçon vit seul depuis le décès de son grand-père, arrivé assez récemment. Il peine à survivre. Depuis quelques jours, il a même arrêté d’aller en cours afin de faire l’inventaire de la boutique de son grand-père, qui est au bord de la faillite.

Taro est passionné d’astronomie. Un soir, alors qu’il regarde les étoiles, il aperçoit une étrange lueur provenant du Nanja Monja, l’arbre gigantesque, fierté du village.

Avec son télescope, qu’il braque sur l’arbre, il aperçoit une jeune fille tomber des branches.

Aussitôt, Taro prévient l’agent de police local, Ken, et fonce sur son vélo rejoindre les lieux.

Ensemble, ils ne trouveront que les vêtements de la fille au pied de l’arbre, mais ne retrouve aucune trace d’elle.

Taro rentre chez lui, sans savoir qu’une minuscule personne s’est glissée dans sa poche. Arrivé chez lui, il apercevra cette étrange petit être, qui se révèle être la fille qu’il a aperçu : Sora. Excepté qu’elle a rétréci.

Un manga plein de charme et de poésie

Un village apaisant à la campagne, un jeune garçon réservé, un peu meurtri, une fille minuscule… Tout cela fait furieusement penser à la dernière production des studios Ghibli : Arrietty, le petit monde des chapardeurs.

Le parallèle saute évidement aux yeux, bien que les histoires soient différentes. Au-delà du point de départ, on trouvera à ce manga un goût de Miyazaki pour son coté positif, contemplatif, teinté de fantastique et ce charme et cette ambiance si poétiques.

Shizuka Itô a une approche assez similaire à Miyazaki, tout en étant un peu différente et personnelle.

Cette filiation au maître de l’animation japonaise, au-delà des points communs avec Arrietty, tient surtout dans son univers et son ambiance.

Même avec des thématiques tristes comme la perte du grand-père ou un certain mal être de Sora, il se dégage de ce titre un positivisme rafraichissant. C’est frais, simple, sympathique avec beaucoup de petites touches de chaleur de vivre. On a presque l’impression d’être aussi un habitant du village d’Hananoki.

De même, il utilise quelques petites touches de fantastique, tout en jouant sur les croyances japonaises. Il y a un coté spirituel bien présent par le biais de ce Nanja Monja point focal de tous les évènements. On sent que cet arbre est plein de spiritualité.

On fera aussi le rapprochement avec la galerie de personnages du genre que Miyazaki aime mettre en scène. J’y reviendrais plus tard.

Son ton léger et féérique m’a apaisé lors de la lecture. Ça a été un vrai bol d’air frais.

Néanmoins le mangaka appose sa griffe en disséminant tout au cours du récit de nombreux mystères à élucider. On ne sait pas encore pourquoi Sora a rétréci, ce qu’il s’est passé avec ses parents, qui sont les hommes de la camionnette. Taro aussi a encore beaucoup de choses à nous révéler. Son adoption par son grand-père, doit surement cacher un grand secret. Plein de mystères qui restent non-résolus et qui doivent tourner autour du Nanja Monja.

Concernant les personnages, le mangaka a effectué un travail remarquable. Très vite, les habitants du village et les protagonistes deviennent attachants. L’affection est quasi immédiate pour Taro et son grand cœur, Sora et son intrépidité, l’espiègle ami de Taro : Futa ou encore Michiko l’amie d’enfance du héros, secrètement amoureuse de lui. Toute une brochette de personnages avec des personnalités affirmées et qui respirent la fraicheur et dont on éprouve rapidement de l’empathie.

Il se dégage d’eux une impression bucolique, et presque mélancolique. On voit que ce travail sur les personnages est payant car j’ai presque eu l’impression d’habiter ce village depuis mon enfance. Je m’y suis senti à l’aise.

Graphiquement, c’est très réussie aussi. Alors certes, le trait peut paraitre enfantin, notamment au niveau des visages, mais c’est joli quand même. Et ce d’autant plus que les cases sont fournies avec des nombreux décors et arrières plans, ainsi que beaucoup de détail et de finesse dans ces mêmes décors, mais aussi dans les costumes. Les personnages sont expressifs, la mise en scène très bonne.

Là aussi, on ne peut s’empêcher de penser aux oeuvres de Miyazaki et du studio Ghibli. Tous ces décors champêtres, bucoliques font inévitablement penser à Mon Voisin Totoro ou encore Pompoko. C’est également le cas avec les personnages. Même si on sait que nous ne sommes pas devant du Miyazaki, on ne peut s’empêcher d’y penser.

Pour conclure, ce tome est une introduction à un série qui promet d’être attachante, plaisante et belle. Grâce à sa patte graphique, notamment pour les décors et les personnages mais aussi, sa mise en scène et le charme qu’il arrive à retranscrire, Shizuka Itô parvient à captiver dès le premier tome. Il a créé un background, une ambiance particulière.

On ne peut qu’être charmé face à cette atmosphère bucolique, rafraichissante, poétique et féérique.

Pour moi ça été une très agréable surprise. La lecture a été passionnante. Je me suis évadé le temps de la lecture. Et des fois ça fait du bien.

On reprochera une vision idéalisée de la campagne, une inspiration peut-être trop flagrante des Miyazaki, mais très bien faite et un petit manque de rythme, mais le charme du titre fait éclipser ces petits défauts qui n’en sont plus quand on est plongé dans cet univers.

Plongez-vous dedans avec délectation. Et vivement la suite, voir si cet enchantement perdurera.

Et vous qu’en avez-vous pensé? Avez-vous été emballé comme moi? Retrouvez-vous du Miyazaki dedans?

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