. My Hero Academia – tomes 1 et 2 de Kôhei Horikoshi | Fant'asie
Kameyoko 06/07/2016 6
  • Scénario
  • Graphisme

My Hero Academia - tome 1

My Hero Academia – tomes 1 et 2 de Kôhei Horikoshi

Quand le manga louche vers le comic

My Hero Academia et One-Punch Man sont, sans conteste, les événements éditoriaux de 2016. Tout amateur de manga était très attentif à leur sortie et surtout savoir quel éditeur allait remporter la timbale. Et les surprises furent de taille, annonçant une redistribution des cartes.

Mais derrière le phénomène annoncé, que vaut réellement ce titre ? Fait-il parti des titres du renouveau shônen ?

My Hero Academia – tomes 1 et 2 de Kôhei Horikoshi sont édités par Ki-oon et sont disponibles à la vente simultanément depuis le 14 avril 2016.

Résumé de My Hero Academia 1 et 2 chez Ki-oon

Résumé de tome 1 :

Dans un monde où 80 % de la population possède un super-pouvoir appelé alter, les héros font partie de la vie quotidienne. Et les super-vilains aussi ! Face à eux se dresse l’invincible All Might, le plus puissant des héros ! Le jeune Izuku Midoriya en est un fan absolu. Il n’a qu’un rêve : entrer à la Hero Academia pour suivre les traces de son idole.
Le problème, c’est qu’il fait partie des 20 % qui n’ont aucun pouvoir…
Son destin est bouleversé le jour où sa route croise celle d’All Might en personne ! Ce dernier lui offre une chance inespérée de voir son rêve se réaliser. Pour Izuku, le parcours du combattant ne fait que commencer !

Résumé du tome 2 :

Pris pour cible par un super-vilain, Izuku est secouru de main de maître par son idole en personne ! Il découvre alors qu’All Might, très diminué par une ancienne blessure, ne peut plus utiliser son alter que trois heures par jour… Aussi, lorsque son camarade Katsuki est attaqué quelques instants plus tard, son sang ne fait qu’un tour : malgré sa terreur, il se précipite à la rescousse du jeune garçon !
Témoin de cet acte de bravoure, All Might décide de faire d’Izuku son successeur. Après un entraînement drastique, notre apprenti héros réussit à intégrer le prestigieux lycée Yuei, mais il y a un hic : impossible pour lui de maîtriser le One for All, le pouvoir hérité d’All Might…

Le renouveau du shônen ?

My Hero Academia est présenté comme un futur gros hit en France (ce que les premiers chiffres de vente semblent confirmer). Il fait partie de cette nouvelle vague shônens recherchés pour prendre la suite des Naruto, One Piece et autre Bleach finissant du Shônen Jump. C’est également censé être le renouveau, le vent de fraîcheur du shônen.
Est-ce que c’est bien le cas ? Réponse : Oui et non.

Mais quoiqu’il en soit , l’éditeur y croit dur comme fer (et à forte raison) et va user de sa créativité marketing pour nous le vendre. Mais c’est quoi My Hero Academia ?

Il s’agit de la troisième oeuvre de Kôhei Horikoshi (Crazy Zoo et Sensei no Bulge). Il a pour thème les super-héros et a donc un point de comparaison tout trouvé avec One-Punch Man.
L’histoire est celle de Izuku vivant dans un monde où 80% de la population a des pouvoirs, mais lui non ! Pourtant, c’est une véritable encyclopédie sur les héros qu’il admire tant, dont le fameux All Might. Il rêve de devenir super-héros, et de rejoindre la meilleure école de formation : le lycée Yuei. Mais comment faire lorsque l’on a pas de pouvoir et qu’on est la risée de tous ? Mais tout va changer pour lui quand il va croiser la route de son idole All Might !

My Hero Academia est un titre assez paradoxal. C’est un excellent page-turner, il se lit très bien, est bourré de qualité et fait souffler un vent de fraîcheur. C’est, à l’évidence, une locomotive du genre. Pourtant, il n’est pas très original et ne se détourne pas des codes du shônen, rentrant ainsi totalement dans le moule Shônen Jump.

My Hero Academia - tome 2Ainsi le héros, est un loser, un peu la risée de tous qui va se voir doté d’un sacré pouvoir parce que son cœur et bon. Il va apprendre à le maîtriser, grâce à un mentor (et pas n’importe lequel) et pouvoir faire preuve d’héroïsme. Il a, bien entendu, un rival puissant qui deviendra sûrement son ami ensuite, une collègue féminine un peu gentillette et toute une galerie d’autres personnages plus ou moins marquants. Evidemment, il va devoir apprendre, évoluer pour atteindre son but et être le plus grand des héros.
Nous sommes donc dans le schéma hyper classique du shônen nekketsu. Il serait très facile de dresser des parallèles avec Naruto, Fairy Tail, One Piece, Bleach… Si vous espériez voir un manga qui réinventerait les codes du shônen, c’est loupé. My Hero Academia est en plein dedans !
Même le thème des super-héros, empruntant beaucoup aux comics n’est pas non plus un monstre d’originalité. Je trouve qu’il y a énormément de points commun avec un Ratman de Sekihiko Inui et dans une moindre mesure Area D ou encore One-Punch Man. Il est bien question d’êtres possédant un « Alter », un pouvoir se matérialisant de différentes façons : super force, super-vitesse, maîtrise des éléments… En ça, il y a une vraie inspiration puisée du côté de leur homologues américains, et notamment des X-men (ou un Top Ten pour l’idée que tout le monde à un pouvoir). Mais le ton se veut ici plus léger, plus humoristique.
Ici, contrairement à un X-Men, la norme c’est le super-pouvoir, au point où les non-altérés sont la cible des moqueries des autres.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, malgré cette volonté sûrement assumée de respecter le cadre du divertissement japonais, le titre n’en est pas moins excellent, plein de bonnes trouvailles et capable d’être très inventif. Faisant ainsi oublier ce manque de prise de risque initial. Car, Kôhei Horikoshi a finalement réussi à réunir le meilleur des mangas et du comics (même si on tend sensiblement plus vers le manga).
Il le doit notamment à une narration d’une très grande efficacité, un monde intéressant, un dynamisme incroyable, une galerie de personnages étoffée et savoureuse et un potentiel d’addiction énorme.

Le personnage principal Izuku est hyper banal et faible mais c’est complètement assumé. Sauf qu’il se voit doté de la force d’All Might, le super-héros bodybuildé, au sourire bright et au statut d’icône. Personnellement, je regrette qu’Izuku ait trouvé un simili-pouvoir en cours. J’aurais préféré que le mangaka le laisse réellement sans pouvoir et trouve un subterfuge pour le faire rentrer à Yuei et le faire devenir un héros sans cela. Mais, il s’avère très attachant ! Mais la force de My hero Academia c’est indubitablement les autres personnages, notamment la classe d’Izuku. Même si on en découvre que quelqu’uns petit à petit, tous ont été finement travaillés. Ils ont un pouvoir sympa, une vrai personnalité et des charadesigns qui envoient du lourd ! C’est souvent des profils un poil archétypaux mais ça fonctionne à merveille. All Might est également intéressant du fait de son statut d’héros ultime, surpuissant à la Superman et de sa faiblesse caché. Personnellement, je ne suis vraiment pas fan du design d’All Might hors super-héros (sans trop spoiler).

Un des méchants principaux que l’on aperçoit dans le tome 2 est très énigmatique mais bénéficie d’un charadesign assez incroyable qui accroche le regard et rend le personnage encore plus inquiétant et énigmatique. A voir quel sera son rôle et si d’autres méchants (hormis ceux qui servent de faire-valoir) seront de la partie.

L’histoire sur ces deux premiers tomes est assez basique et se concentre sur une présentation du monde, des personnages et de l’école Yuei pour finalement arriver sur une première mise en situation pour les nouveaux élèves. D’ailleurs, le mangaka commence fort avec un événement déjà assez gros et impactant ! On attend encore que l’univers se développe, qu’il y ait plus d’enjeux, plus d’épique et plus de thématiques.

En tout cas, le début est d’une redoutable efficacité et doit beaucoup au rythme de la narration. Tout s’enchaîne sans temps morts, sans pour autant donner l’impression d’aller trop vite en besogne. Les scènes d’action sont nombreuses, pleines de vie et palpitantes. Surtout que l’auteur arrive à ménager encore pas mal de suspense puisque nombreux sont les personnages dont on ne connait pas le pouvoir.

Graphiquement, le trait de Kôhei Horikoshi sied parfaitement à un shônen de ce genre. il est assez cartoony, rond, simple mais suffisamment détaillé pour plonger le lecteur dans ce monde. Son découpage est très dynamique et il a vrai sens du mouvement ! Tout est limpide et lisible. De fait la lecture est un vrai plaisir. Mais clairement son point fort est le charadesign. Si Izuku est peut-être un peu trop simpliste, mais surement pour renforcer l’identification du lecteur, tous les autres personnages bénéficient d’un soin tout particulier. Il a énormément de créativité pour différencier ses personnages et leur apporter de la classe et une personnalité rien que par leur design ! Tous sont aisément identifiable et leur look correspond bien à leur pouvoir et personnalité. On sent tous les soins et tout l’amour qu’il porte à ses personnages. Et de fait, le lecteur n’a qu’une envie : les découvrir !

Pour conclure, My Hero Academia – tomes 1 et 2 de Kôhei Horikoshi imposent déjà la série comme un hit en puissance. Bien que rentrant totalement dans le moule du nekketsu, ce shônen sort aisément du lot et s’avère être d’une redoutable efficacité, avec un plaisir de lecture non feint ! Il a tout du hit. C’est dynamique, avec un vrai univers, des personnages dingues aussi bien au niveau du charadesign que de leur personnalité et un potentiel certain. La dynamique de groupe de la classe promet beaucoup et m’excite tout particulièrement. Beaucoup d’éléments qui rendent la lecture déjà addictive tout en laissant présager un potentiel énorme.

Probablement pas le renouveau du shônen mais certainement un de ses titres majeurs, promis à un grand succès mérité ! J’adhère et je recommande. Un bon coup de cœur. Typiquement le genre de titre qui se lit avec une facilité déconcertante et avec une réelle satisfaction ! Vivement la suite !

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Ce côté très nekketsu brandé « Shônen Jump » vous a-t-il dérangé ?

6 commentaires »

  1. MrReccA 14/06/2017 at 10:53 -

    Dis, c’est normal que je n’arrive pas à voir les 4 commentaires déjà postés ici ?

  2. Kameyoko 14/06/2017 at 23:46 -

    Oui, c’est que ça compte les « pingback ». Donc quand je fais un lien à partir d’un autre article ça le comptabilise. Et je n’ai pas trouvé comment corrigé ça. faudrait que je me repenche dessus.

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