. Moyasimon – tome 1 de Masayuki Ishikawa | Fant'asie
Kameyoko 05/12/2014 1
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Moyasimon – tome 1 de Masayuki Ishikawa

Les microbes sont nos amis, il faut les aimer aussi…

Aspergillus oryzae, Saccharomyces cerevisiae… voici le sujet de Moyasimon ! Sous ces noms barbares se cachent l’appellation scientifique de certains micro-organismes.
Glénat a eu l’idée, saugrenue de prime abord, d’éditer un seinen dont le sujet principal est les bactéries, microbes… Mais qu’est-ce qui peut bien se cacher derrière ce titre improbable ?
Moyasimon – tome 1 de Masayuki Ishikawa est édité par Glénat et est disponible à la vente depuis le 1er octobre 2014.

Résumé de Moyasimon 1 chez Glénat

Résumé de l’éditeur :

Tout commence avec l’arrivée du héros, Tadayasu Soemon Sawaki, dans un lycée agricole. Une seule chose le différencie des autres étudiants : il est capable de voir les micro-organismes à l’oeil nu, sous forme de petits personnages.
Pratique pour repérer un aliment contaminé par l’eschrichia coli et éviter une gastro-entérite ou contrôler le degré de fermentation d’un saké. Par contre détecter des verrues au pied d’une belle jeune femme ou se rendre compte que deux personnes ont partagé leur flore cutanée peut parfois s’avérer gênant..
Grâce à Sawaki vous découvrirez les richesses du monde microbien et son rôle central, notamment dans notre alimentation. Des basiques yaourt et sauce soja aux fantastiques saké et vin en passant par les surréels surströmming et kiviak, nous saurons tout sur les aliments fermentés…

Le monde fascinant des micro-organismes

Moyasimon est un seinen intriguant. En effet, tout son concept et son originalité reposent sur les micro-organismes ! Avec une telle idée de base, qui, on doit l’avouer est assez saugrenue, le lecteur ne peut qu’être interloqué. Que nous réserve ce titre ? Ces petits micro-organismes arriveront-ils à nous passionner ?

L’histoire débute avec l’arrivée de Tadayasu Sawaki et son ami Kei Yuki dans une université agricole. Maintenant, quand on parle d’établissement agricole, on pense forcément à Silver Spoon, même si ce dernier est postérieur au manga qui nous intéresse aujourd’hui. Mais les deux sont quand même sensiblement différents dans l’approche. Pour caricaturer, le titre de Hiromu Arakawa se focalise plus sur l’aspect tranche de vie quand Moyasimon a une approche presque plus scientifique, vraiment centré sur ces fameux micro-organismes.

Suite à son arrivée à l’université, Sawaku va rencontrer le professeur Itsuki qui pourrait bien l’aider à comprendre et bien utiliser ses pouvoirs. En effet, le jeune homme a l’étrange capacité de voir à l’œil nu les micro-organismes, et donc pouvoir les différencier voir même les entendre parler.

Très rapidement, le lecteur va vite comprendre  en quoi consiste ce pouvoir. Comme le héros, on va pouvoir voir ces micro-organismes représentés par des petites créatures toutes simples et mignonnes. Elles sont dessinées de façon minimaliste mais avec quelques caractéristiques propres à  chaque type de créatures. Masayuki parvient à leur donner un air à la fois attachant mais simpliste soulignant l’aspect « basique’ des micro-organismes qui ne sont programmés que pour faire une chose. Il les humanise un tout petit peu, voir les dote parfois de moyens de communication, mais toujours de façon rudimentaire. De suite, ils attirent la sympathie par leur aspect mignon, et par certains passages qui font sourire.

Le mangaka nous présente ces différents organismes de façon assez détaillée, avec une vraie approche scientifique. Alors certes, on oublie complètement les noms, souvent latins, et les fonctions des différentes bactéries, mais c’est intéressant de bien comprendre le rôle que peuvent avoir ces créatures microscopiques mais pourtant indispensables dans notre vie. Notamment on voit bien leur rôle dans la fermentation et dans la composition de certains aliments.

De fait, Moyasimon est très riche en information, avec parfois quelques petits pavés, mais aussi un discours assez technique et complexe. Il n’y a pas de simplification à outrance du discours scientifique. Il faut donc s’accrocher un peu, surtout que les micro-organismes ce n’est pas en soit ce qu’il y a de plus palpitant. Mais cela permet de voir toute la richesse et l’importance du monde de l’infiniment petit, même si ça peut être un peu barbant à la longue. Parce que pour être honnête, il y a un petit côté très cours magistral dedans. Ce qui peut un peu rebuter, surtout compte-tenu de la masse d’informations.

Pourtant, j’ai trouvé ça intéressant, bien construit et finalement, je me suis surpris à apprécier ces micro-organismes et leurs différents effets. Moyasimon est à la fois riche, instructif et frais. Clairement, ce n’est pas le genre de titre qu’on a souvent l’occasion de lire. Mais c’est aussi ce qui peut constituer sa faiblesse. Ce n’est pas un titre très grand public et facile à prendre en main. C’est une sorte de petit OVNI dans la production actuelle, exigeant, car il y a beaucoup de termes et noms techniques, mais tout en étant drôle et instructif.

Masayuki Ishikawa a eu la bonne idée de ne pas se focaliser que sur ces bactéries, virus… Il apporte un soin  tout particulier pour dépeindre ses personnages. Même si le héros, je trouve, manque encore d’intérêt, il va croiser toute une galerie de personnages hauts en couleur. Il y a en premier lieu le professeur Itsuki et ses drôles d’expériences sur la fermentation et ses goûts gastronomiques particuliers. Ensuite, il y a la chercheuse Hasegawa forte en gueule, caractérielle mais intéressante et avec un charisme certain. Ensuite, il y a deux étudiants plus âgés qu’on croit d’abord être de simples personnages très secondaires, mais qui vont prendre plus de poids que ce que je pensais : Misato et Kawahama, appelés aussi Bouboule et Barbu. Sans oublier le meilleur ami du héros : Kei. Cette palette de personnages, un peu excentriques, donne un ton plus léger au titre, en apportant de la bonne humeur et en favorisant l’attachement à ce manga.

 

Graphiquement, le trait de Masayuki Ishikawa est plutôt agréable, avec un certain réalisme et des planches détaillées. Mais le tout est aussi parfois simplifié pour donner une touche graphique à l’ensemble. Ainsi les visages sont simples, le charadesign des microbes simplifiés presque à l’extrême. Néanmoins, il arrive à faire passer pas mal d’émotions. Mais pour ce qui est des décors  et arrières-plans, ils sont assez soignés, même s’il y a une certaine épaisseur dans le trait qui alourdit un peu le tout.

 

Pour conclure, Moyasimon – tome 1 de Masayuki Ishikawa est un véritable seinen OVNI.  Avec son sujet sur les micro-organismes, ce manga se révèle être une très bonne surprise, à la fois surprenant, intelligent, drôle et plein de charme. Il a réussi le défi, peu évident, de nous passionner avec quelque chose de méconnu, un peu barbant et pas très fun; Et rien que pour ça, je lui tire mon chapeau. Il y a certes pas mal d’informations, avec un petit côté cour magistral, mais le mangaka arrive à passer au-dessus de ça en amusant le lecteur, tout en le cultivant ,sans pour autant l’ennuyer.

Un petit bijou ô combien singulier, qui mérite d’être feuilleté et découvert!

 

Et vous qu’avez-vous ^pensé de ce titre atypique ? Ces micro-organismes vous ont-ils barbé ?

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