. Mont Tombe de Izu et Asan | Fant'asie
Kameyoko 14/12/2015 0
  • Scénario
  • Graphisme

Mont Tombe d'Asan et Izu

Mont Tombe de Izu et Asan

Un co-édition Les Editions du Patrimoine – Glénat

Mont Tombe est un global manga, un « manfra » comme on peut aussi l’appeler. Malgré les noms à consonance asiatique, Izu et Asan sont bel et bien français.
Ce titre est une coédition GlénatLes éditions du Patrimoine afin de mettre en avant le Mont Saint-Michel. Est-ce réussi ? Est-ce pour autant un bon manga ?

Mont Tombe de Izu et Asan est édité par Les Editions du Patrimoine et Glénat, et est disponible à la vente depuis le 16 septembre 2015.

Résumé de Mont Tombe chez Glénat

Résumé de l’éditeur :

Lieu mythique, le Mont Saint-Michel est la source de nombreuses légendes depuis des siècles. Dès druides celtes au crâne de l’évêque Aubert en passant par la forêt de Scissy, le Lieutenant Clotilde Dumont pensait avoir tout entendu en prenant son poste à la gendarmerie du Mont… Mais ses idées vont vite être chamboulées, lorsque, suite à un éboulement, un mystérieux Sanctuaire est mis à jour. D’après certains guides, le Mont Saint-Michel serait en réalité une prison, et ce Sanctuaire, une cellule : celle du Dragon de l’Apocalypse, enfermé suite à sa défaite contre l’Archange Michel. En violant ce lieu sacré, les archéologues risqueraient alors de précipiter la fin des temps. Mais si tout ça n’était qu’un leurre ? Une belle histoire fabriquée de toute pièce par des trafiquants d’art, désireux de s’appropriés quelques reliques précieuses ? C’est du moins ce que croit Nicolas Quitin, un spécialiste en ésotérisme très controversé, qui va venir en aide au lieutenant Dumont. Pour lui, tout ça n’est qu’une sombre mascarade. Pourtant, quand les signes annonciateurs décris dans l’Apocalypse salon Saint-Jean s’abattent sur le Mont Saint-Michel, en pleine période touristique, Clotilde commence à douter.

Intrigues au Mont-Saint-Michel

En partenariat avec les éditions du patrimoine, Glénat publie quelques BD mettant en avant les plus beaux lieux et monuments de notre beau pays. Mais à ma connaissance, c’est le premier en format manga. Et c’est le Mont Saint-Michel qui a été choisi comme base pour ce récit.
Un manga vantant juste le Mont Saint-Michel n’aurait que peu d’intérêt. C’est pourquoi le choix de faire un thriller ésotérique dans ce lieu chargé d’histoire, est une approche plus intéressante à mon sens. Un peu à la manière d’un Da Vinci code, le lecteur va suivre les découvertes et énigmes qui se mettront sur le chemin du trio de personnages principaux, toujours liés la religion chrétienne (et plus particulièrement l’apocalypse et Saint Aubert) mais aussi des cultes plus anciens. De fait, tout est centré autour de la religion, des écrits « sacrés » et de leurs interprétations.
L’histoire suit les pas de la jeune gendarme Clotilde, qui suite à un éboulement, dévoilant une grotte historique, va devoir faire équipe avec deux experts que tout oppose. Ce groupe va donc chercher à comprendre les mystères de cette grotte et par la même occassion quelques secrets sur le passé du Mont Saint-Michel.

Force est de reconnaître que le Mont Saint-Michel, son aspect architectural et historique est bien mis en avant. J’ai vraiment envie maintenant de m’y intéresser de plus près. A cet effet, l’objectif pour les éditions de Patrimoine doit être atteint car ce lieu est vraiment bien exploité. Outre le travail sur ce promontoire normand, on sent que le scénariste Izu a fait pas mal de recherche notamment sur les écrits de l’Apocalypse, la Menorah et autres cultes plus anciens. Mais se documenter ne suffit pas à faire un bon manga. Car honnêtement, hormis ça, tout le reste affiche de grosses lacunes.

Au niveau du scénario, si le début, avec son ambiance ésotérique et mystérieuse donne de l’espoir, la fin vient tout gâcher. L’arrivée du « méchant » est ridicule et tout ce qui en découle est non maîtrisée. Les rebondissements s’enchaînent à vitesse grand V, sans cohérence et sans que l’on y croit. On a juste une succession de résolution d’énigmes avec un semblant d’action. Il y a vraiment une différence de traitement entre la mise en place et la conclusion. En fait les situations, les personnages et les réactions sonnent affreusement faux. Rien ne fait naturel ou crédible. Les liens entre les personnages naissent par magie, les rebondissement surgissent maladroitement, les personnages sont tantôt des clichés sur patte, tantôt fades…
Le trio de personnages qui se veut hétéroclite ne fonctionne pas. L’alchimie ne prend pas car, ils n’ont finalement aucun background et des motivations obscures. Le plus risible reste le « méchant » et ses « sbires » ridicules à souhait que ce soit dans la caractérisation ou dans le charadesign.

Tiens, parlons du graphisme, indubitablement l’énorme point faible du manga. Le trait d’Asan manque cruellement de précision, de finesse, de détails et tout simplement de qualité. Au risque de paraître très dur, c’est moche ! Les personnages ne dégagent rien, le charadesign est très quelconque ou encore faussement cool. En plus, il y a des gros soucis de volume, de proportions et tout simplement de vie. Tout est très statique. En plus, le mangaka a un véritable problème avec les visages et plus particulièrement la bouche. Il y a notamment une espèce d’ombre, mais je ne sais pas si c’est une trame maladroite ou si ça représente la bouche. La lèvre supérieure a souvent un angle à 90° !? De plus, il utilise aussi probablement beaucoup de photos qu’il essaie ensuite de faire passer pour du dessin. Mais du coup, ça se voit, c’est surchargé, tout en gommant les détails et ça crée un énorme décalage avec le manque de détails des autres pages. Le découpage quant à lui est vraiment basique, sans aucune fantaisie.
Et pour finir avec cette diatribe, l’utilisation des trames est catastrophique. C’est grossier !

Je déteste dire du mal gratuitement quand il y a du travail derrière. Mais là, c’est presque de l’amateurisme. J’ai eu la désagréable sensation que c’était une commande purement alimentaire.

Pour conclure, Mont Tombe de Izu et Asan est un global manga que l’on pourrait qualifier de mauvais, essentiellement à cause d’un graphisme rebutant, manquant cruellement de finesse et de sens artistique. Izu, au scénario essaie d’apporter un petit quelque chose, et on sent qu’il y a du travail derrière. Malheureusement, des personnages creux, et une dernière partie expédiée, facile et irréaliste gâche le bon travail de la première partie. Le seul point positif c’est que le lecteur a quand même envie de découvrir le Mont Saint-Michel. C’était probablement le but, donc on va dire que c’est en partie mission accomplie. Par contre, en si penchant de plus près, il n’y a pas grand chose à garder.

A oublier !

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