. Lost Paradise – tome 1 de Torû Naomura | Fant'asie
Kameyoko 14/05/2012 0
Lost Paradise – tome 1 de Torû Naomura
  • Scénario
  • Graphisme

Lost Paradise - tome 1

Lost Paradise – tome 1 de Torû Naomura

Un jeu complètement sexiste

Lost Paradise (Shitsurakuen en VO) est l’une des dernières nouveautés en date de l’éditeur Ki-oon. Avec sa couverture très portée shôjô-ai et son résumé, il est difficile de voir ce que ce shônen réserve.
Mais sachant que c’est Ki-oon qui le sort, j’étais plutôt confiant, vu ce que nous propose en général l’éditeur.
En plus la série est assez courte, puisqu’elle ne compte que 6 tomes. Voyons donc de quoi il en retourne

Lost Paradise – tome 1 de Torû Naomura est édité par Ki-oon et es disponible à la vente depuis le 08 mars 2012

Résumé de Lost Paradise 1 chez Ki-oon

Résumé de l’éditeur :

Toute petite, Sora rêvait de devenir un vaillant chevalier. Transférée à Utopia, luxueux campus où vit la jeunesse dorée japonaise, elle découvre avec stupeur un jeu de réalité virtuelle pratiqué par les étudiants masculins. Les filles, qui servent d’armes aux garçons lors de ces affrontements, y sont maltraitées et méprisées.
Indignée, Sora bouleverse les règles et entre dans l’arène comme combattante. Idéaliste, intrépide et pleine de vie, elle ne se doute pas qu’elle met le doigt dans un engrenage redoutable, où amis et ennemis ne sont pas toujours ceux que l’on croit…
Un campus aux règles énigmatiques, un jeu virtuel machiavélique et des élèves manipulateurs : bienvenue à Utopia !

Une fille seule face aux garçons

Lost Paradise est bien un shônen, même si sa couverture et certaines scènes font aussi penser à du shôjô-ai.
Ce manga se base sur un concept initial un peu étrange, peu crédible et complètement misogyne. En effet, l’histoire est celle de Sora, jeune fille rêvant de devenir un Prince Charmant, qui intégre une école prestigieuse. Elle forme la future élite. Sauf qu’un étrange jeu y fait loi. Ce dernier permet aux garçons de se battre en utilisant des armes sortant du corps des filles. Le gagnant remportant littéralement la fille, instaurant ainsi un lien de possession et de supériorité.
Cet établissement a donc érigé la misogynie comme principe de base. Les filles sont quasiment réduits au rôle d’objet dont peut disposer leur propriétaire.

Sauf que Sora risque bien de perturber cet état de fait en devenant dans ce jeu virtuelle un joueur. Elle va donc découvrir les bases de ce jeu, faire ses premiers duels et donc affronter ses premiers adversaires.

Ce premier tome met en place les choses, via la regard de Sora qui découvre, comme le lecteur, cet établissement et ses règles. Mais cette introduction est un peu maladroite et un peu basique. L’héroîne peine à comprendre des choses que le lecteur saisit rapidement. Le schéma de mise en place est assez laborieux. La faute à une fluidité pas toujours bien maîtrisée, des rebondissements convenus et quelques redondances. La palme revient à la répétition de combats contre le même garçon. Ce dernier est très lourd, peu intéressant et le tout est poussif.

Tout est assez prévisible, même pour une introduction. Certes, le principe du jeu peut-être intéressant, mais il, pour le moment, mal exploité. On comprend bien que l’objectif est de faire de Sora, le prince charmant des demoiselles d’Utopia, nom de l’établissement. Mais, il peine à être palpitant. La faute a un background assez faible mais surtout un sexisme à la limite du vomitif.

Concernant le background, on ne sait rien au presque de Sora ou de cette école. On connait bien quelques petites choses sur ce jeu, sur le pourquoi de cette misogynie, mais ces révélations décoivent, et sont limites convaincantes. Clairement il manque des approfondissements sur ce monde et cette école.

Le rythme du manga est assez étrange. Il est rapide, mais c’est dans l’ enchaînement que le bat blesse. Les transitions sont parfois douteuses et les rebondissements un peu gros. Seul le dernier retournement de situation m’a enthousiasmé. Il ouvre de bonnes possibilités, même si on peut remettre en cause sa crédibilité.

Revenons en un peu sur la misogynie ambiante. Bien évidement cette dernière est voulue, et est présente pour dénoncer ce comportement. Sauf que c’est fait très maladroitement et dans l’excès. Ce qui fait perdre un peu l’impact “dénonciateur” pour tomber dans la caricature. Caricature car c’est très manichéen : les garçons sont méchants et les filles pures et innocentes. Caricature aussi car cette misogynie est poussée à son paroxysme en faisant des filles uniquement des objets mis à disposition des garçons.

Malgré ces défauts voyants, mais non rédhibitoires, la lecture de ce Lost Paradise n’est pas déplaisante. Tout d’abord, contrairement à ce qu’on pourrait croire quand on regarde la couverture, l’aspect shojô-ai est assez soft et plutôt bien géré. Il est savamment dosé car il passe bien et apporte quelques passages sympathiques. Autre point qui m’a agréablement surpris c’est le peu de fanservice, alors que j’en attend plus.
Après, le récit reste assez rythmé pour se laisser lire, avec un peu d’humour et une héroîne assez attachante. De plus, on sent aussi qu’il ya un potentiel derrière cette série. A voir comment ça sera développé après.

Graphiquement le trait de Torû Naomura est loin d’être désagréable. C’est assez fin et dynamique. Les planches sont assez fournies et agréables à l’oeil. Le charadesign est correct, même si certaines filles importantes se ressemblent un peu trop. A noter, parfois, quelque soucis dans les mouvements et l’action. Mais globalement c’est plutôt réussie.

Pour conclure ce Lost Paradise n’est pas forcément déplaisant, mais déçoit quand même fortement. Même si ça se lit bien, si c’est rythmé, si l’héroîne est intéressante et si le titre a du potentiel, on regrettera un manque de travail sur le fond. Le background est creux, c’est parfois convenu, le tout est très manichéen et prévisible. De plus, même si ce shônen semble vouloir être un peu féministe en luttant contre une misogynie exarcerbée, au final il fait le contraire. C’est trop caricatural, parfois de mauvais goût pour avoir une vraie portée militante.

A voir par la suite si Lost Paradise s’améliore, mais ce premier tome ne convainc pas. Heureusement, le dernier rebondissement laisse suffisamment d’espoir pour continuer la lecture, et laisser une chance à ce manga de redresser la barre.

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Qu’avez-vous pensé de cette misogynie ?

Laisser un commentaire »