. Liar Game – tome 1 de Shinobu Kaitani | Fant'asie
Kameyoko 14/09/2010 14

Liar Game - tome 1 de Shinobu Kaitani

Liar Game – tome 1 de Shinobu Kaitani

Mensonges, manipulation et arnaques

Liar Game est l’un des nouveaux mangas acquis par les éditions Tonkam pour leur collection Young (avec Wolf Guy notamment).

C’est un seinen psychologique de Shinobu Kaitani mettant en scène une jeune femme naïve, qui va se retrouver embrigadée dans un jeu où le plus fin, le plus retors gagne. Pour cela elle se fera aider par un escroc de talent.

Cette série joue donc beaucoup sur la psychologie, la réflexion et la planification d’actes. Si vous lisez quelques articles/ critiques sur ce manga, vous verrez forcément une référence à Death Note. Cette comparaison, même si elle est facile, n’est pas totalement idiote. On retrouve ce coté manipulation et jouant sur l’intelligence des protagonistes.

Liar Game – tome 1 est édité par les Editions Tonkam et est disponible à la vente depuis le 30 juin 2010. Pour information, le manga a été adapté en drama.

Résumé de Liar Game 1 chez Tonkam

Nao Kanzaki, est une jeune étudiante très naïve, crédule. On la surnomme d’ailleurs « Nao la naïve« .

Un jour, elle reçoit un colis provenant du secrétariat du LGT, accompagné d’une carte. Sans réfléchir, elle ouvre le colis, ce qui valide sa participation au jeu du « Liar Game« . A l’intérieur du colis, elle trouve une nouvelle carte comportant les règles ainsi que 100 millions de yens.

Les règles du jeu sont simples. Les 100 millions de yens constitue sa mise. Elle devra dépouiller un adversaire désigné (qui lui sera communiqué plus tard) de ces 100 millions. Le but étant de prendre le maximum d’argent à son adversaire, sans utiliser la violence. A la fin du temps imparti, le gagnant empochera les bénéfices, le perdant aura une dette équivalent au montant perdu.

Face à cette situation, Nao se retrouve bien embêtée. Ne sachant que faire, elle va consulter un avocat, qui lui confirme que légalement, elle est dans l’obligation de participer.

Elle va enfin recevoir le nom de son adversaire. Bonne surprise pour elle, puisqu’il s’agit d’un ancien professeur de collège, gentil. Elle décide de lui rendre visite pour s’expliquer avec lui. Le professeur lui dit que, lui aussi, ne souhaite pas participer, et en la rassurant, il parvient à mettre en confiance Nao, qui lui confie ses 100 millions de yens pour qu’il les mette en sécurité.

Elle se rendra vite compte qu’elle s’est fait roulée. Ne sachant que faire, elle appelle l’avocat qui lui avait dit que le meilleur conseiller pour une escroquerie était un escroc. Se souvenant de cette phrase, elle lui demande comment faire pour rencontrer un escroc. L’avocat va lui lâcher le nom de Shin’Ichi Akiyama, un ex-escroc réputé.

Dès lors Nao va tout faire pour que ce Akiyama l’aide à récupérer son argent.

L’improbable duo de la naïve et de l’escroc

Liar Game est un thriller avec une idée de base plus qu’intéressante : un jeu dont le principe est de récupérer l’argent des autres en les arnaquant et en usant de malice et de psychologie. Vous l’aurez compris, le manga joue beaucoup sur le coté psychologique et manipulation. L’intellect sera au cœur du scénario.

C’est en cela que l’on peut le comparer à Death Note. Il y aura donc des « affrontements intellectuels », des faux-semblants, de la pression psychologique, et de l’élaboration de stratégie avec plusieurs coups d’avance.

Parmi les comparaisons que l’on peut faire, la plus évident reste, du moins pour moi, Duds Hunt. Car comme dans le one shot de Tetsuya Tsutsui, il est question d’un jeu, organisé par une entité inconnue, dont le principe consiste à récupérer l’argent des autres participants par tous les moyens. A la différence qu’ici, Shinobu Kaitani n’use pas de la violence mais bien d’escroqueries.

Malheureusement, une bonne idée de base ne signifie pas forcément que c’est un manga de qualité. Mais Liar Game s’en sort plutôt pas mal.

En effet, ce type de thriller joue beaucoup sur son scénario. Et le moins que l’on puisse dire c’est que dans Liar Game, il est travaillé et efficace. Il joue beaucoup sur la psychologie humaine et sur des raisonnements logiques. A la façon d’un mentaliste ou d’un profiler, le héros Akiyama va jouer avec la psychologie, les attitudes et le cheminement logique. De ce point de vue là, c’est une réussite puisque les réactions, notamment de l’ex-professeur de Nao sont crédibles, et l’ex-escroc s’est bien s’en servir et jouer avec.

Le scénario est maîtrisé puisque, rien ne semble être laissé au hasard. Toutes les actions de Akiyama servent sa « stratégie ».

En revanche, la fin de la première manche est assez prévisible, mais bien amenée. Ce coté prévisible n’est pas un défaut en soi, puisque compte tenu du niveau d’informations du lecteur, trouver le subterfuge montre que c’est cohérent et réaliste.

Pour l’instant, l’auteur n’est pas tombé dans le « J’avais tout prévu depuis le début. J’avais prévu que tu prévoirai ce que je prévoyais », où le héros anticipe tous les scénarios possibles sur les deux prochaines décennies. Or, ça on le voit souvent dans pas mal de mangas.

Graphiquement, c’est assez simple, épuré, avec beaucoup de « focus » et zoom sur les visages des protagonistes. Le découpage et la mise en scène sont efficaces. Les personnages bénéficient d’un traitement facial particulier. Le mangaka, Shinobu Kaitani, représente bien les émotions sur les visages, allant parfois un peu à l’excès.

Par contre certaines cases font vides. Le charadesign et en particulier les visages des protagonistes sont assez inégaux. Autant Akiyama a un bon « style » qui fait penser à Light ou L de Death Note, autant Nao est fade, et d’autres personnages plus secondaires très moyens. Pourtant, le graphisme, même s’il n’atteint pas celui d’Obata, par exemple, (pour rester dans le comparatif avec Death Note) reste agréable et va bien au style.

Pour moi, le gros point faible du titre est le développement des personnages. Je n’ai aucune empathie pour les deux protagonistes. Nao, est un personnage horripilant, cruche et tête à claque. Elle n’est pas réaliste une seconde. Son coté cruche, faisait un bon point de départ, si c’était traité de façon pondérée. Là c’est juste abusé. C’est même plus de la naïveté, c’est de la stupidité pure et simple. C’est vraiment la reine des cruches devant des Saori (Saint Seiya), Orihime (Bleach) ou Lucy (Fairy Tail) et autres Sakura (Naruto).

Pour Akiyama, il est certes mystérieux, mais on a du mal à croire à son implication. On ne sait rien de lui, de ses motivations. J’imagine qu’on saura ça ensuite, mais avec ce premier tome, on a du mal à rentrer dans son combat intellectuel.

En plus, lors de la 2ème phase, sa présence est illogique.

Mais cette 2ème phase s’annonce vraiment palpitante, avec un principe de jeu très intéressant.

Pour conclure, Liar Game part d’un bon synopsis, et s’en sort pas trop mal. Même si on peut critiquer le graphisme, pour sa simplicité, son charadesign, même si on a du mal à s’attacher aux deux personnages principaux, le potentiel est bel et bien là. Ce jeu s’avère palpitant mêlant combat psychologique et roublardise. Le scénario est maîtrisé et ne part pas (du moins encore) dans le too much.

La suite pourrait bien nous réserver quelques bonnes surprise.

Même si pour l’instant Liar Game a du mal à tenir la comparaison avec des Duds Hunt ou des Death Note voir du Doubt, il n’a pas à rougir pour autant. Le potentiel est évident, et il y a matière à venir à côtoyer les références du genre. A voir avec le volume 2.

Et vous qu’en pensez-vous? Cette Nao vous a-t-elle été aussi exaspérante que pour moi? Pensez-vous que Liar Game puisse devenir une référence du genre?

14 commentaires »

  1. Kalimshaar 14/09/2010 at 13:07 -

    j’ai terminé la lecture du tome 2, et pour l’instant le manga tient ses promesses, pour le cas de Nao, je suis un peu comme toi, le personnage apparaît comme étant très fade, avec assez peu d’utilité pour le moment, j’espère que dans les tomes a venir, elle prenne enfin conscience de quelque chose, et qu’elle puisse enfin servir à quelque chose.
    Un autre gros plus que je signalerais, est que les fins de tomes (dans le cas du tome A et 2) sont bien menées, dans la mesure, ou on ne reste pas en plein milieu d’une action, ce qui permet de pas être trop frustré à la fin du tome.
    Pour ma part ce manga fait partie des bonnes découvertes de cette années. j’espère que l’histoire arrivera a pas trop perdre son âme en s’étalant sur trop de tomes.

  2. Jacut 14/09/2010 at 15:26 -

    Liar Game a du mal à tenir la comparaison avec Duds Hunt et Doubt, ces deux séries à l’intrigue grossièrement convenue et bas de gamme ? C’est une blague ? Liar Game, c’est un peu LA référence absolue du betting manga au Japon, loin devant les Kaiji, Zero ou autres One Outs, et n’a pas à rougir, loin de là, face à Death Note, déjà parce que son personnage principal masculin Akiyama est amplement mieux mis en scène et développé que Light, parce qu’il est accompagné par un personnage principal féminin passionnant et qui évolue énormément lui aussi (Nao) et en plus parce que le FOND de Liar Game est bien supérieur à celui de Death Note et dénué de trous scénaristiques contrairement à ce dernier. La comparaison est même tellement légitime qu’un excellent article a été écrit sur le sujet (en anglais) : http://liargame.wordpress.com/2009/03/18/liar-game-vs-death-note-light-vs-akiyama/. Je vous le conseille (comme je suis trop fainéant pour écrire un truc dessus moi-même :>).

  3. Kameyoko 14/09/2010 at 16:13 -

    @Kalimshaar : Effectivement le tome 1 s’arrête bien à la fin d’un « acte », tout en laissant du teasing. Et comme tu le soulignes, c’est pas frustrant. Je vais bientôt lire le 2. C’est une bonne découverte, mais le plus dur c’est de rester constant.

    @Jacut : je persiste en disant qu’il est trop tôt pour mettre Liar Game au même niveau que Death Note (enfin la première partie) et Duds Hunt (qui joue moins sur la subtilité).

    Pour l’instant je n’ai qu’un volume pour me prononcer, et j’ai essayé dans l’article, de dire pourquoi ce titre a du potentiel mais reste perfectible. Graphiquement, je préfère 15 fois le style d’Obata ou de Tsutsui.

    Au niveau des personnages, Nao m’est insupportable, mais vraiment.

    Pour l’instant, je ne trouve pas Akiyama bien mis en scène. Au contraire, je le trouve presque creux et trop mystérieux. Mais je ne doute pas qu’il prendra plus de consistance après.

    Pour le scénario et le fond, je reconnais, et je le dis, qu’il y a un vrai potentiel.

    Comme je le dis en conclusion : « il y a matière à venir à côtoyer les références du genre ».

    Je me répète mais je n’ai lu que le tome 1 (je ne lis pas de scantrads). Et force est de constater que même si le scénario est bien ficelé, les personnages et le graphisme font moins bonnes impressions. Mais l’attrait est quand même bien présent, et j’ai passé un très bon moment de lecture, et je lirai la suite.

  4. nanajoa 14/09/2010 at 21:28 -

    Difficile de juger une série sur le premier tome ou second, il est vrai que Nao est très naïve mais ce trait de caractère servira peut être plus tard dans la série. Et puis ça apporte un peu de gaité sinon l’ambiance serait quand même un peu lourde.

    au passage, je me suis permise de faire un lien sur mon blog vers ton avis (très complet)

    Bonne continuation à tous

  5. Kissifrott 14/09/2010 at 21:52 -

    Sans vouloir spoiler ou autre, mais ayant lu les 8 premiers tomes, je peux garantir à certains sceptiques que la difficulté des intrigues va croissante, et donc que le manga est de plus en plus prenant. Commencer son histoire par une intrigue accessible est une bonne chose pour mieux plonger dans le scénario. Après, le but du jeu est de deviner le dénouement, et ça, je vous garantis que ce n’est pas gagné 😉

    Je félicite l’auteur en tout cas pour cet excellent moment passé 😉

  6. vymdiesel 15/09/2010 at 14:47 -

    Je n’ai pas lu, j’ai apprécié le LIVE, quelqu’un l’a regardé ?

  7. nanajoa 15/09/2010 at 20:10 -

    ouai et j’adore
    très constructif mon commentaire 😉

  8. shurei` 18/09/2010 at 04:22 -

    l’histoire va en s’améliorant mais je trouve que c’est de plus en plus compliqué et tiré par les cheveux lors de certaines parties, après ça peut très bien ne pas déranger ^^

  9. Kameyoko 19/09/2010 at 20:35 -

    @Nanajoa : Effectivement, c’est difficile de juger sur un tome. C’est pourquoi j’essaie d’insister sur le potentiel.
    Pour Noa, je ne sais pas si on peut dire qu’elle apporte de la gaieté. Elle sert de faire valoir à Akiyama, pour qu’il explique ses actions, mais à part ça…

    Merci pour le lien 🙂

    @Kissifrot : C’est rassurant alors si ça va crescendo sans trou d’air (comme c’est un peu le cas dans Deth Note)

    @Vymdiesel : Non, jamais regardé (en même temps, je ne regarde quasiment jamais de drama)

    @Shurei : J’espère que ça n’a sera pas trop tiré par les cheveux. Cet aspect est dérangeant dans ce genre de titre. Reste à voir dans quelles mesures. Je n’aimerais pas que ça tombe dans le « j’avais tout prévu, même l’imprévisible »

  10. Thalia 26/11/2011 at 22:52 -

    Je découvre et je dois admettre que le psychologique de cette série est attrayante. J’ai un pote qui m’a prêté les 6 premiers tomes … enjoy. :mrgreen:

Laisser un commentaire »