. Les Voies d'Anubis de Tim Powers. | Fant'asie
Torospatillo 09/06/2011 3

Les voies d'Anubies de Tim Power

Les Voies d’Anubis de Tim Powers.

Un mélange des genres primé.

Les voies d’Anubis, dont le titre original est « The Anubis Gate » est roman écrit par Tim Powers en 1983.

D’après la 4ème de couverture, il aurait reçu de nombreux prix, dont le prix Philip K. Dick du meilleur roman en 1983.

Étonnamment ce livre est souvent catégorisé comme étant du Steampunk, alors oui effectivement (si) une bonne partie du roman se déroule en 1810 à Londres en pleine période Victorienne, (pourtant) il n’est ici aucunement question de dystopie à vapeur… Bien que n’ayant pas encore lu de « Steampunk » (ça ne saurait tarder d’ailleurs) je ne vois pas en quoi ce roman s’y rattacherait de prêt ou de loin… Passons…

D’autant plus que ce livre mélange beaucoup de genres. En effet, il est ici question aussi bien de faits réels et historiques, de personnages réels, de voyage dans le temps, de magie, de loup de garou, voir d’éléments propres aux romans d’horreurs….

Bref, on est en présence d’un joyeux foutoir, peut être pas forcément maitrisé de bout en bout, mais qui reste fort sympathique….

Bienvenue dans le Londres de 1810.

Nous sommes en Californie en 1983. Le professeur Brendan Doyle, reconnu pour ses biographies de poètes anglais du début du 19ème siècle, est contacté par le milliardaire J. Cochran Darrow qui lui propose, à prix d’or, de tenir une conférence à Londres sur Samuel Taylor Coleridge, célèbre poète britannique dont il a écrit une biographie des plus détaillées.

En se rendant à Londres, Brendan Doyle ne pensait pas qu’il servirait en réalité de guide touristique à des clients fortunés, lesquels ont dépensé une petite fortune pour voyager dans le temps afin de se rendre à Londres en 1810 pour assister à une conférence dudit Coleridge.

Toutefois, si le saut dans le temps et la conférence se passent sans encombre, Doyle se fait kidnapper avant de pouvoir retourner en 1983.

Ce dernier arrivant toutefois à s’extraire des ses ravisseurs se retrouve seul dans ce Londres de 1810 si inhospitalier. Il se voit ainsi contrait de rejoindre une des deux bandes de mendiants qui sévissent dans les bas fonds londoniens.

Au fur et à mesure de ses pérégrinations Doyle apprendra que ses kidnappeurs sont en réalité à la solde d’un puissant magicien lequel complote contre l’Angleterre pour la grandeur de l’Égypte…

Il devra ainsi lutter contre ces individus, mais se rendra compte également que son employeur, le milliardaire Darrow, est revenu en 1810 et semble s’y être installé définitivement…

Toutefois, Doyle étant un spécialiste de cette époque, il bénéficiera de quelques avantages et informations sur ses adversaires, mais aura également l’occasion de rencontrer les illustres auteurs qu’il avait étudié sa vie durant (Lord Byron et Samuel Taylor Coleridge)… Il cherche également à rencontrer Ashbless le poète dont il avait retracé toute la vie dans un de ses ouvrages…

Si Doyle avait pour projet initial de trouver un moyen de retourner en 1983, il devra rapidement délaisser son objectif premier pour se concentrer sur sa survie, d’autant plus que des bruits font état de la présence d’un loup-garou dans les rue Londoniennes.

Une histoire efficace mais traitée inégalement.

Comme vous avez pu le constater dans mon résumé, Powers nous décrit une histoire se plaçant dans un monde réel dans lequel il introduit de grosses doses de fantasy et de science-fiction, et nous livre ici une uchronie des plus originales.

Si ce mélange peut, à première vue, paraître assez étrange, il en ressort une lecture rafraichissante, riche en intrigues et rebondissements et dont le rythme est très soutenu.

Concernant les intrigues, elles sont relativement bien menées, et des faits qui sont soit incompréhensibles soit à première vu sans importance, trouvent généralement une signification importantes quelques centaines de pages plus loin.

Powers dénoue ainsi parfaitement toutes ses intrigues et sous-intrigues et nous offre donc un récit complet, cohérent, ne laissant pas le lecteur sur sa fin.

Toutefois, on pourra reprocher tout de même que le héros de l’histoire, Doyle, se sort très / trop facilement de tous les ennuis et situations périlleuses dans lesquels il se trouve.

D’autant plus que les scènes d’action ne sont pas le fort de l’auteur, je les ai trouvé dans l’ensemble assez brouillonnes, voir incompréhensibles pour certaines d’entre elles… Dommage.

Powers nous présente par contre une belle galerie de personnages, dont certains complètement barrés et clairement jouissifs… J’ai réellement beaucoup apprécié la première partie du livre se passant dans les bas fonds londoniens où se retrouvent de nombreux mendiants présentant des profils tous différents…

Les méchants de l’histoire sont de leur côté à la limite de la caricature, mais reste tout de même réussis et franchement effrayant, notamment le clown monté sur échasse Horrabin (assez proche physiquement du « Ca » de Stephen King), chef des mendiants à la solde des sorciers égyptiens, lequel est de surcroit spécialiste en mutilations et opérations chirurgicales sur ses sujets allant jusqu’à leur donner l’apparence de véritables monstres.

Toutefois, il est presque dommage que pendant une centaine de pages l’auteur s’extirpe de ce Londres de 1810 et nous éloigne ainsi de cette ambiance ci soigneusement mise en place. Si cette partie du récit est basée principalement sur de l’action pure, je trouve qu’elle casse un peu trop le rythme du roman.

Concernant la magie présente dans cette uchronie, l’auteur ne s’embarrasse pas à la rendre crédible, les magiciens égyptiens ayant plutôt tendance à louper leur rituels qu’à les réussir…

Enfin, en ce qui concerne les voyages dans le temps, le récit est relativement cohérent sur ce point, même si il perdure à la fin comme un paradoxe qui n’aurait pas été traité mais qui finalement s’explique à condition de faire une petite recherche sur le personnage de Ashbless

Power nous offre ici une uchronie plaisante et très rythmée soutenue par une galerie de personnages riches en couleurs. Tous les petits défauts de cet ouvrage se font finalement vite oubliés tant on est aspiré par les aventures de Doyle dans ce Londres victorien.

Et vous qu’en avez vous pensez ? Est-ce que les petits défauts de cet ouvrage vous ont empêché de rentrer complètement dans l’aventure? Savez-vous pourquoi ce livre est souvent assimilé à du Steampunk ?

3 commentaires »

  1. Kameyoko 10/06/2011 at 15:22 -

    Le style steampunk (tel que je le coinçois du moins) ne m’attire pas spécialement. Tout ce qui est un peu victorien ne me fait pas rêver.

    Mais dans ta critique, les voyages dans les temps, les loups-garous donnent quand même un peu envie.

    A voir donc.

  2. Toros 10/06/2011 at 20:14 -

    Bah justement j’ai pas trouvé le steampunk là dedans (par contre c’est un style, enfin un esthétique qui m’attire…)

    C’est plus une sorte de scénario de bon petit film d’aventure des années 80… rythmé, un peu abusé, mais toujours sympa !

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