. Les enfants de la baleine – tomes 1 et 2 de Abi Umeda | Fant'asie
Kameyoko 21/03/2016 0
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  • Graphisme

Les enfants de la baleine - tome 1

 

Les enfants de la Baleine – tomes 1 et 2 de Abi Umeda

Vie à bord du vaisseau la Baleine de Glaise

Les enfants de la Baleine (Kujira no Kora wa Sajou ni Utau en VO) a la particularité d’être un shôjô au Japon mais classé en France comme un seinen. Mais c’est surtout un titre qui peut toucher tout le monde car il lorgne aussi du côté du shônen. Au final cette classification seinen est ce qui lui convient probablement le mieux.

Mais que se cache-t-il derrière cette couverture toute en poésie et ce titre énigmatique ?

Les enfants de la baleine – tomes 1 et 2 de Abi Umeda sont édités par Glénat et sont disponibles à la vente respectivement depuis le 06 janvier et 20 janvier 2016.

Résumé des Enfants de la Baleine 1 et 2 chez Glénat

Résumé du tome 1 par l’éditeur :

Dans un monde où tout n’est plus que sable, un gigantesque vaisseau vogue à la surface d’un océan de dunes. Il abrite des hommes et des femmes capables pour beaucoup de manipuler le saimia, un pouvoir surnaturel qu’ils tirent de leurs émotions. Ce don les condamne cependant à une mort précoce.
À bord de la “Baleine de glaise”, ils vivent leur courte vie coupés du reste du monde.
Jusqu’au jour où, sur un vaisseau à la dérive, le jeune Chakuro fait une étrange rencontre…

Résumé du tome 2 par l’éditeur :

Les enfants de la “Baleine de glaise”, gigantesque vaisseau prisonnier des sables, rêvent du monde par-delà les dunes.
Certains par curiosité, comme Chakuro, jeune scribe du navire.
D’autres par impatience, comme Ohni, leader d’une bande de délinquants.
Ils n’ont qu’une trentaine d’années à vivre et une terrible soif d’espoir, loin d’imaginer quel péril les attend, prêt à surgir des confins du désert…

Périls sur la mer de sable

Les enfants de la baleine nous plonge dans une sorte de monde post-apocalyptique qui ne ressemble plus qu’à une énorme étendue de sable. La Baleine des glaises est un navire voguant sur cette étendue et abritant plusieurs centaines de personnes. C’est une véritable ville sur un vaisseau.
Les habitants sont divisés en deux catégories : marqués et non marqués. Les marqués ont ainsi le pouvoir du saimia. Mais en contrepartie ils ont une vie courte, dépassant rarement les trente ans.
L’histoire suit le jeune Chakuro, un marqué, qui est le scribe du vaisseau. Son rôle est de consigner la vie à bord.

Le premier tome se veut assez descriptif en nous plantant le décor et le contexte. On suit Chakuro déambuler dans cette ville sur un vaisseau et nous introduire des personnages qui auront de l’importance ensuite comme Suoh, Ohni, Samy… La mangaka nous explique un peu tout du fonctionnement du vaisseau, ses lois, la gouvernance mise en place, le saimia et différents points spécifiques à ce monde. On comprend assez vite que les habitants de la Baleine de Glaise vivent en autonomie, sans contact avec l’extérieur et ont mis en place toute une structure pour survivre.

Les enfants de la baleine - tome 2jpgCette plongée dans ce monde imaginaire est immersive et a un côté envoûtant. La mangaka arrive parfaitement à donner vie à ce monde, à le rendre crédible et cohérent, tout en disséminant plein de mystères, comme ce qui se passe à l’extérieur et l’histoire de ce vaisseau. Il y a une mise en place contemplative, avec un rythme posé mais pas lent, ni ennuyant. Cette mise en place est pleine de charme et de poésie. Cela vient du fait que le personnage est un scribe. Tout le manga est construit comme une sorte de journal de bord. D’où une narration adaptée.
De nombreux thèmes sont abordés et avec un fort potentiel : la dimension écologique, l’importance des sentiments ou au contraire d’en ressentir, l’ouverture à l’extérieur et la vie quand on sait qu’elle est courte…

Mais tout va être remis en question quand Chakuro, sur une mystérieuse île, va faire la connaissance d’une jeune femme : Lycos. Il s’agit de leur premier contact avec l’extérieur. Et cette « découverte » va chambouler le quotidien de ce peuple.

A partir de ce moment, le récit s’emballe et perd l’aspect descriptif et contemplatif pour rentrer de plein pied dans une dimension plus dure et plus dramatique.

Sans trop spoiler, le tome 2 poursuit sur la révélation du tome 1 et nous plonge en plein dans les conséquences. Le ton se veut plus mâture et violent cassant l’image idyllique de ce monde. Il y a une vraie rupture avec la première partie mais qui apporte un vrai plus, une vrai dimension au tout. La lecture n’en devient que plus addictive, tant tout s’enchaîne avec brio et tant les mystères et révélations pleuvent. Tous les rebondissements semblent maîtrisés et ont un vrai impact sur les personnages. Ces derniers gagnent en consistance et en intérêt. Ainsi les Suoh, Lycos ou autre Ohni n’en deviennent que plus profond.

Tout ces bouleversements font également grandement avancer l’intrigue puisque de nombreuses informations sont délivrées sur la Baleine de Glaise et ses habitants, mais aussi sur la situation du monde extérieur. Si ce deuxième volet est plus orienté shônen il ne perd pas en qualité et n’en devient que plus haletant. Il ne confirme donc pas seulement les espoirs du premier, il nous renforce dans l’impression de qualité de ce titre.

Graphiquement, le trait léger, presque aérien d’Abi Umeda donne un côté féerique au récit. Surtout qu’elle détaille beaucoup ses planches. Les décors sont ainsi beaucoup travaillés aidant à s’immerger dans ce monde qui parait crédible. On rentre facilement dans son univers plein de charme. Certaines planches sont d’une réelle beauté, pleines d’onirisime et de poésie. Il y a notamment des doubles pages magnifiques.
Et bizarrement, la mangaka se montre tout aussi à l’aise quand le rythme est posé que dans des moments plus intenses qui font plus la part belle au dynamisme. Son découpage astucieux lui permet de se poser et d’installer son ambiance, mais elle sait augmenter le rythme et l’intensité quand il faut.

Pour conclure, Les enfants de la baleine – tomes 1 et 2 de Abi Umeda est un seinen surprenant qui ne cesse de nous éblouir. Si le premier tome laissait une très bonne impression avec un superbe cliffhanger, la suite ne fait que confirme le bien que l’on pouvait penser de ce titre. D’abord contemplatif puis rythmé et plus dramatique, ce seinen nous embarque sans difficulté dans un récit plein de maîtrise et d’intérêt. Le cadre de l’histoire, les personnages, les mystères et révélations sont superbement décrits et sont maîtrisés. Plus on avance plus le récit prend de l’ampleur. Le récit en est presque hypnotique tant tout va dans le bon sens. Parce que même quand l’action prend place c’est pour mieux servir le développement des personnages. En plus graphiquement, le trait subtile d’Umeda dégage un vrai charme.

Vraiment une des belles surprises de 2016 ! Espérons que la suite suive la voie tracée par ces deux volumes.
Et vous qu’en avez-vous pensé ? Est-ce aussi un coup de coeur pour vous ?

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