. Légende- David Gemmel | Fant'asie
JFK 03/05/2010 5

Légende de David Gemmel

Du rififi à Dros Delnoch

Après quelques présentations assez sanglantes où les pseudo-héros de comics font concurrence aux zombies adeptes du gore, voici un petit détour bienvenu dans le monde poétique et merveilleux de la Fantasy… ah ben en fait non. Fantasy il y aura, mais pour les petites fleurs et les bulles de savon il faudra encore attendre. En effet, voici aujourd’hui une œuvre plutôt violente, à savoir Légende de David Gemmel. Voué à un culte chez nos amis anglophones, Légende s’intègre dans le bien nommé Cycle de Drenai. Mais pensé comme tel à l’origine, ce livre peut tout à fait être lu en one-shot (ce que j’ai fait par ailleurs…). Êtes-vous donc prêts à enfiler l’armure pour mourir héroïquement en défendant Dros Delnoch ?

Un combat désespéré

Légende raconte l’histoire d’une bataille et d’une défense sans espoir, celle de la forteresse de Dros Delnoch. Unifiées sous les ordres du seigneur de guerre Ulric, les tribus Nadir revendiquent le contrôle de l’Empire Drenai. Rien ne peut arrêter l’avancée des gigantesques troupes si ce n’est la forteresse de Dros Delnoch. Constituée e 6 murs successifs, elle bloque l’entrée de l’Empire en fermant l’unique accès, entre 2 montagnes. Il faut tenir 3 mois, que l’armée impériale vienne prêter mains forte aux défenseurs. Mais jamais ils ne tiendront si longtemps, malgré l’arrivée de quelques renforts inattendus.
Regnak (ou Rek), était un ancien officier de l’armée. Mais la peur de mourir l’a fait démissionner et il ère maintenant en cherchant à éviter le danger. Lors de son errance, dans la forêt, il rencontre la belle Virae, fille du comte de Delnoch. Rek tombe amoureux d’elle et accepte l’impensable : se rendre à la forteresse et y mourir, par amour pour Virae. Ils seront rejoints par la légion Drenai, une troupe d’archers-brigands et par les Trente. Commandés par le sage Serbitar, ces prêtres-guerriers viennent prêter mains forte aux défenseurs par leur force au combat, leur stratégie, mais aussi par plusieurs capacités obscures, proches de la magie ou de la sorcellerie. Ce combat désespéré constituera l’aboutissement de leur quête, ils mourront pour cette cause.
Enfin, les défenseurs pourront compter sur l’aide de Druss. Véritable légende, Druss s’était retiré depuis des années dans les montagnes afin de vieillir à l’abri du regard des hommes. Mais la mort elle-même lui enjoint de rejoindre Dros Delnoch et de livrer un dernier combat. Et malgré son âge et son image vieillie, sa légende n’est pas usurpée. Armé de sa hache à deux mains, il devra apprendre aux défenseurs, des paysans pour la plupart, à se battre et à bien se battre surtout.
L’angoisse monte, la marrée humaine des troupes ennemies arrive. Toutes et tous feront tout pour que la forteresse tienne le plus longtemps possible, plus par honneur qu’avec l’espoir de voir les renforts arriver. La bataille commence…

Du réalisme et de la violence

Sceptique au départ, j’ai lu ce livre suite aux très bonnes critiques que l’on trouve ça et là sur le net. Au final, disons-le d’emblée, Légende est un bon livre. J’appréhendais un peu le côté brutal et guerrier du livre. Il est vrai qu’on retrouve plusieurs scènes violentes, de la boucherie, du sang, limite du gore. Mais il n’y a de loin pas que cela. Gemmel arrive très bien à nous faire vivre l’angoisse des défenseurs, leurs peurs, le fait que la plupart ne sont que de simples paysans qui pensent à leur famille. Tout se lit assez facilement, il n’y a pas de découpages abrupts dans le récit.
Il faut le reconnaître, l’histoire n’est en elle-même pas très originale : une immense armée va attaquer une forteresse dans un combat sans espoir pour les défenseurs. Mais malgré cela, on se laisse emporter par le récit. Dès le départ, on sait que la bataille est perdue. C’est un peu le gouffre de Helm sur tout un livre, mais avec l’absence de Gandalf venant arranger la situation. Gemmel fait preuve d’un froid réalisme en décrivant la bataille. Et la bataille dure, encore et encore. Mur après mur, les attaquants donnent l’assaut. Mais il n’y a pas de lassitude. Bien au contraire… Que ce soit les moines guerriers, les paysans ou encore les personnages principaux, tous luttent avec une motivation différente, mais aussi tous sont parcourus de sentiments très variés. Entre ceux qui espèrent sauver leur peau, les hommes désespérés et la furie des assaillants, Gemmel nous offre un bel éventail de sentiments. Bien entendu, peu de place ici pour les sentiments plus doux comme l’amour et l’espoir, mais le récit gagne en puissance et dépasse le simple cadre de la baston. Et surtout, la terreur de la guerre est bien plus proche des tranchées que des belles envolées lyriques avec des hommes pleins de courage et d’ardeur au combat.
Malgré tout, Légende n’est pas un chef d’œuvre pour autant. On réfléchit sur le combat, bien que son origine n’occupe pas Gemmel « philosophiquement ». En effet, plutôt que de se demander pourquoi on se bat, il montre comment on le fait et quel est le prix à payer. Avis tout à fait personnel, mais j’aurais aimé qu’il aille un peu plus loin. Le réalisme froid de Légende lui empêche également d’être parcouru du souffle épique que l’on retrouve souvent en Fantasy. Je ne le critique pas, bien au contraire, mais il est vrai que la lecture n’est pas forcément très joyeuse ou exaltante de part ce point de vue. On peut penser que toute cette histoire sonne creux par moments, l’intrigue demeurant simple. Et sinon, je ne sais pas vraiment comment l’expliquer, mais même si j’ai apprécié cette lecture, je ne la trouve pas géniale pour autant. Certains fans lui vouent un culte dans le milieu anglo-saxon et il s’agit vraiment d’un incontournable de la Fantasy. Peut-être est-ce culturel, mais on ne retrouve pas ici la même admiration, pour ne pas dire idolâtrie et je pense que c’est justifié.
Bref, Légende constitue une bonne lecture, un moment pas toujours agréable (de la violence froide et réaliste) et véritablement un récit assez fort. Je ne classe néanmoins pas ce livre dans la catégorie des chefs-d’œuvre.

Et vous, les jeunes, qu’en avez-vous pensé ? Est-ce que vous êtes sensibles à la plume de David Gemmel?

5 commentaires »

  1. nonobod 03/05/2010 at 16:03 -

    j’avais adoré ce bouquin ! merci pour la chronique. j’attends les autres depuis plus d’un an en format poche chez Milady :o(

  2. JFK 05/05/2010 at 11:05 -

    Oui les versions poches tardent. Et pour Légende, j’ai bien l’impression que pendant plusieurs années on n’avait que le grand format.

  3. ely 12/05/2010 at 13:32 -

    Je viens de découvrir ton site très intéressant!! Je n’ai pas pu m’empêcher de laisser un petit commentaire quand j’ai vu l’article sur le roman de David Gemmell… Je me suis mis a le lire ces derniers mois après avoir entendu beaucoup d’éloges sur ses livres et je suis entièrement d’accord sur ta critique: Légende (et le cycle Drénaï en général) n’est pas a classer dans la catégorie chef-d’œuvres mais est agréable à lire, chacun des tomes peuvent être lus de manières indépendantes et j’ai particulièrement apprécié les 3 Waylanders…Mais, j’ai quand même préféré le cycle Rigantes de Gemmell et sa trilogie « Troie » même si on a toujours le coté « brutal », cela ne me déplait pas forcément 😈 .

  4. JFK 14/05/2010 at 09:40 -

    Je n’ai pas lu « Troie » mais j’ai parfois entendu que c’était sa meilleure trilogie.

    Quant au site, c’est Kameyoko qu’il faut féliciter. 😉

  5. hane-san 26/09/2010 at 18:32 -

    Avec deux « L » Gemmell s’il vous plaît. 😉

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