. Le voyage de Ryu – tome 2 | Fant'asie
Kameyoko 24/06/2011 0

Le voyage de Ryu - tome 2 de Shôtarô Ishinamori

Le voyage de Ryu – tome 2 de Shôtarô Ishinomori

Voyage vers la civilisation

Le voyage de Ryu est un titre de la collection Vintage, et pour cause puisqu’il date de 1971. Même si son coté ancien saute aux yeux (notamment graphiquement), le premier volume nous a montré que ce manga n’a pas perdu de sa superbe en quarante ans.
Son scénario, ses thèmes sur le post-apocalyptique, la survie, la menace nucléaire, tellement ancrés dans l’époque de son écriture, font que ce titre est un manga intemporel et qui mérite d’être lu.

Les aventures de Ryu, God, Maria et les autres vont se poursuivre dans ce deuxième opus et vont les mener à différents dangers et menaces.

Le voyage de Ryu – tome 2 de Shôtarô Ishinomori est édité par Glénat et est disponible à la vente depuis le 16 mars 2011

Résumé du Voyage de Ryu 2 chez Glénat

Résumé de l’éditeur :


Installé dans le village de God, Ryu vit en communauté avec les autres humains “normaux”. Mais, lorsque tous les villageois disparaissent, Ryu et ses compagnons n’ont d’autre choix que l’exil, avec un long et pénible voyage à travers le désert. Lorsqu’ils arrivent enfin à une cité à même de les accueillir, c’est pour découvrir qu’elle expulse avec acharnement toute forme de vie…
Comment Ryu poursuivra-t-il sa quête sur le sens de la vie et de l’existence humaine ?

La menace technologique

Dans ce tome nous continuons de suivre les aventures de Ryu sur cette Terre qu’il ne reconnait plus et pleine de dangers.

Alors qu’il est installé dans un village à priori paisible avec Maria, God, Cyclope, Kiki et les autres, les choses vont prendre une tournure inattendue.

Les habitants (hormis les jeunes enfants et les vieillards) vont tous, au même moment et de la même façon, répondant à un étrange appel, se mettre en mouvement, comme hypnotisé ou comme manipulé par un marionnettiste. Ils vont disparaitre dans une tour, au pied de laquelle se trouve des ossements humains. Malgré ses efforts, Ryu ne pourra les sauver.

Après ça, accompagné des enfants, ils vont partir chercher une civilisation et pour cela ils vont braver de multiples dangers. Et finalement, ils vont trouver une ville, mais qui est trop parfaite.

Comme dans le précédent tome, ce deuxième volet met bien en avant les craintes de l’époque et les grandes interrogations. Ainsi, on retrouve la peur des robots et de la technologie et la « non-suprématie des humains ». Pour illustrer ces deux thématiques fondatrices d’une certaine SF, le mangaka va procéder à une véritable hécatombe. Les autres humains (hors principaux protagonistes) vont prendre cher. Leur nombre va se réduire comme une peau de chagrin.

Les dangers rencontrés sont nombreux entre une sorte de panthères mangeuse d’homme, des êtres vivants étrangleurs ressemblant à des sacs plastiques ou encore des robots tueurs, Ryu aura de quoi faire.

Mais la partie la plus importante concerne une ville trouvée, ressemblant à ce que Ryu recherche. Sauf que cette dernière est tenue par des robots, un peu trafiqués, ne répondant plus aux trois lois de la robotique, et qui ont décidé d’éliminer tout déchet (l’homme étant considéré comme un déchet).

Ce tome met à mal Ryu et sa volonté de sauver tout le monde, de trouver de la civilisation et les humains qui vont avec. Il aura beau se battre, tout faire pour accomplir son objectif, il va petit à petit se rendre compte qu’il doit faire un trait sur les vestiges de son passé. L’être humain a évolué, la nature aussi. L’homme n’est plus au sommet de la chaîne alimentaire. Il ne domine plus et est au même niveau que d’autres espèces. Sa survie est menacée et il va devoir se battre pour survivre.

Même si l’effet de surprise est passé il faut avouer que la lecture du voyage de Ryu reste passionnante. L’accent est peut-être plus mis sur l’action et cette ville de robots et moins sur les causes du changement de la planète et sur des réflexions et thématiques entrevues dans le premier volume.

Néanmoins le tout est rythmé, intelligent et délicieusement vintage. On sent bien le désarroi qui habite Ryu, sa volonté de trouver des repères, des restes de son ancienne vie, de croire qu’il pourra retrouver un semblant d’humanité telle qu’il la connaissait, tout en se disant que tout a fondamentalement changé.
On perçoit bien qu’il est désorienté, qu’il ne sait pas trop quoi faire et qu’il est impuissant à sauver tout le monde.
Son personnage prend plus de consistance et de profondeur. God aussi a le droit un développement sensible. Ce personnage devient de plus en plus intéressant. Ses réflexions, son expérience et son passé, sa relation avec Ryu en font un personnage fort et charismatique.

En revanche, les autres comme Maria ou Jimmy sont clairement laissés de coté. On les voit très peu.

Graphiquement, le trait de Shôtarô Ishinomori est quand même très agréable. Les décors sont souvent de toute beauté, et il nous livre des planches superbes. Son découpage est dynamique et il se montre imaginatif. Les personnages sont plutôt bien réalisés et expressifs, tout en étant clairement vintage. Ils ont vraiment un charadesign représentatif de l’époque et font parfois un peu figé.

Le coté vintage se retrouve aussi dans certains design d’objets, de robots ou de bâtiments. Ça fait SF à l’ancienne. Mais au final c’est plutôt agréable, ça donne du cachet à ce titre.

On retrouve cet aspect oldschool, dans certains rebondissements qui nous paraissent maintenant classiques. Une sorte de fondations du genre sur lesquelles se sont appuyés les mangakas futures. Pourtant ça marche encore très bien.

Pour conclure, le Voyage de Ryu est un excellent titre Vintage, qui ne peut renier sa filiation, tant on retrouve des éléments propres à cette époque. Pourtant graphiquement et scénaristiquement, le titre a très bien vieilli. Cette SF à l’ancienne, pleine de thématiques fortes est passionnante et plein d’action.

Même si ce tome est peut-être moins profond que le premier, il donne envie de connaitre la suite du voyage de Ryu et de ses amis.

Je suis content que Glénat nous propose ce titre, aussi bien pour son coté « grand classique », que tout simplement pour son histoire qui mérite d’être lue.

Et vous qu’avez-vous pensé de ce tome ? Ressentez-vous le coté rétro ? Aimez cette SF à l’ancienne ?

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