. Le Tunnel par Junji Ito | Fant'asie
Bagooor 27/05/2013 0
  • Scénario
  • Graphisme

Le Tunnel par Junji Ito

Le maitre de l’horreur

Junji Ito est un auteur particulièrement apprécié par Tonkam.
La très grande majorité des titres qu’il a réalisé ont été publiés chez eux et Le Tunnel vient donc compléter cette bibliographie presque complète.

Après plus d’une dizaine de titres parus chez Tonkam, je me suis dit qu’il était temps de lire au moins une oeuvre de cet auteur, afin de voir ce dont il était capable. Je me suis donc tourné vers la dernière publication le concernant, Le Tunnel, un one-shot reprenant des récits assez datés.

Mon choix ne s’est peut-être pas porté sur le meilleur récit de Junji Ito, mais je me suis surtout tourné vers l’actualité et sa dernière publication en France. Reste à voir si mon choix a été bon.

Résumé de l’oeuvre

Vous tenez entre vos mains, un terrifiant recueil de petits chefs-d’œuvre à vous glacer le sang… Vous souhaitez sentir un frisson d’horreur pour parcourir, n’attendez plus et commencez votre lecture !

Résumé de l’éditeur

Pour tous les goûts

Ce one-shot est composé de 5 histoires indépendantes, datant des débuts de l’auteur. Parus entre 1995 et 1997, les 5 récits proposent des histoires mêlant horreur et fiction, le tout dans une atmosphère plutôt oppressante.

Le premier récit a pour thème les rêves. Pas de la manière dont on peut l’imaginer, plus plutôt sur la durée des rêves. Que se passerait-il si par exemple nos rêves durant de plus en plus longtemps ? Si en un rêve de quelques minutes, nous vivions des aventures sur plusieurs années ?
L’idée est intéressante mais je la trouve malheureusement pas assez exploitée. Le temps de mettre en place le décor et de donner quelques explications, le chapitre se conclut en laissant le lecteur sur sa faim.

La seconde histoire est celle qui a donné son nom à ce one-shot. Il est cette fois-ci question de personnes qui disparaissent, en entrant dans un ancien tunnel qui était avant dédié à une ligne de chemin de fer.

Cette histoire est celle que j’ai préférée dans celles qui étaient proposé dans ce tome car l’idée n’était pas complètement tirée par les cheveux et que malgré quelques passages un peu sanglant, cela restait une histoire d’esprits. L’histoire est bien conçue, avec une montée constante de la tension tout au long de la lecture.

L’intrigue sur la statue de bronze est plus proche d’une intrigue gore que d’un récit d’épouvante. Cela pourrait d’ailleurs se rapprocher du film La Maison de Cire, au vue de l’histoire qui y est développée.

Au contraire de la précédente histoire, où la tension montait progressivement, dans celle-ci il n’y a qu’un enchaînement de passage gore, avec des méthodes plutôt douloureuses.

Du coup en terminant ce récit, il nous laisse un sentiment anecdotique. L’horreur n’est pas vraiment présente, si ce n’est la violence des personnages et de leurs idées.

Le 4ème récit aborde les pensées des personnages, avec une évolution classique, sans pour autant que toutes les réponses ne nous soient données. On ne sait pas du tout comment ces étranges boules noires poilues sont apparues, ni pourquoi elle exprime les pensées secrètes de certaines personnes.

Ce récit n’éveille en rien une peur ou une terreur de quoi que ce soit, car aucune explication n’est donnée et rien ne peut surprendre. Néanmoins, le récit se lit très bien, sans lancer de pistes inutiles ou d’idées qui ne seront pas utilisées. C’est anecdotique, mais bien construit.

Le dernier récit envoi le personnage principal dans un village retiré, où tous les habitants présentent des mines très pâles et font des hémorragies sans raisons apparentes.

Comme pour la première histoire, nous suivrons ce docteur qui découvre petit à petit le village dans lequel il vient d’arriver, jusqu’à l’origine du problème.

L’histoire se laisse lire, sans pour autant amener beaucoup d’explications. Mais elle reste appréciable à découvrir.

Le dessin de l’auteur date un petit peu mais il semble néanmoins toujours être d’actualité. On ressent bien, pour les récits d’horreur, la tension et l’atmosphère lourde qui doit s’en dégager. Le trait est tout de même aidé par une impression très sombre, sur papier blanc.

Ces 5 récits sont proposés dans un format plus grand que la moyenne, proche des formats Deluxe. Le tome propose également une couverture cartonnée sans jaquette, avec une sur-couche phosphorescente sur le recto et le verso.

Tout cela donne un petit plus au volume, malgré une illustration un peu vieillotte (mais qui correspond au style de l’auteur).

J’ai lu ce tome en plusieurs fois, espaçant à chaque fois mes lectures de plusieurs jours. C’est sûr qu’il est plus facile d’apprécier les intrigues une par une, bien que le principal défaut de Junji Ito soit souvent de ne pas donner d’explications.

Il est vrai qu’en expliquant le pourquoi du comment, les récits perdraient de leur intrigue, mais je suis très souvent resté sur ma faim en arrivant sur les dernières pages des histoires. Il se passe toujours quelque chose, mais cela manque d’informations sur l’origine du malheur.

Du coup, le second récit, qui a donné son nom au volume, reste selon moi le plus réussit. La tension monte progressivement au fil des tomes, avec néanmoins assez d’explications pour maintenir le tout assez ‘réel’. Ce n’est bien sûr pas la réalité, mais c’est sans doute l’intrigue la moins tirée par les cheveux, qui s’apprécie le plus du fait des quelques informations données au lecteur.

Globalement, mis à part une petite déception quant aux déroulements des histoires, la lecture de ce titre de Junji Ito est restée intéressant. Je n’ai pas spécialement accroché à toutes ces intrigues, où l’horreur n’était pas toujours très présente, mais cela m’a permis de découvrir l’auteur. Je verrais si je tente le coup avec un récit un peu plus long de l’auteur. Peut-être que ces publications plus récentes sont également mieux gérées.

Êtes-vous amateurs d’horreur ? Lisez-vous les mangas de Junji Ito ?

Laisser un commentaire »