. Le dernier des Templiers – tome 1 : La prophétie | Fant'asie
Kameyoko 27/07/2010 4

Le Dernier des Templiers - tome 1 : La Prophétie

Le dernier des Templiers – tome 1 : La prophétie de Brian J.L Glass et Michael Avon Oeming

Un souris rêvant de devenir un templier

Le dernier des Templiers est un comic qui commence à dater maintenant, puisque il est sorti en octobre 2009. Il édité par Milady Graphics. Ce n’est pas une nouveauté, mais il n’y a pas de mal à présenter une œuvre qui en vaut le coup.

Oui, car ce titre est vraiment exceptionnel, et doit faire partie de la bibliothèque de tout amateur de comic et plus généralement du neuvième art.

Nous suivrons les aventures d’une petite souris qui rêve de devenir un Templier. Il va devoir s’armer de courage et accomplir sa quête pour lutter contre la tyrannie et la perfidie. Le tout sur un fond d’heroic-fantasy comme je les aime.

Résumé de « Le dernier Templier » 1 chez Milady Graphics

Karic est un jeune souriceau qui rêve de l’ancien temps, où les Templiers assuraient la paix. Mais ce temps-là est depuis longtemps révolu. Le royaume est aux mains d’un traître qui fait régner mensonges, perfidie et traîtrise.
Il doit donc se contenter des histoires racontées par Leito dans la forge de maître Deishun.

Un soir, le forgeron recevra la visite d’une ancienne connaissance : Pilote.

Mais un jour le village de Karic, Valcriquet est attaqué par une horde de rats. Le village essaie de se défendre tant bien que mal, mais la supériorité de leur adversaire est écrasante. Sa mère et sa sœur sont enlevées et son frère Leito grièvement blessé. Même, l’ancien templier Deishun est tombé.

Une vision, peut-être une prophétie lui annonce que pour retrouver sa famille il doit devenir un Templier. Pour cela il deviendra l’écuyer de Pilote, un homme (ou plutôt une souris) bien mystérieux.

Il doit accomplir sa destinée pleine de dangers mais aussi de mensonges, de manipulation et de trahison.

Une épopée de fantasy en comic

Planche dernier des templiers 1

Le Dernier des templiers, connu en VO sous le nom de Mice Templar est un comic très axé fantasy de Brian J.L Glass, au scénario, et Michael Avon Oeming au dessin et qui a aussi eu l’idée originale.

Bien que salué par la critique, je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce comic. Le coté fantasy ne pouvait que me ravir. Mais j’avais peur que le fait de représenter les héros sous forme de souris signifie un titre très orienté jeune public. En plus, le synopsis ne semble rien proposer d’innovant : un jeune héros qui embrasse sa destinée pour lutter dans une période sombre, retrouver sa famille et combattre un roi illégitime.

Je me suis trompé et tant mieux. J’aime me tromper ainsi! Ce comic est tout simplement excellent, superbe et profond. Tout ce que j’aime.

Alors certes, nous avons bien à faire à quête d’heroic-fantasy d’un « élu » qui va embrasser son destin et suivre la prophétie, digne des meilleurs série de fantasy.

De fait, on ressent bien toutes les influences : mythologie et légendes, mais aussi des influences plus culturelles comme l’inévitable Seigneur des Anneaux (de par le discours : même le plus insignifiant des êtres peut changer le monde) ou encore Star Wars.

Tout cela crée un monde riche, détaillé, cohérent et crédible, qui fonctionne selon certaines règles. Ainsi les souris ont pour Dieu des Araignées, des Chats, des Grenouilles, des poissons…
Il y a aussi un véritable background politique, géographique, militaire, religieux et culturel. Chaque race a un fonctionnement, un comportement, des traits de caractères et des croyances différents. C’est cette diversité qui fait la richesse du monde dépeint par les auteurs.

Avec les bonus de fin de tome, nombreux et intéressants, on se rend bien compte à quel point le monde du Dernier des Templiers a été travaillé.

Le scénario est très bien ficelé. Même si dans une première partie, on pense assister à une classique, mais efficace, quête initiatique, on se rend compte, que c’est plus que cela. Le scénario mélange habilement quête mais aussi trahison, machinations politiques, et remise en cause des croyances. On se rend compte que l’ordre des templiers et ses membres sont loins d’être si « pieux et chevaleresques » que ce que Karic croyait.

Il y aussi une vraie volonté de créer une histoire retors, où des individus n’hésitent pas à comploter, trahir, manipuler pour arriver à leurs fins.

Bref, le scénario est d’une complexité insoupçonnée et aux enjeux dépassant la simple libération de la famille de Karic ou de devenir Templier ou pas.

Les personnages deviennent vite attachants et profond. A part Karic, les personnages rencontrés sont loin d’être catégorisés de façon manichéenne dans le camp du bien ou du mal. C’est plus complexe que cela.

Le choix d’utiliser le zoomorphisme comme base pour ce comic, peut surprendre au départ, et peut donner un coté enfantin. Mais très rapidement, on n’en oublie qu’on suit les aventures de souris, de rats, de furets ou de hiboux. Malgré cette fausse impression enfantine, il ne faut pas se tromper, le propos est beaucoup plus adultes et les images sont parfois violentes. C’est un comic adulte, avec aucune volonté d’édulcorer le propos pour toucher les plus jeunes.

Le dessin de Michael Avon Oeming est assez particulier, mais donne une personnalité folle au titre. Son style est simple mais très efficace. Il joue beaucoup avec le noir et les jeux d’ombres. Le travail au niveau des souris est plutôt bon. Il arrive à bien leur donner une certaine expressivité reflétant les sentiments du personnage. Par contre, au départ, du fait du zoomorphisme, on peut avoir du mal à reconnaitre les différents personnages. Mais rapidement, se problème s’estompe pour disparaitre totalement.
Il y a vraiment des planches superbes, comme la planche qui se déplie qui est magnifique.

Son trait est souvent comparé à Mike Mignola, ne connaissant pas le travail du papa de Hellboy, je ne me prononcerais pas dessus.

Pour conclure, Le Dernier des Templiers est une excellente surprise, que j’ai adoré. Avec sa thématique fantasy, ses influences, son zoomorphisme, le monde crée par les deux auteurs est passionnant, cohérent et vraiment travaillé. Le scénario, à base de quête initiatique, de politique, de traitrise et de complots est intense et profond avec de nombreux rebondissements.
La qualité graphique est indéniable, mais si elle sort un peu des sentiers battus.

Un comic d’une qualité exceptionnel! En plus l’édition et le travail de Milady est exemplaire, avec notamment des bonus nombreux et intéressants. Le tome est vraiment fourni (en nombre de pages, mais aussi et surtout en terme de qualité) et coûte moins de 15 €.

A ce prix là, il n’y a plus d’excuse pour ne pas découvrir cette œuvre. Un coup de cœur!

Vivement la sortie du tome 2.

Et vous qu’en avez-vous pensez? Partagez-vous mon coup de coeur? Que pensez-vous du choix du zoomorphisme?

4 commentaires »

  1. Alex 27/07/2010 at 18:29 -

    Énorme chef d’œuvre effectivement.
    Concernant le trait d’Oeming, tu trouveras une excellente interview de l’auteur (interview croisée avec Bendis) dans les pages du tome 5 de son autre chef d’œuvre : Powers. Il revient, notamment, sur sa passion pour le travail de Mignola.

  2. Kameyoko 28/07/2010 at 17:42 -

    @Alex : Chef d’oeuvre indubitablement. Dommage qu’il n’ait pas la reconnaissance qu’il mérite.

    Pour Oeming, faut que je m’achète Powers, si je comprend bien 🙂

    Pour avoir regarder quelques planches de Mignola, je trouve quand même les traits distincts, chacun ayant sa personnalité. Par contre l’influence et le style est très comparable à Mignola

  3. darkdave 09/05/2011 at 23:52 -

    Absolute Chef d’oeuvre nous adorons Le Dernier des Templiers plus que jamais.

    dark dave

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