. Lazarus – tome 1 de Greg Rucka et Michael Lark | Fant'asie
Kameyoko 17/09/2015 0
  • Scénario
  • Graphisme

Lazarus - tome 1

Lazarus – tome 1 de Greg Rucka et Michael Lark

La main qui frappe et le bouclier qui protège…

Lors du retour de Glénat sur la scène comic, Lazarus était peut-être le titre le plus vanté par l’éditeur, celui qui servirait de locomotive. Je dois aussi avouer que c’est celui qui m’attirait le plus.
Il faut dire que sur le papier, ce titre a des arguments à faire valoir. Mais voyons dans les faits ce que ça vaut !

Lazarus – tome 1 : Pour la famille de Greg Rucka et Michael Lark est édité par Glénat Comics et est disponible à la vente depuis le 15 avril 2015.

Résumé de Lazarus 1 chez Glénat Comics

Résumé de l’éditeur :

Dans un futur proche et dystopique, les gouvernements ne sont plus que des concepts archaïques : le monde n’est plus divisé par zones géographiques mais par frontières financières. La richesse est synonyme de pouvoir, mais elle n’est l’apanage que d’une poignée de familles qui la conservent jalousement. Le reste de l’humanité peut bien aller au Diable… Dans chaque famille, une personne est élue pour subir un entrainement intensif, et obtenir le meilleur de ce que l’argent et la technologie peuvent offrir. Cette personne est à la fois la main qui frappe et le bouclier qui protège ; le représentant et le gardien de son clan, son… Lazarus ! Dans la famille Carlyle, le Lazarus est une femme, sexy et redoutable, baptisée Forever. Laissée pour morte dans un combat sans merci, Forever ne devra son salut qu’à ses insoupçonnables ressources. Mais est-elle prête à affronter la vérité ? Ceci est son histoire…

Combinant avec une efficacité folle action, ultra-violence et récit d’anticipation, Lazarus est l’une des séries du moment sur le marché US. Un succès tel qu’une adaptation en série TV confiée au producteur de The Amazing Spider-Man 1 & 2 vient d’être signée par la chaîne Legendary TV !

Famille et Machination

Lazarus se passe dans un futur indéterminé où des familles mafieuses se partagent les territoires. Mais leur fonctionnement louche du côté du féodal, puisque chaque membre de la famille est craint et respecté, et les familles ont des serfs et encore plus bas dans l’échelle sociale : des déchets, comme ils appellent ces gens-là.
Et chaque famille possède un membre « amélioré » qui en est le bouclier et le bras armé. On les appelle les Lazare. Forever Carlyle est celui de la puissante famille Carlyle.

Forever est un personnage très mystérieux. On ne sait que peu de choses d’elle et de son amélioration. On sait simplement que c’est une machine de guerre aux capacités physiques extraordinaires et avec un pouvoir régénérant digne de Wolverine. Très rapidement, elle nous est présentée comme un outil pour la famille Carlyle, qui feint de l’aimer. Elle obéit aux ordres. Mais au cours de la lecture, ce chien fidèle, va se poser des questions, soulever certains points. Elle commence à douter de ses actes et de la nature violente de ses missions.
Greg Rucka sème les graines du développement futur, qui la verra, probablement, s’émanciper et prendre ses distance avec les Carlyle.

Au cours de la lecture, on se pose plein de questions sur les Lazares, qui sont-ils, comment ont-ils été modifiés/créés/élevés. Qui est Forever Carlyle ? Plein d’indices potentiels sont disséminés au cours du récit, permettant d’émettre des théories mais tout en laissant planer le mystère. Ce dernier sera encore plus épais quand on fera la connaissance d’un autre Lazare que connait bien Forever.

Le scénariste plante efficacement son décor en donnant suffisamment d’informations pour saisir les spécificités de cette histoire, mais en même temps trop peu afin de donner envie de découvrir la suite. Ce dosage fonctionne bien, même si Forever manque un peu d’âme. Mais cela semble voulu pour bien mettre en avant son aspect pratique de main armé, bien obéissante. Heureusement ses questionnements, certes sporadiques, apportent de la nuance et montre que ce personnage a du potentiel.

Au-delà du personnage de Forever, Greg Rucka s’appuie beaucoup sur le concept de famille. On y voit bien les conflits familiaux, avec ce côté parrain du patriarche. Il y a des disputes, de la jalousie, de l’ambition… Surtout que la fratrie Carlyle est en « guerre » contre d’autres familles du même genre. Les coups bas, les manigences seront donc légion. Il y a donc un côté très Trône de Fer/ Game of Thrones dans le jeu de ces familles. On sent qu’il y a plein de potentiel à exploiter de ce côté là.

Le tout bénéficie d’une narration efficace alternant des phases d’actions, à des moments plus introspectifs où Forever s’interroge sur ses actes et des scènes qui développent l’intrigue par le biais de différentes jeux de pouvoir et d’alliances. On sent que les bases sont posées, mais que la vraie intrigue va commencer dans le tome 2.

Graphiquement, le trait de Michael Lark est efficace, à défaut d’être renversant. Son style a un petit quelque chose de franco-belge, et joue pas mal avec les ombres. Son trait manque parfois d’un peu de précision et de netteté mais il confère au titre un côté sombre, très droit au but. Il n’y a pas de folie visuellement, c’est très axé sur l’efficacité. Ainsi le découpage est propre et va à l’essentiel. Lark ne cherche pas à en mettre plein les yeux, mais à mettre en image simplement et très pragmatiquement le récit. Ce qui, pour le coup, est une bonne idée et correspond bien au caractère des Lazares.
Le dessinateur est également très bon dans les phases d’action. Elles sont fluides, bien découpées puisque qu’on suit bien les différentes phases. Il n’y a pas trop d’ellipses, on ressent donc plus fortement les combats.

Pour conclure, ce Lazarus – tome 1 : Pour la famille de Greg Rucka et Michael Lark était un peu annoncé comme un poids lourd du catalogue de Glénat Comics, et ça pourrait bien être le cas. Dans tous les cas, cette introduction est alléchante et donne envie de lire la suite. Tous les ingrédients sont en place pour offrir une vraie belle série. Entre une héroïne forte, pleine de mystère et en pleine construction d’elle-même, un monde qui ne demande qu’à être développé, une famille avec des intrigues, et autres alliances, plus de la très bonne action, le tout mâtiné de SF, il y a vraiment un potentiel à exploiter.
Ce premier tome n’est pas exempt de reproche comme des personnages et un univers qui manquent encore de développement, pas mal de points à expliciter et une héroïne encore un peu lisse, mais j’ai pris beaucoup de plaisir à la lecture ! Un comic efficace et avec de la matière à creuser !

Vivement le tome 2.

Et vous qu’avez-vous pensé de ce Lazarus ? Y voyez-vous aussi beaucoup de potentiel ?

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