. Last Hero Inuyashiki – tome 2 | Fant'asie
Kameyoko 16/02/2016 2
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  • Graphisme

Last Hero Inuyashiki - tome 2

Last Hero Inuyashiki – tome 2 de Hiroya Oku

L’ennemi de Ichiro Inuyashiki

Voici la suite du seinen Last Hero Inuyashiki qui m’avait énormément plu (au point d’apparaître dans mon Top 5 manga de 2015). L’auteur de Gantz poursuit l’étalage de ce monde et de ses personnages en choisissant de développer plus le deuxième personnage présent lors du crash. Et ce dernier va utiliser ses pouvoirs d’une toute autre manière qu’Ichiro Inuyashiki.

Un même pouvoir, une utilisation bien différente !

Last Hero Inuyashiki – tome 2 de Hiroya Oku est édité par Ki-oon et est disponible à la vente depuis le 12 novembre 2015.

Résumé de Last Hero Inuyashiki 2 chez Ki-oon

Résumé de l’éditeur :

Alors qu’Ichiro Inuyashiki découvre avec horreur ses nouvelles capacités, il surprend une bande de jeunes sur le point de brûler vif un SDF dans un parc. Ni une ni deux, il s’interpose et parvient à sauver le pauvre homme tout en diffusant l’agression sur Internet !
Pour la première fois, l’employé de bureau se rend compte que ses pouvoirs peuvent lui permettre de sauver des vies… tout en donnant un sens à la sienne. Malheureusement, l’adolescent qui se trouvait à côté de lui le jour du crash pourrait bien avoir choisi une voie différente…

Un manichéisme assumé mais…

Le premier tome de Last Hero Inuyashiki m’avait conquis de suite. J’ai beaucoup apprécié comment Hiroya Oku avait posé rapidement les bases de son intrigue et intégrer de la science-fiction à un monde moderne. Le tout en ajoutant quelques critiques de la société japonaise, notamment sur la place des anciens et le comportement des jeunes. Mais ce qui m’avait charmé c’était le choix de prendre comme héros une personne agée et méprisée par tous. Cette originalité faisait toute la différence et ouvrait la voie à des choses très prometteuses.

Mais, dans ce deuxième opus, le mangaka nous prend à revers en délaissant un peu son personnage principal pour nous présenter le jeune Hiro, lui aussi présent sur la colline au moment de l’accident qui leur conféra leur nouveau corps cybernétique. Rapidement, on voit que l’auteur veut en faire la Némésis de Inuyashiki. Et là, la déception l’emporte car si j’avais loué l’originalité de certains choix auparavant, ici, on tombe dans une trame plus classique. Loin d’être dénuée d’intérêt mais nettement plus prévisible. Surtout qu’il utilise de bonnes grosses ficelles pour nous dresser le portrait de ce jeune.
Si on ne savait trop rien de lui, l’essentiel du tome lui sera consacré. Et rapidement, on voit qu’il sera aux antipodes de notre anti-héros. Et plutôt que de le suggérer, ou de nous le montrer de façon indirecte ou tout en insinuation, le mangaka ni va pas avec le dos de la cuillère. Il nous montre frontalement ce dont il est capable. Ainsi pendant de nombreuses pages il va tester ses nouveaux pouvoirs.
Ainsi, sans raison particulière à part le hasard et l’envie de tester ses nouvelles capacités, il va massacrer une famille entière avec froideur et sadisme. Et le l’auteur de Gantz ne va rien nous épargner. Si la violence graphique est bien présente, l’aspect psychologique, jouant sur le sadisme dérange au moins tout autant. Je pense notamment aux tourments qu’il fait vivre à la jeune fille et cette scène difficile du père dans le bain avec son fils.
Evidemment tout cela a pour but de présenter ce personnage en totale opposition à Inuyashiki. Il est présenté comme quelqu’un finalement de posé, froid, sadique et dépourvu d’émotions. Une vrai psychopathe tendance sociopathe.

Il fait froid dans le dos et inspire la crainte. Une vraie Némésis. Mais malheureusement, ce personnage manque de nuance. Il est trop manichéen, trop méchant gratuitement, et perd un peu en intérêt. Si l’auteur avait dépeint un Ichiro Inuyashiki avec plein de finesse et d’originalité, c’est moins le cas ici. C’est un peu trop manichéen, même s’il essaie d’embarquer le lecteur dans le monde de son bourreau, en essayant de trouver un minimum de justification pour son manque d’empathie. Mais il est difficile d’éprouver autre chose que de l’antipathie. A voir comment le personnage évoluera et s’il gagnera en profondeur et donc en intérêt.

Derrière cette introduction, qui prend aux tripes, de ce personnage, c’est surtout l’annonce d’un duel entre les deux personnages qui se profile. Dans ce tome Ichiro va sentir les exactions de son ennemi, mais sans parvenir à le trouver. J’ai quand même hâte de voir leur opposition venir.
Par contre, on peut s’interroger sur comment Hiro a atteint un tel niveau de maîtrise quand Ichiro commence juste à comprendre l’étendu des possibilités offertes.

Paradoxalement, la simplicité du travail de caractérisation du « méchant » m’a quand même bien emballé. Ce tome 2 se lit hyper facilement, et avec beaucoup de plaisir. Et au final on se laisse prendre dans les mailles du filet de la narration efficace de son auteur. Parce que globalement, Hiro a un certain potentiel et intrigue. Quels sont ses réels pouvoirs et limites ? Comment Inuyashiki va-t-il pouvoir s’opposer à lui ?

J’ai hâte de voir comment l’auteur va gérer l’opposition entre ces deux personnages, certes manichéens, mais avec un potentiel certain. J’espère qu’il ne se cantonnera pas à un simple affrontement dantesque. J’ose croire qu’il va continuer à creuser les pistes autour des critiques de certains aspects de la société japonaise. Car dans ce tome, il parvient, une nouvelle fois à en glisser quelques unes comme la perte de certaines valeurs de la jeunesse, et le phénomène du harcèlement scolaire : ijime.

Graphiquement, le travail de Hiroya Oku est encore superbe. Un poil un peu moins inspiré que sur le premier tome, mais néanmoins réaliste, percutant et plein de détail. C’est du très beau travail !

Pour conclure, Last Hero Inuyashiki – tome 2 de Hiroya Oku s’appuie essentiellement sur l’autre cyborg, en délaissant un peu le vieux Inuyashiki. En découle un opus plus classique qui se focalise essentiellement sur le méchant et son manque de compassion et sa froideur. Pour appuyer cela, le mangaka n’hésite pas à sortir l’artillerie lourde avec un passage assez long, montrant toute la cruauté et le sadisme dont peut faire preuve Hiro. C’est dérengeant, malsain mais cela pose le personnage. Si l’introduction du vieux Inuyashiki avait été originale, celle d’Hiro l’est beaucoup moins et tombe dans le cliché manichéen.

Mais bon cela ouvre la porte à des possibilités intéressantes sur leurs futures confrontations. Reste à voir comme Hiroya Oku va dérouler son histoire et quel angle il va choisir pour leurs affrontement.

Ce volume 2 présente bien la Némésis de notre héros mais perd en originalité et subtilité pour basculer vers un classique combat du bien contre le mal. Heureusement, l’auteur parvient à conserver quelques thèmes forts comme cette science-fiction toujours bien présente et quelques critiques de la société japonaise.

S’il m’a moins transcendé, je continue de beaucoup croire en cette série, car finalement ce Hiro est une belle ordure qu’on a hâte de voir combattre contre Ichiro.

Et vous qu’avez-vous pensé de ce volet ? Ce portrait trop tranché du méchant du titre vous a-t-il gêné aussi ?

2 commentaires »

  1. Daggett 01/03/2016 at 19:22 -

    Moi j’adore, je n’ai pas lu Gantz donc je ne peux pas comparer avec son précédent travail. Le tome 3 est plus que choquant, mais dans le bon sens du terme. A ne pas mettre entre toutes les mains en tout cas!

  2. Kameyoko 02/03/2016 at 15:46 -

    Pas encore lu le tome 3. Je ne peux pas trop dire. Mais le volume 2 était déjà dur notamment avec la scène de la famille tuée.

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