. La Tour Fantôme – tome 1 de Tarô Nogizaka | Fant'asie
Kameyoko 20/08/2014 1
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  • Graphisme

La Tour Fantôme - tome 1

La Tour Fantôme – tome 1 de Tarô Nogizaka

Des meurtres à la Tour de l’horloge

La Tour Fantôme (Yûreitô en VO) est l’une des dernières nouveautés de Glénat. L’éditeur nous propose un seinen qui louche du côté du polar. Mais de ce titre, il se dégage surtout une ambiance qu’on ne retrouve que rarement dans le manga.

Avec son synopsis et cette ambiance, est-ce que cela en fait un bon titre ?
La Tour Fantôme – tome 1 de Tarô Nogizaka est édité par Glénat et est disponible à la vente depuis le 19 mars 2014.

Résumé de La Tour Fantôme 1 chez Glénat

Résumé de l’éditeur :

C’est dans un Japon moderniste où fleure une ambiance rétro, sensuelle et délicieusement morbide que l’action se situe. Dans cet univers familier aux amateurs de Ranpo Edogawa, les meurtres sanguinolents se succèdent et le héros, tout comme le lecteur, se retrouve rapidement pris au piège dans un déluge de faux-semblants. Qui croire dans ce monde où se confondent hommes et femmes, amis et ennemis, policiers et assassins, demoiselles en détresse et démons assoiffés de sang ?

Personnages ambigus et ambiance inquiétante

La Tour Fantôme est une adaptation du roman Yûreito de Ruiko Kuroiwa, lui même une libre traduction du livre de Alice Muriel Williamson intitulé « A Woman in grey« . Mais Tarô Nogizaka n’hésite pas à réinterpréter cette histoire, en modifiant certaines choses.
Le mangaka en profite pour placer son récit dans un cadre temporel assez intéressant et qui apporte un certain cachet à l’oeuvre : le Japon des années 50. Il utilise pleinement cette petite particularité, que ce soit dans le soin apporté aux détails et arrière-plans ou même dans le contexte politique et économique d’un Japon en pleine voie de modernisation. Le lecteur est plongé dans cette époque et on s’amuse à rechercher les petits détails comme les vieux appareils ménagers, les voitures d’époque… Cela donne un cachet rétro qui donne de la saveur à ce polar noir.

La Tour Fantôme se démarque aussi par son intrigue et ses personnages. Le héros Taïchi n’a rien du héros classique d’un polar. Il est presque antipathique, avec un physique peu avantageux, une étiquette de loser, un peu pervers qui lui colle à la peau et des motivations loin d’être pures. Sans être détestable, il apparaît inquiétant et louche et donc intriguant. En plus de cet antihéros, un autre personnage tient le devant de la scène en la personne de Tetsuo, mystérieux acolyte de Taïchi. Sensiblement différent du héros, avec son charisme, son charme, son éloquence, il se révèle être un manipulateur hors pair, plein de secrets. C’est un personnage assez fascinant, lui aussi un peu malsain, qui cache beaucoup de choses. On ne sait pas trop à qui on a à faire, ni même ses desseins. Mais sa façon de faire et son emprise sur le jeune homme intriguent et passionnent. D’autres personnages plus ou moins secondaires entourent ce duo. Et eux aussi sont loin d’être bons sous tout rapport. Le mangaka dépeint globalement que des personnages un peu tordus, empêtrés dans leurs secrets. De fait, les pistes sont bien brouillées. Tout est fait de faux semblants, de zones d’ombre et d’ambiguïté.

Pour ce qui est de l’histoire, ce premier tome met bien en place les éléments et l’histoire. L’ambiance est posée et on sait rapidement que nous aurons à faire à un thriller, mâtiné de surnaturel et un peu horrifique. L’intrigue avance bien, et nous avons déjà le droit à quelques rebondissements et mystères bien amenés et ponctuant bien la lecture. Le tout va également bien de pair avec la caractérisation des personnages et surtout leurs motivations et leur côté sombre. La narration est fluide et maîtrise bien les codes du thriller. Le tout se lit avec facilité et le mangaka parvient à maintenir le lecteur en alerte, à l’affût d’une avancée. On sent que ce titre peut réserver bien des surprises et peut emprunter plusieurs voies de développement.

Graphiquement, Tarô Nogizaka arrive parfaitement à créer une atmosphère à son manga, notamment par un soin particulier sur les détails, arrières-plans, tout en voulant être assez réaliste. Son récit est imprégné par le Japon des années 50. Son utilisation des niveaux de gris sied bien à cette ambiance. Le charadesign colle bien à la personnalité des protagonistes, même si on s’éloigne des standards de représentation du héros.
Les personnages sont expressifs, et leurs expressions retransmettent bien la complexité de leur personnalité et des faux-semblants.

Pour conclure, La Tour Fantôme – tome 1 de Tarô Nogizaka est une bonne introduction pour ce thriller. Le mangaka pose les bases de son récit de façon habile, tout en donnant envie d’avancer dans l’histoire. Le tout est assez immersif grâce à une belle retranscriptions du Japon des années 50, et par la patte graphique de l’auteur. L’histoire et les personnages malsains, retors et plein de mystères donnent envie d’en savoir plus et de lire la suite. Surtout que les possibilités de développement, voir même d’orientations scénaristiques (polar, horreur, fantastique,… ?) sont nombreuses.

Et vous qu’avez-vous pensé de ce premier tome ? Êtes-vous entrez dans cet univers ?

Un commentaire »

  1. m-life 25/08/2014 at 16:46 -

    ça me tente bien ! Merci pour la chronique 😉

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