. La Compagnie Noire – tome 3 : La Rose Blanche | Fant'asie
Kameyoko 07/05/2010 4

La Compagnie Noire – tome 3 : La Rose Blanche de Glen Cook

Conclusion du premier cycle

Ce troisième volet de la série de Glen Cook : La Compagnie Noire, intitulé La Rose Blanche, conclut le premier cycle de cette saga : Les Livres du Nord.

Ce livre date de 1985 mais n’a été publié qu’en 1999 en France.

Ce tome, se déroule quelques années après la bataille de Génépi. On y retrouve tous (ou presque) les personnages croisés précédement : Toubib, qui est toujours l’annaliste et donc c’est à travers sa plume qu’on suit le récit, la Dame, les Asservis, Chérie, Qu’un Oeil, Gobelin

D’autres personnages viendront rejoindre cette liste. Cet opus diffère des précédents sur certains points que nous aborderons ensuite.

Résumé de la Compagnie Noire 3 : La rose Blanche

Résumé fortement inspiré de la quatrième de couverture.

Réduite à une poignée d’hommes, la Compagnie Noire, retranchée dans la Plaine de la Peur a définitivement changé de camp. Sa nouvelle tâche est de protéger Chérie : la Rose Blanche, la seule qui, selon la prophétie, peut mettre un terme au règne de la Dame.

Cette confrontation doit avoir lieu lors du passage de la grande comète, échéance sensée être lointaine.

Réfugié dans cette Plaine de la Peur, où vivent d’étranges créatures, les membres de la Compagnie Noire, dernière compagnie franche de Khatovar subissent les assauts répétés des Asservis, mais tiennent bon.

Mais tout va s’accélérer car, dans le Nord, il se passe des évènements inquiétants dans le Grand Tumulus où repose le Dominateur.

Un Glen Cook, qui change son fusil d’épaule

Ce troisième opus des Annales de la Compagnie Noire : La Rose Blanche clôt le cycle des Livres du Nord. Forcément, nous retrouvons les personnages, lieux et intrigues des deux précédents volets. L’action se déroule quelques années après les évènement de Génépi et la Compagnie Noire a encore beaucoup évoluée.

Elle se retrouve retranchée dans la Plaine de la Peur harcelée par les Asservis (quelques nouveaux Asservis font leur apparition). Chérie a pris du galon et assume son rôle de Rose Blanche. Donc physiquement et au niveau du caractère, elle est loin de la Chérie des épisodes précédents. Elle est devenue une vraie chef de guerre.

On retrouve donc les personnages du volume 2, mais qui ont vieilli, même s’ils gardent leur caractère. Donc, il n’y a pas trop de surprise avec Toubib, qui est toujours cynique et désabusé, Gobelin et Qu’un Oeil qui se chamaillent toujours autant et les autres personnages de la Compagnie Noire : Silence, Lieutenant, Otto, Elmo, Murgen….

Mais des nouveaux personnages forts intéressants font leur apparition, certains étant totalement nouveaux d’autres ne nous sont pas totalement inconnus. Les personnages de Bomanz, Choucas, Traqueur, Casier ou Saigne-Crapaud le chien sont loin d’être inutiles et anodins. Ils apportent tous quelques chose à la construction de l’intrigue et se révèlent passionnants.

Par contre dans ce tome, Glen Cook a tendance, un peu trop à mon goût, à changer son fusil d’épaule. Non pas au niveau de l’intrigue mais plus au niveau des techniques de narration ou de son style.

Premièrement, même s’il avait déjà amorcé le virage dans le tome 2, l’auteur ne se focalise plus sur l’annaliste qui rédige les annales, mais nous fait part d’autres points de vue. Du coup, l’idée que je trouvais géniale, à savoir suivre une histoire par la plume unique d’un membre de la Compagnie Noire, avec ce qui s’en suit de subjectivité et de passages occultés ou très développés, en prend un coup. Je trouve vraiment dommage qu’il n’est pas assumé à 100% ce choix. J’aurais préféré lire uniquement du Toubib’ et d’avoir le même niveau d’information que lui.

Donc on a le droit à une autre histoire en parallèle celle de Choucas et une autre qui est racontée un peu maladroitement. En effet, l’histoire de Bomanz est racontée via des lettres adressées à Toubib’. Sauf que quand on lit l’histoire de ce personnage, on ne ressent pas du tout le fait qu’on lise une lettre. On a plus l’impression d’avoir une narration à la troisième personne classique.

De plus, il y a quand même un temps d’adaptation, parce que l’entremêlement des trois histoires est difficile à appréhender. On ne voit pas de suite, où l’auteur veut nous emmener, et ce d’autant plus qu’elles n’ont pas le même cadre temporel. Donc le lecteur s’y perd un peu.

Autre point qui m’a surpris, voir un peu dérangé, est l’introduction de créatures fantastiques. J’aimais bien le fait que seule la magie qu’utilisait certains personnages était fantastique. Mais dans ce tome est introduit des créatures étranges comme des Mantes, des Baleines volantes, des Menhirs qui parlent… Personnellement ça m’a fait bizarre même si au final, elles font partie intégrante de l’intrigue et leur présence est justifiée.

En revanche, Glen Cook m’a agréablement surpris dans son intrigue. Il réussi à surprendre son lecteur qui ne s’attend pas à cette conclusion. Les personnages se complexifient et gagnent en profondeur. L’histoire est rondement menée et monte crescendo pour atteindre un final grandiose et imprévisible. La tournure des évènements prend une direction que l’on ne s’attendait pas à avoir. Je pense notamment à la relation entre Toubib’ et la Dame.

L’auteur a également du talent pour narrer les batailles et l’aspect stratégique. La philosophie de la Compagnie Noire est de combattre en utilisant de l’audace, du bluff et de l’ingéniosité, ce qui permet de ne pas lasser lors des phases de combat.

Glen Cook met son récit au service des personnages. Vraiment Toubib et la Dame en ressortent grandis et font office de personnage forts de la fantasy.

Il est également très doué pour ne pas sombrer dans le manichéen. La Dame est un excellent exemple. Plus on avance dans le récit (depuis le début de cette trilogie) moins elle nous parait être le Mal Absolu. Il est à noter aussi l’imposante présence du Dominateur, qui même s’il n’intervient jamais est toujours omniprésent.

Pour conclure, ce tome est vraiment une lecture passionnante grâce à des personnages forts, une intrigue rondement menée et qui réserve son lot de surprises et par son coté Dark toujours aussi agréable. Par contre il y a quelques éléments qui m’ont gêné parce qu’on perd un peu de la spécificité des « Annales de la Compagnie Noire« .
Mais cela n’occulte pas la qualité de cette saga qui trouve ici une très belle conclusion de ce premier arc. Surtout que la fin nous promet une suite plus qu’intéressante.

Et vous qu’en avez-vous pensé? Avez-vous été gêné par les points que je cite?

4 commentaires »

  1. Lloyd Kalas 11/05/2010 at 22:24 -

    Tout ce que j’aime réuni en un blog ! Le bonheur ! Il ne manque plus que les RPG sur consoles et ce sera parfait
    Plus sérieusement combien de livres en tout pour cette série
    J’ai vu une édition ou ce premier cycle était regroupé en un seul livre, ca m’a bien fait envie

  2. Kameyoko 12/05/2010 at 10:52 -

    @Lloyd Kalas : Merci. Pour les RPG, parler de jeux vidéos dans cette thématique me plairait, mais j’ai un manque criant de temps pour tout faire.

    Je crois qu’en France, il y a 10 tomes de parus. mais comme cette série marche par arc tu peux plus ou moins d’arrêter entre temps.

  3. djaïos 04/08/2010 at 13:38 -

    Salut
    Très bon blog, le seul petit hic mais je ne sais pas si c’est possible, il manque un moteur de recherche pour trouver un sujet spécifique.
    Concernant la compagnie, j’ai eu les memes sensations que toi, j’ai eu des soucis à différencier les 3 histoires.
    Par contre, j’en garde un souvenir très agréable , la preuve j’ai continuer et je viens de terminer le tome10 (a priori 12 tomes). J’ai adoré la suite, les perso evolus, les lieux sont magiques, les intrigues sont diverses et ingénieuses….
    Bonne continuation à vous, je reviendrais

  4. Kameyoko 04/08/2010 at 15:57 -

    @Djaïos : Merci. Pour les recherche, il existe mais il est en bas de la colonne de droite. Effectivement, ce n’est pas intuitif, faut que je le replace.

    J’ai aussi continuer à lire cette série, je dois en être au tome 7 ou 8. Par contre, plus on avance et moins la narration type « annaliste » est présente. On en vient presque à un narrateur omniscient. J’ai moins eu l’impression de lire des annales. Je trouve dommage que Cook, n’est pas été au bout de son trip.

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