. La Cité Saturne – tome 1 d'Hisae Iwaoka | Fant'asie
Kameyoko 07/04/2010 4

La cité Saturne – tome 1 d’Hisae Iwaoka

Vivre dans un anneau orbital

La Cité Saturne est un titre qui me fait envie depuis quelques temps, notamment depuis la chronique de Ginie.

Son coté science-fiction, avec cet anneau orbital où vit la population, ses tranches de vie, ses personnages et son ambiance m’attirent vraiment.

Ce titre d’Hisae Iwaoka est typiquement le genre de titre, peut-être plus adulte, qui me font aimer les mangas.

Dans une période « post-Zemmour » où ce chroniqueur de l’émission « On n’est pas couché« , un peu haineux, clamait haut et fort que les mangas étaient violents et niais, ça fait du bien de rappeler qu’il existe d’excellent manga, intelligent et sans violence.

La Cité Saturne appartient à cette catégorie, du moins sur le papier. Mais est-ce réellement le cas, une fois la lecture achevée?

La Cité Saturne d’Hisae Iwaoka est édité par Kana, dans sa collection Big Kana et est disponible depuis novembre 2009.

Résumé de La Cité Saturne 1 chez Kana

A 35 000 mètres d’altitude vivent les habitants de la Terre dans un immense anneau orbital. Ce dernier est divisé en 3 niveaux : inférieur, médian et supérieur.

Cet anneau existe car la Terre est devenu une zone protégée et il est interdit d’y aller.

Le jeune Mitsu vit dans ce complexe : la Cité Saturne. Il vient d’obtenir son diplôme des collèges. Il est orphelin et c’est Kageyama qui assiste à la cérémonie. Ce dernier appartient au syndicat des laveurs de vitres.

De retour au niveau inférieur, il est accueilli et félicité par beaucoup de personnes du syndicat. Le Lendemain, il rejoindra l’équipe des laveurs de vitres extérieures, malgré le danger. Il fera équipe avec l’expérimenté Jin, qui connaissait bien son père, lui aussi était dans le métier.

Mitsu va donc suivre les traces de son père mais souhaite le dépasser. L’occasion pour lui de comprendre les circonstances de l’accident de son géniteur, lui ayant coûté la vie.

La vie au sein de l’anneau orbital

La Cité Saturne a pour lui deux points : son décor et ses tranches de vie.

Le premier point, le décor, est un excellente idée pour installer une histoire, des personnages et l’ambiance du titre. Ce choix conditionne pour beaucoup l’excellente impression que laisse ce titre.

En effet, l’histoire se place dans un anneau orbital à 35000 mètres d’altitude où vivent les hommes, la Terre étant protégée. Cette structure se décompose en 3 étages. L’inférieur est le lieu de résidence des personnes aux revenus modestes. L’étage intermédiaire est celui de l’administration et de l’Etat. L’étage supérieur est réservé aux gens les plus aisés.

C’est dans ce contexte qu’évolue le jeune Mitsu en tant que laveur de vitres extérieures. Ce métier est dangereux parce qu’il se fait à l’extérieur de l’anneau et est donc soumis aux aléas de l’espace (vent…). Mais ce métier revêt une certaine importance, puisque c’est grâce aux nettoyeurs de vitres que les gens des niveaux intermédiaires et supérieurs (enfin la plupart du temps) peuvent bénéficier de lumière naturelle.

Evoluer dans l’espace permet à Mitsu de voir la beauté de la Terre, et de comprendre l’attirance qu’avait son père pour la planète bleue.

Ce décor place ce manga dans un univers de science-fiction. Pourtant, hormis ce contexte, l’avancée technologique et l’aspect scientifique n’est pas très présent (même si on retrouve des thèmes forts de SF comme la lumière et la nature artificielle, la vie hors de la Terre, et la disparition des espèces). On ne se sent pas tant que ça dépaysé.

Le deuxième point fort de ce titre est l’aspect « tranches de vie » de Mitsu, Jin et des clients. Il y a certes, une partie de quête initiatique du héros, qui va chercher à répondre à ses questions concernant la mort de son père et ce coté découverte du métier, mais il y a aussi une grosse part de tranches de vie, souvent par le biais de ses missions.

Au travers de ces passages de la vie quotidienne, le lecteur appréhendera mieux le fonctionnement de l’anneau, notamment une certaine « lutte des classes ». Mais Hisae Iwaoka propose une réflexion intelligente, sans sombrer dans le pathos, les clichés et un coté militant.

Les personnages croisés au cours des missions, sont intéressants, touchants et simples. Tout ça confère à ce titre un coté poétique, contemplatif, heureux mais réaliste.

Mais forcément, quand on décrit des scènes de vie, des petites histoires, il faut s’attendre à un rythme plus lent que ce que l’on a coutume de lire. Donc oui, le rythmé est lent, mais il permet de profiter pleinement de la richesse de ce titre et de son univers si particulier, si poétique et onirique.

C’est un titre vraiment très humain dont il se dégage une sensibilité presque palpable. Les personnages principaux sont très vite attachants notamment le héros avec son coté positif et sa chaleur humaine. Jin, le partenaire et le formateur de Mitsu est touchant. Son registre est plus dans la retenue, mais il est poignant et attachant.

Les autres personnages ne sont pas en reste, mais sont un peu moins développés, même si le personnage de Tamachi est intrigant.

Outre le rythme qui est vraiment lent, le seul défaut de ce titre est pour moi le charadesign. Le graphisme global n’est pas mauvais du tout, avec un beau trait, un tramage adéquat et discret, et une certaine finesse dans les décors. Cependant, dès qu’on touche aux personnages, c’est là que le bât blesse.

Les personnages ont de mauvaises proportions, avec un visage très rond et épuré voir simpliste. Pourtant, ils sont assez expressifs. Mais compte tenu du reste, le chara-design fait un peu tâche. Je n’ai pas aimé, j’ai eu du mal à m’y habituer, et je trouve qu’on a du mal à différencier les personnages. Ce coté peut rebuter si l’on feuillette ce volume.

Pour conclure, c’est une bonne surprise que ce « La Cité Saturne« , qui est simple mais touchant et poétique. Certes le rythme est lent et le charadesign très limite, mais le reste est à découvrir. Il y a un coté SF intéressant, qui place le contexte, des personnages attachants et une ambiance singulière, poétique et qui sent bon la simplicité.

Il manque pour l’instant une trame plus globale, mais ce premier volume donne envie d’en savoir plus. C’est un titre prometteur et intelligent. je vais continuer à suivre « La Cité Saturne« 

Et vous qu’en avez-vous pensé? Trouvez-vous le charadesign bien en-deçà du reste?

4 commentaires »

  1. Ginie 07/04/2010 at 11:30 -

    Clairement un de mes gros gros coups de cœur de l’année dernière !

    C’est poétique et touchant et contrairement à toi j’aime beaucoup le côté « tout rond » du dessin.
    Vivement le tome 3 qui sort le mois prochain !

    ps : merci pour le lien 😉

  2. Thom 07/04/2010 at 17:17 -

    En voilà un de plus de manga que je dois lire…
    Merci de me rafraichir la mémoire.

  3. Kameyoko 08/04/2010 at 09:50 -

    @Ginie : Je pense êtyre moins enthousiaste que toi pour ce titre. je préfère par exemple une Sacrée Mamie. mais c’est du tut bon quand même.

    Le coté « visage » m’a vraiment gêné. j’ai eu du mal à rentrer dedans à cause du charadesign. Même à la fin, ça ne passait pas. Mais bon ça c’est une question de goûts personnels.

    Mais en tout cas son trait a une personnalité.

    De rien pour le lien, c’est normal 😉

    @Thom : De rien, c’est le but de donner envie de lire une oeuvre (soit en la faisant découvrir soit en rafraichissant la mémoire)

  4. savon 15/01/2012 at 00:25 -

    j’en suis au tome 6 et j’aime beaucoup.. après, oui, c’est lent.. mais beau 🙂

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