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Kameyoko 25/09/2011 7

L’influence des super-héros sur notre quotidien

Invasion de l’entertainment, du divertissement

Aujourd’hui, je vous propose un article un peu différent des articles habituels puisqu’on ne va pas parler d’une œuvre en particulier mais plus d’un phénomène de société.

On va s’interroger sur l’influence des comics où comment ils ont envahi notre quotidien et en particulier nos loisirs.

Évidemment pour tout lecteur de comic, les super-héros font parti du train-train habituel. Ils font partie intégrante de nos loisirs et donc de nos vies.

Pourtant, même pour la grande majorité de la population, qui n’a jamais feuilleté un comic, qui ne connait pas Green Lantern, Thor et autre Walking Dead,les encapés masqués sont présents dans leur quotidien.

Il faut se rendre à l’évidence, la notion de super-héros est utilisée dans beaucoup de domaine. Le super-héroisme représente à la fois du divertissement, une exacerbation d’une capacité ou d’un trait de caractère et porte des valeurs fédératrices.
Et ça, les entreprises de divertissement ou plus mercantiles l’ont bien compris. Il n’est donc pas étonnant de voir ce concept utilisé à toutes les sauces, de la plus logique à la plus saugrenue.

Les super-héros, c’est hype, tendance et ça parle à tout le monde.

Je vais donc m’amuser à faire un petit tour, non exhaustif, des utilisations que font les entreprises du super-héros

Les super-héros ça parlent à tout le monde, mais peu s’y connaissent

Là est tout le paradoxe des super-héros. Tout le monde connait les super-héros et tout le monde est capable d’en citer quelqu’uns, même s’ils ne savent pas exactement qui c’est et leur histoire, mais peu en lisent réellement.

Demandez à n’importe qui de votre entourage s’il connait un super-héros, il vous en citera forcément un. Il est fort à parier que le « top of mind », terme marketing signifiant les premiers qui viendront en tête, seront Batman, Superman et Spiderman. Ne leur demander pas le nom de leur alter-égo civil, ils ne le connaissent probablement pas.

Néanmoins ces héros sont rentrés dans l’imaginaire collectif, dans la culture mainstream, dans la culture geek.

Pourtant, peu savent réellement qui ils sont et sont capables d’en citer d’autres moins connus. Les lecteurs de comics restent marginaux. Même si ses lecteurs sont de vrais connaisseurs et passionnés, le comic en général a du mal à sortir de ce lectorat un peu geek (souvent des geeks trentenaires).

Pourtant, au cours des dernières décennies les super-héros ont su conquérir notre culture et rentrer dans l’inconscient individuel et collectif.
Même dans notre pays, peu producteur de comic super-héroïque (désolé pour les french comics actuels, mais ça reste marginal), nous avons quand même une certaine sensibilité à ce courant.
La faute à l’industrie du divertissement américain qui a su nous abreuver de ses héros locaux made in DC ou Marvel. Des séries comme Wonder Woman, Hulk et Batman, même si elles sont kitsh, ont marqué une génération de téléspectateurs.

Ensuite, les films Superman de Donner, Batman de Burton sont considérés comme des classiques. Plus tard, nous avons aussi eu le droit à différentes séries animées : Batman, JLA, Teen Titans qui ont marqué certains enfants.

 

Tout cela fait que le concept même de super-héros est compris et assimilé par tous, et ce malgré le faible nombre de réels amateurs.

Ce constat est du pain béni pour les entreprises et annonceurs. Ils peuvent très facilement véhiculer des valeurs en utilisant ce concept ou encore le décliner en divers produit. En faisant ça, ça facilite le marketing. Les plus produits, les éléments différenciants sautent aux yeux et l’industriel a moins besoin de communiquer dessus. De même, il s’assure aussi de jouer sur un aspect « tribut », cher aux geeks que nous sommes.

Tout cela fait que les super-héros sont devenus très intéressants pour les entreprises actuellement, et elles n’hésitent pas à s’en servir.

Déclinaisons dans le divertissement

Neuvième art et animation

Je vais passer rapidement sur la présence des super-héros dans les comics. Tout est parti de là, et les super-héros sont indissociables du comic, toute maison d’édition confondue.

Par contre c’est déjà plus intéressant de voir comme ils ont influencé et inspiré les autres pans du neuvième art et de l’animation.

Le premier niveau d’inspiration est évidement les fameux « french comics » qui sont littéralement des comics à la française. Inspirés par les artistes anglo-saxons, certains artistes français se sont lancés dans leur propre comic en respectant les codes.

On peut citer par exemple Pierre Minne et son Patrouilleur, Marti et Roncevaux et Hoplitea, Capitaine LSD de Jim Dandy

Les french comics mériteraient un article complet mais je veux en parler peu. Ils ont quasiment le même lectorat que les comics classiques et donc ne sont pas forcément révélateur de la démocratisation des super-héros.

Par contre, je trouve plus intéressant de voir que les super-héros ont commencé à apparaitre dans la BD franco-belge plus classique.

Les auteurs de ce pan du 9ème art se sont appropriés le concept et ont su le transposer à la BD franco-belge et donc toucher probablement un public plus large.

On peut citer Captain Biceps de Zep et Tebo, Super Dupont de Gotlib et Lob, Freaks’ Squeele de Florent Maudoux ou encore Les Sentinelles de Dorison et Breccia.

Même si ce phénomène est encore faible compte tenu de la production, il a le mérite d’exister.

Au niveau de l’animation de nombreux dessins-animés ont été crées autour des personnages de Batman, Spidermanfantastic four, X-Men, JLA….

Cette déclinaison est logique et est né aux États-Unis. Par contre, il est bon de rappeler que certains super-héros ont été adapté en anim’ par les japonais. On a ainsi pu avoir récemment du Wolverine, Iron Man, X-men, Blade … touchant une cible plus otaku.

Les films

Quand on pense super-héros on pense forcément aux déclinaisons culturelles. A l’heure actuelle, on ne peut pas parler super-héros à un néophyte sans, qu’irrémédiablement, il pense film, série ou jeu vidéo.

Rapidement ces entreprises se sont emparées du phénomène pour le décliner sous toutes ses formes. Ainsi, la mode des adaptations cinématographiques de super-héros n’a jamais été aussi forte. On ne compte plus les cartons au boxoffice : Iron Man, Spiderman, Batman the Dark Knight, X-men; ni les projets très récents ou en cours : Thor, Green Lantern, Captain America, The Avengers
Même si le héros du film n’est pas très connu, le risque de se planter est quand même faible.
Au cinéma, super-héros égal super pouvoir, égal divertissement avec effets spéciaux, explosions et éléments fantastiques. Soit autant d’ingrédients qui facilite le carton.

Il y a toujours des contre-exemples mais globalement, le risque de se planter est assez mince. Le seul que je vois est l’overdose, mais je pense qu’on en est encore loin.

En revanche ce qui est plus fort, c’est des créations de super-héros plutôt que des adaptations. Là, le risque est quand même plus élevé. Et pour cause, la base de fan de comic est très active et très prescriptrice. Elle joue un rôle moteur dans la promotion d’un film; c’est elle qui crée le buzz.
Ce qui,peut, en partie, expliquer pourquoi il y a eu si peu de film de ce genre. Je vois bien Hancock, Les Indestructibles mais pas beaucoup plus.

Les séries

Le petit écran s’est aussi saisi  de cette mode et est de plus en plus enclin à proposer ses adaptations, avec Smallville comme récent exemple. Récemment  on parlait de voir Wonder Woman, Tony Chu (ok, c’est pas un super-héros à proprement parlé). On a aussi vu The Phantom, Birds of Prey, Witchblade, Smallville… et pour les plus vieux Hulk, Wonder Woman, Green Hornet, Flash, Lois et Clark

En revanche, la télé permet d’être plus créatif et d’inventer ses propres super-héros. Depuis quelques années, nous avons vu pas mal de séries originales sur ce thème. La plus connue étant Heroes, mais il y a aussi eu Mutant X, The Cape, Hero Corp (cocorico !), Misfits

Les jeux vidéo

Aujourd’hui le jeu vidéo est un divertissement majeur de notre société. Il était donc inconcevable que nous ne retrouvions pas de super-héros vidéoludiques.
Les super-héros existants sont une source inépuisable de jeu. Tout d’abord parce qu’il existe beaucoup de super-héros mais aussi parce qu’ils ont un background riche et existant, permettant une adaptation facile. D’autant plus que ces personnages se prêtent très bien aux jeux vidéo avec leurs pouvoirs, leurs exploits spectaculaires…

Ainsi plusieurs jeux excellents sont sortis comme Batman Arkham Asylum, Spiderman Shattered Dimensions

Les exemples sont vraiment légions, mais en voici quelqu’uns en plus : Marvel Ultimate Alliance, Spiderman 2, Marvel vs Capcom, DC Universe Online, Lego Batman

Figurines et jouets

Les super-héros se sont rapidement déclinés en figurines et jouets. Il faut cependant distinguer deux cas.

Le premier sont des articles pour collectionneurs et amateurs donc très ciblés. Plusieurs firmes se sont spécialisés dedans comme Sideshow, Bowen, Hot Toys… Mais la cible reste les lecteurs du comic, donc pas très « populaire ».

En revanche, on assiste depuis plusieurs années à une déferlante de jouets pour enfant de super-héros. Il y a les gammes issues de films, mais aussi des jouets tirés du super-héros en question.
Par exemple, depuis de nombreuses années, les parents peuvent offrir essentiellement du Spiderman et du Batman à leurs enfants. Il s’agit de véritables jouets destinés à être manipulés et à être joués et non pas à être exposés.

Déclinaisons moins naturelles

L’influence des super-héros dans l’industrie du divertissement est une évidence. Tous ces secteurs sont interconnectés, ont énormément d’interactions et sont complémentaires. Il n’est pas étonnant de voir une œuvre déclinée sur ces supports. De même chaque « branche » s’inspire de l’autre, décline les succès de l’autre…

Par contre il existe des secteurs où l’influence des super-héros coule moins de source. C’est d’ailleurs ces derniers qui tendent à démontrer que les super-héros sont de plus en plus tendance et de plus en plus mainstream.

On retrouve cette influence dans la publicité ou bien encore la décoration et l’habillement. Et c’est vraiment sur ce genre d’industrie, assez déconnecté de l’entertainment, mais très sensible à la mode, que l’on voit bien toute l’importance que prennent les super-héros.

 

Mais cette partie là, fera l’objet d’un second article qui arrivera prochainement. Du moins, je l’espère.

 

Bref, le super-héros, c’est tendance, universel e fédérateur. Donc vendeur.

 

On a pas fini de bouffer de l’encapé. Et c’est tant mieux. Mais attention à l’overdose et à l’effet de mode !

 

Lire la suite de l’article, avec la deuxième partie de L’influence des super-héros sur notre quotidien

 

Crédit Photo : Gregg Segal

7 commentaires »

  1. Acr0 25/09/2011 at 12:40 -

    Yeah, enfin l’article tant attendu :mrgreen: Joli récapitulatif pour cette première partie. Ma foi, les super héros, je les connais très mal, même si j’aime bien les principaux. On n’entend pas parler de tous (notamment des dits « secondaires » qui sont pourtant intéressants). Je connais bien sûr Captain Biceps, SuperDupont, les films, quelques séries, mais je ne savais pas qu’il existait des anim’ sur X-Men et IronMan (par exemple). Je me souviens du vieux dessin animé de Batman… qui me foutait les chocottes quand j’étais petite.
    J’espère quand même qu’en deuxième partie, tu feras un petit clin d’oeil aux gens qui sont « super héros » pour surtout améliorer un peu le quotidien de tout le monde 😉 (on en avait parlé au moment où tu avais eu l’idée de l’article)

  2. Torospatillo 26/09/2011 at 09:11 -

    C’est vrai que je m’étais jamais posé la question de savoir pourquoi les gens étaient super motivés par les sorties ressentes de franchises marvel au ciné…

    Ayant moi même lu énormément de comics dans ma jeunesse, il me semblait normal que tout le monde connaisse… Mais c’est vrai qu’après coup à chaque nouvelle sortie, mes potes me demandent des infos sur le super-héro en question !

    J’ai hâte de lire la suite!

  3. Kameyoko 27/09/2011 at 12:07 -

    @Acr0 : J’ai mis le temps pour le publier cet article. Je l’avais oublié alors qu’il était fini à 80% 🙁

    Il me reste qu’à faire la seconde partie, et probablement la plus longue mais intéressante.

    Les anim’ jap de Iron Man, Wolvy sont assez récents mais particulier. Le charadesign peut rebuter.

    Je te rassure il y a aura une petite mention aux « super-héros » de la vraie vie 🙂

    @Torospatillo : Justement c’est ça qui est rigolo. Le superhéros est entrer dans notre quotidien et fait partie intégrante de notre culture alors que peu de gens ne lisent des comics. C’est ça qui est fascinant.

    Et ça on le doit en grande partie à l’industrie du divertissement.

  4. lokoxav 26/09/2012 at 14:12 -

    Tout simplement de la culture anglo-saxonne qu’il est difficile d’ingurgiter sauf si l’on aime cela.
    Mais tel un traitement de fond, les touches homéopathiques font que les années 2000 font des super héros un produit marketing multigénérationnel des plus efficaces et comme beaucoup on se met à partager notrepsaisir solitaire avec les nôtres, notamment nos enfants.
    Bref, du pain béni !!!
    Au passage, il y a eu des comics français bien avant ceux que tu cites : ils étaient édités par Lug souvent dans les revues comme strange ou spidey avec des auteurs comme Ciro Tota ou Jean Yves Mitton mais cela date des années 1980, il faut être au moins quadra pour se souvenir !

  5. Kameyoko 27/09/2012 at 10:25 -

    @Lokoxav : Je ne sais pas ce qui a rendu si fashion les super-héros. mais fatalement, plus c’est « in » plus, c’es facile de partager une passion.

    Mais clairement c’est un super produit « multigénérationnel » comme tu le dit. Universel, simple, accrocheur, différenciant !

    Merci pour les French Comics que je ne connaissais pas. J’avoue mon ignorance presque totale sur ce sujet. Mais je voulais comment les citer ^^

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