. Kokkoku – tome 2 de Seita Horio | Fant'asie
Kameyoko 26/08/2015 0
  • Scénario
  • Graphisme

Kokkoku - tome 2

Kokkoku – tome 2 de Seita Horio

Nébuleux mais plus clair

Kokkoku est l’un des titres les plus étranges du catalogue récent de Glénat. Après la lecture du tome 1, il est bien difficile de voir ce que la suite nous réserve. Il y a beaucoup d’aspects nébuleux qui ne demandent qu’à être explicités.

Il me tardait donc de lire la suite pour pouvoir me faire un avis plus tranché sur ce titre. Qu’en est-il alors ?

Kokkoku – tome 2 de Seita Horio est édité par Glénat et est disponible à la vente depuis le 3 juin 2015.

Résumé de Kokkoku 2 chez Glénat

Résumé de l’éditeur :

Piégée par les hommes de la secte Amour véritable, Juri et son grand-père tentent de protéger leur pierre, seule capable de figer le temps. Seulement, pour s’échapper, il leur faudra l’aide du “Régent”, cet étrange gardien qui empêche quiconque de provoquer la mort d’un immobile. Un Régent dont Amour véritable cherche également à se débarrasser, pour enfin se libérer des limites du monde statique. Qu’arrivera-t-il, une fois cet objectif atteint ?

Juri, véritable héroïne ?

Le premier tome de Kokkoku était assez étrange. Le lecteur ne savait pas dans quoi il avait mis les pieds, quel était ce monde, ce qui se passe… C’était certes intriguant mais vraiment brumeux aussi. J’attendais donc beaucoup de ce deuxième tome pour nous éclairer plus sur les volontés de l’auteur et pour savoir ce qu’a réellement ce seinen dans le ventre.

Et la première partie de cet opus nous rassure. Seita Horio joue vraiment la carte du fantastique et commence à livrer quelques révélations qui aident à la compréhension du titre. On continue de suivre la traque de la pierre mais surtout, Yuri et son grand-père se confrontant à la secte.
Grâce à des rebondissements bien sentis, le lecteur apprend de nouvelles choses et il peut commencer à remettre les pièces dans l’ordre. Pour cela le mangaka s’appuie beaucoup sur Yuri et Majima qu’il développe beaucoup. Au travers d’un flashback salvateur, on en apprend beaucoup plus sur la relation qui les unit. Les éléments de leur passé respectif entraperçus dans le tome 1 prennent une autre dimension et gagnent en profondeur. On voit comment Yuri a malencontreusement eu un impact sur Majima, lui conférant ainsi une dimension dramatique. Le lecteur a ainsi les tenants et les aboutissants de cette rencontre qui, à priori, a été le point de départ de pas mal de choses. Mais comme ça se passe dans le monde statique, tout semble froid et distant. De fait, on ne sombre pas dans le pathos, et on assiste presque à tout ça détaché. Il y a donc un peu moins d’empathie, mais cela reste passionnant car on avance bien dans l’intrigue.

Par la suite, l’auteur fait un nouveau bond dans son intrigue en dotant Yuri d’un pouvoir qui justifie qu’elle soit le personnage principal. Ce rebondissement induit de nombreuses choses et son impact sera probablement très important. On en a déjà un aperçu dans la suite des événements. On constate déjà que ce pouvoir redéfinit les règles à l’intérieur du monde statique.
Personnellement, je trouve que cette idée apporte un vrai vent de fraîcheur au tout, tout en contribuant à garder son aspect fantastique. Il dissipe un peu le brouillard entourant ce titre, même s’il reste quand même un peu nébuleux.
Il se dégage vraiment quelque chose de très particulier de ce titre. Une ambiance difficilement descriptible mais originale et passionnante.

La suite de ce tome 2 est un peu moins enthousiasmante. Elle se concentre plus sur les personnages et moins sur le monde et les éléments fantastiques. Ainsi, le mangaka va développer l’intrigue autour de Makoto et Tsubasa, mais sans pour autant faire des avancées significatives. On s’attardera aussi sur le père de Yuri, qui fera face au chef de la secte. S’en suivra une discussion où est mis en avant son côté insignifiant. Il est brossé dans le sens du poil afin d’être manipulé. Même si ce passage a le mérite de mettre en avant ce personnage secondaire, manque d’impact. On se doute que cela va entraîner quelques fourberies, mais difficile d’être passionné par cet échange.
Les membres de la sectes vont être aussi un peu développés pour mettre en avant le côté « remplaçable » de la bleusaille. Mais on sent que la volonté de ce passage est juste de permettre le retour du Régent, entraînant ainsi un cliffhanger annonçant une suite prometteuse.

Graphiquement, le rendu est toujours étrange dans le sens où il y a vrai représentation du monde statique, avec une vraie ambiance. Mais cela signifie de l’immobilisme et une sensation de vide. Pour le reste, le trait de Seita Horio est plaisant et fonctionne bien.

Pour conclure, Kokkoku – tome 2 de Seita Horio démarre très bien, avec une intrigue qui se développe, des interrogations sont levées et surtout une impression de mieux comprendre le monde et le manga. Le titre en devient moins brumeux mais tout en conservant sa part de mystère. La deuxième partie casse un peu le rythme et perd en intérêt. Dans tous les cas, ce tome rassure sur la qualité de Kokkoku et sur son devenir.
Il faut bien sûr rentrer dans le délire proposé, avec ce monde immobile, froid, manquant ainsi de chaleur, tout en acceptant le fait de naviguer parfois à vue. Mais il est indéniable que ce titre a une vraie personnalité, un vrai potentiel qui ne demande qu’à être encore développé.
Kokkoku n’est pas un titre mainstream car un peu exigeant. Mais pourtant il a su susciter ma curiosité et attiser ma soif d’en savoir plus.

Rendez-vous pour le tome 3 !

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Trouvez-vous le tout plus facilement compréhensible et plus clair sur ses possibilités?

Laisser un commentaire »