. Kokkoku – tome 1 de Seita Horio | Fant'asie
Kameyoko 08/06/2015 1
  • Scénario
  • Graphisme

Kokkoku - tome 1

Kokkoku – tome 1 de Seita Horio

Le monde du temps figé !

Kokkoku est l’un des derniers titres de Glénat. Avec son titre et sa couverture qui ne laissent pas deviner grand chose du contenu, difficile de savoir ce qui se cache derrière ce titre. Pourtant ce seinen a été nominé au prix Manga Taisho Awards en 2011. Ce qui est souvent plutôt bon signe.

Mais que nous réserve ce Kokkoku ?

Kokkoku – tome 1 de Seita Horio est édité par Glénat et est disponible à la vente depuis le 18 mars 2015.

Résumé de Kokkoku 1 chez Glénat

Résumé de l’éditeur :

Juri Yukawa (28 ans) habite avec son grand-père à la retraite, son père et son frère tous les deux sans emploi, sa mère et sa petite soeur mère célibataire.
Un jour, le frère et le neveu de Juri se font enlever.
Les ravisseurs réclament une rançon et leur laissent 30 minutes pour délivrer l’argent. Juri décide de s’y rendre pour sauver les deux garçon. Mais son grand-père l’arrête. Il a décidé d’utiliser un drôle d’objet en sa possession et qui lui permet d’arrêter le temps…
Autour d’eux tout se fige instantanément et ils vont pouvoir secourir leur famille en utilisant cet espace temps.
Mais ils vont bientôt découvrir que ce temps figé a également ses règle naturelles et ses prédateurs….

Un titre mystérieux

Kokkoku est un titre mystérieux à plus d’un titre. Déjà le nom de Kokkoku ne donne pas beaucoup d’indications sur le contenu de ce manga, ni même sa couverture. Son histoire l’est tout autant avec ce monde figé et ce pouvoir d’arrêter le temps. Mais je vais y revenir plus tard.
Bref, autant d’éléments qui nous font plonger un peu dans l’inconnu sans trop savoir à quoi s’attendre.

Bien qu’il s’agisse d’un premier tome et donc une introduction à cet univers, le lecteur est très vite plongé dans le cœur du récit. Seita Horio a à peine le temps d’introduire ses personnages principaux, dont Juri et son grand-père, que le récit plonge la tête la première dans l’intrigue principale. Très rapidement on assiste à l’enlèvement du frère de Juri et de son neveu Makoto. Les ravisseurs exigent une rançon dans un délai très court pour éviter que la famille fasse appel à la police. Alors qu’on pense avoir à faire à un classique récit d’enlèvement, Kokkoku prend une toute autre direction. En effet, le grand-père utilise une énigmatique pierre mystique, transmise de génération en génération, qui permet de figer le temps. Dès lors, l’histoire bascule dans le fantastique.

Rapidement le lecteur est placé au cœur même de l’intrigue principale et du concept de la série avec ce monde figé. Le problème c’est qu’en contrepartie, le développement des personnages importants est réduit au strict nécessaire. La famille Yukawa est à peine présentée, et il n’y a pas d’empathie avec les membres de cette famille. De fait, l’enlèvement ne suscite presque pas d’émotion et est relayée à un simple rebondissement.
Même si le mangaka s’évertue de donner plus de consistance à ses personnages et notamment Juri, via des flashback, on ne s’y attachent jamais vraiment. Surtout qu’ils souffrent d’un manque de charisme.

Le véritable intérêt de ce titre réside dans ce monde figé et ce qui en découle. Là aussi, on s’apercevra que ce monde figé est régi par des règles et que tout n’est pas si simple qu’il n’y parait. Le mangaka introduit de nombreux aspects qui vont intriguer le lecteur. Qu’est-ce que cette pierre ? Pourquoi certaines personnes ne sont pas figées ? Quels sont les objectifs des ravisseurs ? Qui sont-ils ? Quelles sont les capacités possédées par la famille Yukawa ?…

Bref énormément de questions restent en suspens. Certaines ont déjà des éléments de réponses, quand d’autres n’en ont aucun.
Le lecteur peut être désorienté par ce monde insolite, et ses mystères. Pour désarçonner encore plus ce dernier, l’auteur introduit aussi un principe de téléportation à courte portée et un être fantastique, appelé le « régent » qui joue le rôle de gardien de ce monde… Des éléments intéressants donnant la sensation que ce monde regorge de mystères et de possibilités. Mais il y a peut-être trop de zones d’ombre pour que la lecture soit claire. On ne comprend pas aisément tout ce que ce monde implique, ses règles et son fonctionnement. Ce qui fait que la lecture peut être exigeante et le titre difficilement appréhendable.

D’autant plus que l’on ne voit pas forcément où veut nous amener l’auteur et toutes les possibilités de ce monde, de cette pierre et des Yukawa. Mais en même temps c’est ce qui rend ce titre enivrant et suscite la curiosité pour la suite.

Graphiquement, le trait de Seita Horio est assez intéressant, sortant un peu des standards actuels. Il est à la fois plein de personnalité, mais en même temps ne parait pas toujours maîtrisé. Le charadesign n’est pas toujours très réussi, puisque j’ai eu quelques difficultés à bien différencier certains personnages. Pourtant, le tout est bien réalisé et il arrive parfaitement à donner vie à ce monde figé. Cela passe par, fort logiquement, une impression de vide et d’immobilisme dans les arrières-plans. Du coup, même si ça manque parfois de vie, on s’immerge facilement dans le monde.

Pour conclure, Kokkoku est un seinen étrange. Etrange dans le sens où tout arrive vite sans prendre le temps de poser l’intrigue et ses personnages. Mais également étrange dans les thématiques et idées abordées comme ce monde figé, la pierre mystérieuse, la créature « régent »…
L’atmosphère posée est intéressante mais le lecteur navigue un peu à vue. On ne sait pas bien ce qui se passe, où veut nous emmener l’auteur et il y a énormément d’interrogations en suspens sur ce monde, les pouvoirs de chacun et les motivations des uns et des autres. Il y a donc un goût d’inachevé. La lecture du tome 2 va s’avérer être indispensable pour vraiment se faire une idée. Car en l’état c’est compliqué, bien que l’on sente le potentiel du titre. Mais le titre est trop flou pour le moment ! Cela va dans plusieurs directions, avec plusieurs idées intéressantes. Mais on s’éparpille et le lecteur peut être perdu en route.

Un potentiel certain, mais une introduction maladroite ! A voir dans le tome 2 !

Et vous qu’avez-vous pensé de ce titre ? Vous a-t-il un peu perturbé dans sa compréhension ?

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