. King's Game – tome 1 de Hitori Renda et Nobuaki Kanazawa | Fant'asie
Kameyoko 18/03/2013 6
  • Scénario
  • Graphisme

King's Game - tome 1

King’s Game – tome 1 de Hitori Renda et Nobuaki Kanazawa

Un nouveau thriller chez Ki-oon

Après Doubt et Judge, Ki-oon nous propose un nouveau thriller avec un jeu macabre : King’s Game (Osama Game en VO). Cette fois-ci, le principe repose sur un simple défi à réaliser. L’échec étant sanctionné par la mort.
Ce seinen possède un très bon point pour lui : celui d’être fini en 5 tomes. On peut donc supposer qu’il y aura une vraie fin, et qui arrivera à point nommé. Le manga ne continuera pas juste pour durer. Et ça c’est positif.

King’s Game – tome 1 de Hitori Renda et Nobuaki Kanazawa est édité par Ki-oon et est disponible à la vente depuis le 14 février 2013.

Résumé de King’s Game 1 chez Ki-oon

Résumé de l’éditeur :

Nobuaki est réveillé en pleine nuit par un étrange message qui met au défi deux de ses camarades de lycée de s’embrasser. À en croire le mystérieux expéditeur du mail, la classe entière participe à un “King’s Game”, un jeu du Roi auquel elle ne peut se soustraire. Jour après jour, à minuit pile, un nouveau défi s’affiche sur le téléphone portable des lycéens, qui finissent par découvrir la cruelle vérité : ils ont 24 heures pour exécuter les ordres du Roi, et la sanction en cas de désobéissance est la mort.
Suicides ou meurtres ? Puissance occulte ou criminel de chair et de sang ? La mort s’abat inéluctablement sur ses jeunes victimes, où qu’elles se trouvent et quoi qu’elles tentent pour s’échapper. Le couperet se rapproche dangereusement de nos héros… Parviendront-ils à démasquer le Roi avant qu’il ne soit trop tard ?


Réalises le défi ou meurt !

Le nouveau bébé de Ki-oon se nomme King’s Game. Ce dernier est un thriller angoissant et machiavélique à l’instar de précédents titres de l’éditeur comme Doubt ou Judge. Mais je me méfie de ces titres au synopsis aguicheur, promettant de la tension, du suspens, mais qui se font dépasser par leur sujet et par une fin souvent douteuse.
En plus ce King’s Game, de prime abord, multiplie les a priori négatifs dans mon cas. Outre cette méfiance, mélangée à une certaine attente pour ce type de sujet, il y a aussi une couverture qui ne m’inspire pas trop, et une impression de seinen très shônen qui me fait un peu peur.
Mais je suis quand même curieux de voir comment sera traité ce sujet que je trouve aguicheur.

L’histoire met en scène le lycéen Nobuaki, qui, avec ses amis Chiemi et Naoya, va participer de façon contrainte à un jeu qu’ils croyaient d’abord potache : Le King’s Game. Toute la classe y participe. Ainsi chaque élève reçoit un SMS avec un défi à accomplir sous 24h, au risque d’être sanctionné.
Tout le monde prend ça un peu à la légère, mais s’amuse des défis gentillets proposés : embrasser quelqu’un, lécher des pieds… Sauf que ce petit jeu va virer au cauchemar quant deux élèves vont mourir pour n’avoir réalisé leur défi. Ce jeu n’a plus rien de drôle.

C’est sur postulat que repose ce seinen. D’ailleurs, on nous met très vite dans le bain puisque le jeu commence au bout de seulement quelques pages. L’avantage, c’est qu’on entre rapidement dans l’histoire, et que très rapidement la tension s’installe. Cela dynamise le tout. Mais cela se fait au détriment d’un background et du développement des personnages. On ne sait rien du lycée, de cette classe et de ces élèves. Ce qui fait qu’au final, on peine à réellement s’attacher aux personnages. Ce ne sont que des anonymes pour nous. Même ce qui peut arriver au héros nous touche peu. Pou le moment Nobuaki est juste un adolescent lambda, sans épaisseur. Ce qui fait perdre en intensité. Néanmoins, ce choix de narration met davantage l’accent sur une projection du lecteur dans une telle situation. Que ferais-je dans un tel cas ?

Les auteurs semblent moins s’intéresser aux personnages qu’au jeu lui-même. Ce dernier, de par son aspect sadique, un peu pervers et machiavélique, fait monter la tension et le suspens. Le principe de base est simple, mais terriblement efficace. Surtout qu’ici, chaque élève réagit un peu à sa façon, présentant ainsi une palette de réactions assez intéressante et bien exploitée. D’autant plus que les gages deviennent de plus en plus contraignants et osés en jouant sur le caractère et les peurs des intéressés.
D’ailleurs, on peut reprocher que ses défis tournent rapidement autour du « X doit coucher avec Y » ou sur des relations amoureuses. Ce qui crée presque un décalage entre la gravité de la situation et une certaine puérilité des défis. Mais on dira que c’est parce que la sexualité reste le sujet de prédilection des adolescents.

Rapidement des questions vont se poser sur ce jeu : qui tire les ficelles ? Comment le responsable tue les élèves ? … Au-delà de ses questions, le lecteur pourra s’interroger sur la vraisemblance de certains points. Comment le « Roi » peut-il être au courant à la minute près qu’une action a été faite ? Alors que ça se passe dans un univers ouvert, pourquoi cette impression de huis-clos ? Ou sont les professeurs, les parents, les autorités…? Pourquoi personne ne s’intéresse à cette succession de morts suspectes au sein d’une même classe ?
Autant de questions qui ne trouvent pas de réponse, mais qui donnent la désagréable impression de ne pas avoir été envisagées.
Autre point un peu négatif, mais souvent inhérent à ce genre de titre, c’est la lourdeur des dialogues. Il y a plusieurs passages un peu longs, où tout est expliqué, alourdissant un peu inutilement la narration.
Enfin dernier aspect qui m’a gêné c’est le positionnement du titre. Le jeu, les morts, le fait que se soit un seinen place ce manga comme à destination d’un public plus mâture. Pourtant, je trouve qu’il tend vers le shônen. Il a un côté très adolescent avec ces défis, un trait un peu typé shônen… Ce qui empêche de se plonger dedans complètement. La tension s’installe, le coté malsain prend le dessus, mais tout ça redescend un peu dès qu’un point un peu plus « shônen » apparait. Ce qui fait que l’aspect seinen n’est pas assez franc. On a l’impression de nager un peu entre deux eaux, même si cela penche plus vers le seinen. Mais on aimerait que cette orientation soit plus marquée et assumée.

Surtout que graphiquement, le trait est très marqué shônen. Même si le trait de Hitori Renda est assez efficace, propre, il manque un peu de personnalité. De plus, le charadesign ne permet pas toujours de bien différencier certains élèves.

Pour conclure, King’s Game – tome 1 de Hitori Renda et Nobuaki Kanazawa est une entrée en matière en demi-teinte. L’idée de base est intéressante et le traitement de l’intrigue efficace. Tout se lit avec plaisir, même si les dialogues sont parfois un peu lourds. Les bases sont posées, et il y a moyen d’en faire quelque chose. Surtout que le cliff de fin laisse présager un deuxième volume encore plus tendu.
Mais le départ aurait pu être plus réussi si les personnages avaient été mieux travaillés et si ce manga s’était positionné comme un vrai seinen. Car entre des défis très axés « adolescents et sexe », un trait typique, on est a parfois l’impression d’être dans un shônen; alors que le propos se veut malsain, pesant, tout en mettant en avant l’aspect thriller.

Néanmoins, King’s Game aura su susciter suffisamment la curiosité pour avoir envie de lire la suite et laisser une chance à ce seinen de se parfaire. Le potentiel est bien là. Espérons juste que cela ne se conclue pas avec une fin abracadabrante.

Et vous qu’avez-vous pensé de ce titre ? Ce mix seinen/ shônen vous a-t-il dérangé ?

6 commentaires »

  1. Txeng 22/03/2013 at 21:20 -

    J’ai adoré moi, je me suis pris dans le mangas du début à la fin. Le concept est assez intéressant.
    Et puis les dessins sont pas mal 🙂

  2. Pit@cours de dessin 25/03/2013 at 06:27 -

    Ouh ça a l’air pour moi ça.
    Hop, commandé sur Amazon. 😉

  3. Sangigi Fuchsia 26/03/2013 at 15:40 -

    L’entre deux eaux ne ma pas spécialement gêné.

    En revanche je rejoins ton avis sur le fait que le traitement des personnages n’est pas assez approfondi.

    En outre les défis tournent un peut trop sur le sexe, mais le ton reste assez grave et l’inquiétude persiste.

    J’espère que les questions soulevés comme « Comment le roi connait les actions faites en temps réelles » … même si j’en doute.

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