. King's Game – tomes 2 et 3 de Hitori Renda et Nobuaki Kanazawa | Fant'asie
Kameyoko 21/10/2013 0
  • Scénario
  • Graphisme

King’s Game – tomes 2 et 3 de Hitori Renda et Nobuaki Kanazawa

Le jeu du roi fait de nouvelles victimes

King’s Game avait le potentiel pour être un seinen de qualité. Pourtant malgré les évidentes inspirations (Enigma, Doubt…), il avait de quoi susciter la curiosité.
Mais force est de constater que le premier tome ne remportait pas tous les suffrages. Personnellement, je voulais vraiment lire la suite, voir si les défauts allaient être corrigés et voir comment les mangakas orienteraient leur bébé.

King’s Game – tomes 2 et 3 de Hitori Renda et Nobuaki Kanazawa sont édités par Ki-oon et sont disponibles à la vente depuis, respectivement, les 11 avril 2013 et 13 juin 2013.

Résumé de King’s Game 2 e 3 chez Ki-oon

Résumé du tome 2 :

Alors que le jeu du Roi a déjà fait trois victimes, un nouvel ordre tombe : la seconde B doit organiser un concours de popularité qui opposera Kana à Naoya. Convaincu que le perdant sera éliminé, Nobuaki n’hésite pas à recourir à un stratagème peu glorieux pour que son ami obtienne le plus de votes, décision qui a de terribles conséquences.
Mais voilà que le soir même, Naoya reçoit une nouvelle consigne : il doit avoir un rapport sexuel avant minuit sous peine de finir immolé par le feu, ce qui lui laisse à peine dix minutes ! Le compte à rebours commence…

Résumé du tome 3 :

Le jeu du Roi se poursuit avec un nouveau défi meurtrier. Cette fois, c’est Akira qui en fait les frais, tandis que Yôsuke remonte jusqu’à un certain Kamihate, célèbre hacker surnommé “le dieu du jeu”, qui serait l’expéditeur d’un des messages.
C’est alors que Nami, qui vient de recevoir la consigne étrange de se donner un ordre à elle-même, décide de s’en servir pour démasquer le Roi : convaincue qu’il se trouve dans la classe, elle s’ordonne de le toucher ! Hélas, l’opération est un échec et l’échéance approche inéluctablement… La jeune fille va-t-elle elle aussi y laisser la vie ?

Des tentatives pour démasquer le roi !

Après un début en demi-teinte, j’espérais beaucoup de la suite de ce King’s Game. Surtout que le premier tome nous laissait sur un cliff donnant furieusement envie de lire la suite. Malheureusement la suite nous apportera la confirmation que ce manga est très décevant et presque bipolaire. Je veux dire par là, qu’il s’améliore sur certains points pour proposer quelque chose de ridicule ensuite, en oubliant sa crédibilité au vestiaire. Je vais tâcher de vous expliquer en quoi.

Le tome 2 s’ouvre sur le défi qui place Chiemi, Nobuaki et Naoya devant un énorme dilemme. Il ne reste que quelque minutes à Naoya pour avoir une relation sexuelle. Il n’a que Chiemi sous la main, mais cette dernière est avec Nobuaki et Naoya ne veut pas faire du mal à ce couple. Voici le dilemme cornélien dans lequel se trouve notre trio.
On le voit déjà avec ce défi, mais cela sera encore plus vrai ensuite, mais on quitte le côté « ado » pour quelque chose de plus sombre, plus violent et jouant plus la carte de la psychologie.
Mais l’auteur a la désagréable habitude d’en faire trop, à rendre ridicule certains rebondissements et d’enchaîner les réactions parfois stupides de ses personnages. Même si l’exercice est difficile, et même si on sent cette volonté de rajouter du suspense et de la tension, le mangaka passe la ligne jaune du ridicule à quelques reprises.
Tout ceci gâche un peu les efforts consentis et fait qu’on ne rentre jamais pleinement dans l’intrigue. Pourtant le choix d’axer les défis sur la psychologie et sur la prise de position des participants est bonne. Ainsi j’apprécie que les élèves en viennent à élaborer des stratégies, à plus moins désigner les futurs perdants… Cela entraîne des alliances, coups bas, manipulations et autre vengeances.

Mais comme, les réactions manquent de crédibilité et que les personnages manquent de développement, l’effet ne rencontre pas le but escompté.

Le tome 4 va redresser un peu la barre. Il était temps. Sans être convaincant non plus, les améliorations sont visibles. King’s Game va plus loin dans le thriller, l’horreur et la tension. Les morts s’accélèrent à vitesse grand V. Mais ce qui caractérise vraiment cet opus, c’est qu’enfin on commence à avancer dans la recherche du roi !
Grâce au personnage de Nami (on fera fi du fait qu’elle sorte de nulle part), la classe va enfin se prendre en main et commencer à essayer de trouver le coupable. Et cela va se faire par un défi à priori anodin, qui a très bien été exploité.
Dans le même temps, plusieurs mystères et potentielles pistes de développement sont introduites. Outre un hacker du nom de Kamihate, et des indices dans le téléphone des victimes, l’intrigue globale avance  et le personnage de Nobuaki évolue un peu et devient un poil plus intéressant.
La fin de ce volet est clairement une hécatombe. Le titre s’accélère sensiblement et le nombre d’élèves s’est considérablement restreint. La tension est bien présente au cours de la lecture, avec des moments forts. Le niveau monte.

Mais malgré leurs efforts, Hitori Renda et Nobuaki Kanazawa n’arrivent pas à se débarrasser de leurs vieux démons. Tout d’abord, ils n’arrivent pas à gérer ce faux huis-clos. Tout fonctionne comme-ci la classe vivait en autarcie. Sauf que non et que personne, professeurs ou la police, ne semble s’inquiéter de ces quelques morts dans une même classe. Ensuite, malgré les améliorations, les personnages ne sont pas encore suffisamment développés. On peine à s’y attacher, voir même parfois à croire à leur réaction.

Après autre point qui me gêne un peu c’est le côté un peu fantastique. Le titre se place dans un environnement réel et moderne, mais pourtant plus on avance plus les gens meurent de façon inexpliquée et inexplicable rationnellement. Ainsi des élèves qui se font démembrer chez eux d’un coup, sans personne à côté ça m’interpelle. Surtout que les questions autour de comment le Roi peut-il contrôler que les actions sont bien faites, n’ont pas été encore abordées. On ne sait rien, même pas un début de piste sur le modus operandi du tueur, et sur la vraisemblance du truc. Mais ça, personne ne s’en inquiète ou ne s’interroge dessus.

Pour conclure, King’s Game – tomes 2 et 3 de Hitori Renda et Nobuaki Kanazawa n’aident pas à corriger l’impression mitigée sur ce seinen. Il y a une amélioration de l’histoire et des défis. Le tout devient plus psychologique, plus angoissant et avec un suspense accru. Les personnages gagnent en intérêt et, enfin, on commence à essayer de démasquer le coupable. Pourtant King’s Game est toujours plombé par des défauts de réalisme. Entre le fait que personne ne soit inquiet du nombre de morts dans une même classe, le fait qu’on ne sait rien sur comment le Roi organise son jeu, les réactions qui manquent de vraisemblance, tout ça fait que le lecteur peut avoir vraiment du mal à accrocher et à rentrer dans le récit. Ce qui est mon cas. Pour moi, ce seinen manque de maîtrise narrative. J’ai l’impression que le scénariste est dépassé par son idée et ne sait pas comment s’en sortir. Vu que la conclusion est proche, j’ai peur. Espérons que la fin tienne la route, mais qui surtout les quelques bons développements s’intensifient par la suite.
Pour le moment difficile de s’emballer pour cette série, qui a pourtant du potentiel.

Et vous comment trouvez-vous l’évolution de ce King’s Game ? Avez-vous peur de la fin ? Quelles sont vos hypothèses sur le tueur ?

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