. Katsuraakira de Akira Toriyama et Masakazu Katsura | Fant'asie
Kameyoko 30/10/2015 0
  • Scénario
  • Graphisme

Katsuraakira

Katsuraakira de Akira Toriyama et Masakazu Katsura

Quand deux légendes se réunissent

L’argument principal de ce Katsuraakira réside dans ses deux auteurs : Akira Toriyama et Masakazu Katsura. Et c’est vrai que c’est diablement vendeur tant ces deux auteurs ont marqué des générations.
Quand les papas de Dragon Ball, Dr Slump, Wingman, Zetman, Video Girl Ai s’associent, ça ne peut faire que saliver.

Reste à voir si le résultat est à la hauteur de cette association.

Katsuraakira de Akira Toriyama et Masakazu Katsura est édité par Glénat et est disponible à la vente depuis le 15 juillet 2015.

Résumé de Katsuraakira chez Glénat

Résumé de l’éditeur :

Recueil d’histoires courtes par le duo Akira Toriyama et Masakazu Katsura, avec au programme – Les 3 chapitres de Jiya. – Le chapitre de Sachie-chan Guu!. – Une carte couleur inédite dessinée par Akira Toriyama. – Des croquis de personnages qui date des débuts d’Akira Toriyama. – Des croquis de personnages de Masakatsu Katsura. – Les secrets de fabrication des deux auteurs.

Recueil d’histoires courtes

Akira Toriyama est une légende vivante du manga. Sa création Dragon Ball lui a assuré une place d’honneur au panthéon des mangakas. Mais le monsieur se fait, depuis, plutôt rare.
Pourtant Glénat a sorti simultanément deux oeuvres de Toriyama, ce recueil de deux histoires courtes : Katsuraakira et Jaco, the Galactic Patrolman. C’est la première qui nous intéresse dans ce premier temps.

Katsuraakira contient deux histoires : « Trop forte, Sachié !! » et « Jiya« . « Trop forte Sachié » a été réalisée dans le cadre du lancement du lancement du magazine de prépublication Jump Sq. Sauf que Toriyama n’a pas voulu se charger du dessin. Il a fait tout le reste, mais cette partie a été confiée à son ami, et autre mangaka de légende : Masakazu Katsura (Zetman, Wingman…).

L’histoire est celle de Sachié, jeune fille pleine de vie, qui grâce à des nouilles instantanées se voit conférer une force prodigieuse pour une durée déterminée. Elle se retrouve embarquée dans une histoire avec les Octos, des poulpes extraterrestres quémandant de l’aide pour se défaire de 3 malfrats.
En une cinquantaine de pages, l’histoire n’a pas le temps de dépasser le cadre de son picth et offre simplement à Sachié et son compagne Zarido de se confronter aux ennemis.
Rien de bien développé, ni d’extraordinaire. Pourtant le charme fonctionne quand même du fait de la réunion de ces deux artistes. On reconnait l’humour, parfois potache, de Toriyama. On reconnait aussi sa touche sur son personnage féminin : Sachié toujours pétillante de vie, attachante, et qui offre de bonnes situations de par son impulsivité et sa capacité à être toujours décalée par rapport à la situation.

Ce qui fait de ce Trop forte, Saghié, une belle petite histoire, plaisante à lire, sans ambition, mais qui a du charme. L’humour si Toriyamesque fonctionne parfaitement avec ce petit côté rétro qui fait vibrer la corde de la nostalgie.

La deuxième histoire s’intitule « Jiya » et comprend plus de pages que sa prédécesseur. Elle narre l’histoire de Jiya, un Patrouilleur Galactique venu enquêter sur la disparition d’un de ses collègues. Son seul indice réside dans le rapport de ce dernier affirmant que les Terriens ne méritent pas d’être sauvés.
Mais sa rencontre avec Kaede et Yukio va lui faire douter de cette version. Dans le même temps, un vampire du nom de Vampa sème le chaos sur cette planète.
Dans cette histoire, les deux auteurs ont plus le temps de poser leur intrigue. Même si ça reste assez classique, il y a quelques rebondissements bien huilés et Toriyama pose plus facilement ses personnages. La recette reste un peu la même avec un héros intrépide, aux méthodes pas toujours adaptées mais puissant. On retrouve également la jeune femme forte de personnalité, au début un peu exécrable mais finalement attachante. Kaede, fille de bonne famille est insupportable, prétentieuse et méprisante. Ce qui créé beaucoup de situations hilarantes. Surtout que ses interactions avec Jiya ou Yukio sont succulentes. Mais fort heureusement, Toriyama intégrera des facettes plus sympathiques pour elle, la rendant finalement attachante.
Jiya, bien que plus sombre, avec des combats à la Dragon Ball, offre son lot de scènes humoristiques qui fonctionnent à merveille. Elle se jouent beaucoup autour de la non-connaissance des us et coutumes humaines du membre de la Patrouille Galactique. Ce qui donne lieu à des scènes décalées et des quiproquos qui font sourire, avec parfois un peu de l’humour fanservice de Toriyama.

Malgré le nombre de pages limitées offertes aux protagonistes, on s’y intéresse notamment Kaede et Yukio.

L’édition de Glénat propose en plus plusieurs bonus précieux, et intéressants comme un carnet de croquis, ainsi qu’une interview croisée des deux mangakas. On peut y voir à quel point ils s’entendent bien depuis des dizaines d’années et comment est née leur collaboration

Graphiquement, Masakazu Katsura adapte son trait pour le coller à l’esprit d’Akira Toriyama, avec un graphisme plus rond et un découpage plus « fractionné ». Ce respect pour l’oeuvre de l’auteur de Dragon Ball se retrouve également dans les décors qui font furieusement penser à du Dr Slump ou du Dragon Ball.

Le coup de crayon sur Jiya est un peu plus poussé et sombre, jouant moins la carte du divertissement tout public. Les personnages gagnent en réalisme (même si on en est loin), avec un charadesign plus proche de son style initial.

Katsura parvient à réussir le tour de force de rester dans l’esprit de Toriyama mais tout en apportant sa touche sans perdre de vue l’objectif final : la qualité.

 

Pour conclure, Katsuraakira de Akira Toriyama et Masakazu Katsura est assez paradoxal. Les deux histoires proposées ne révolutionneront pas le genre, ni ne resteront dans les annales. Mais pourtant l’association de ces deux talents, leurs touches personnelles font qu’ils transcendent des pitchs un peu basiques pour proposer un vrai bon divertissement. Chacun parvient à sublimer le travail de l’autre. En résulte quelque chose de simple, mais efficace et qui se lit avec un plaisir immense. Evidemment, le fait de savoir que c’est ces deux monstres du manga qui sont à l’oeuvre doit biaiser le jugement et participer à la bonne impression. Mais c’est un vrai plaisir que de lire le résultat de cette collaboration, en tout simplicité. Même si on peut regretter le manque d’ambition de ce recueil.

Et vous qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous savouré le fruit de leur travail ?

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