. Karneval – tomes 1 et 2 de Touya Mikanagi | Fant'asie
Kameyoko 09/12/2011 3
  • Scénario
  • Graphisme

Karneval - tome 1 de Touya Mikanagi

Karneval – tomes 1 et 2 de Touya Mikanagi

Un mélangé shôjô/ shônen

Karneval est l’une des dernières nouveautés de Ki-oon, qui nous a bien gâté ces derniers temps avec Bride Stories, Afterschool Charisma, Judge, Le Berceau des esprits, Run Day Burst

Ce manga parait original puisqu’il se définit comme un mélangé entre shôjô et shônen, même s’il est classé comme étant un shôjô. Même si cette « réunification » n’est pas forcément originale, il y a eu, entre autres, Amatsuki récemment, ce n’est pas si courant que ça. A titre personnel, je suis toujours méfiant avec ce genre de titre, car je trouve que l’exercice est périlleux.
Ce Karneval réussit-il son pari ? Est-ce que le mariage du shônen et du shôjô fonctionne ?

Les tomes 1 et 2 de Karenval de Touya Mikanagi sont édités par Ki-oon, qui a eu la bonne idée de sortir simultanément ces deux volumes le même jour, à savoir le 13 octobre 2011.

Résumé de Karneval 1 et 2 chez Ki-oon

Résumé du tome 1 de l’éditeur :

Nai est à la recherche de l’homme qui l’a élevé, disparu sans laisser de traces. Son seul indice : un bracelet qui marque l’appartenance à la plus puissante organisation d’espionnage du pays, Circus. Gareki, lui, joue les voleurs et les pickpockets pour survivre. Leur rencontre est-elle vraiment le fait du hasard ?
Du jour au lendemain, ils se retrouvent traqués par des agents de renseignements et des militaires, comme s’ils étaient parmi les criminels les plus dangereux du monde…

Résumé du tome 2 de l’éditeur:

Obligé de quitter la ville, Nai se retrouve pris dans un détournement de train et atterrit au beau milieu d’une opération de Circus ! Son ouïe hors du commun éveille la curiosité du chef du groupe dépêché sur place, qui lui offre sa protection lorsqu’on tente de l’enlever en pleine rue.
Invités à bord d’un des vaisseaux de l’organisation, Gareki et Nai découvrent la véritable mission de leurs sauveurs : lutter contre des créatures monstrueuses qui se considèrent comme la prochaine étape de l’évolution humaine ! Mais pourquoi ces abominations s’en sont-elles prises à Nai ?

Le naif, le voleur et l’organisation

Karneval est un étrange mélange de shôjô et de shônen, qui perturbe un peu. Cela emprunte aux deux styles pour proposer un récit unique. Mais même si on ajoute les points forts de chaque, il n’en reste pas moins que le lecteur peut-être déçu.
L’aspect shônen est présent dans le synopsis de base, le type de personnage, l’organisation Circus, l’aspect fantastique et dans les combats.
Entre un jeune adolescent naîf possédant un artefact particulier, perdu, à la recherche de son « frère », qui n’est sûrement pas n’importe qui et son compagnon de route, un voleur plutôt avec un bon coeur, nous sommes quand même devant des personnages un peu stéréotypés, mais bien typés shônen. D’autant plus que rapidement ils vont faire la connaissance de l’organisation de lutte contre les criminels : Circus. Cette dernière étant composée de combattants redoutables avec une structure hierarchisée, typique du shônen.
On retrouve aussi quelques combats bien réalisés et lisibles. En revanche, dans le deuxième tome, alors qu’on s’attendait à plus d’action, le rythme est assez calme. La mangaka pose un peu plus son récit, prend le temps de s’attarder sur les personnages et leurs origines. J’espérais que le deuxième tome soit plus rythmé, plus orienté action, mais il se focalise plus sur ce petit monde.

Le coté shôjô se retrouve clairement dans les graphismes, le choix des personnages et leur charadesign. Les personnages sont tous sensés être beaux-gosses, avec un coté très androgyne, tous stylés et avec une certaine classe. De fait cette représentation diffèrent des codes shônens. De même, il y a certains effets et découpages très shôjô.
Pour le moment, il n’est pas question de romance à proprement parlée, mais l’atmosphère sent quand même bon le shôjô.
Pourtant l’ambiance marche bien avec ce soupçon d’humour, un coté fantastique, des personnages « kawai » et la candeur de certains personnages.

On peut dire que la mangaka a su marier les deux styles en utilisant les points forts de chaque. Pourtant, il y a un coté déceptif pour les amateurs de ces styles. En effet, le lecteur peut avoir le sentiment que ce n’est pas assez shônen ou pas assez shôjô.
Par exemple, étant plus habitué au shônen, j’ai trouvé qu’il y avait quelques longueurs, que ça manquait parfois de dynamisme.
De plus, certains personnages m’ont agacée, Nai en tête. Sa naïveté et son innocence, cumulées à un parcours invraisemblable font que j’ai eu envie de lui mettre des claques. Son obsession de retrouver Karoku frôle parfois l’overdose. J’ai eu beaucoup de mal avec Nai, d’autant plus que dans le tome 2, on nous sort une révélation étrange sur lui. Yogi aussi est un peu tête à claque avec sa gentillesse presque excessive.
Les autres personnages comme Gareki ou Hirato sont plutôt intéressants. Lors du second opus, de nouveaux personnages appartenant à Circus sont introduits et sont plutôt sympathiques. Et ce d’autant plus qu’avec eux, s’ajoute de nouveaux enjeux et mystères assez prometteurs. Ces révélations et nouveaux mystères promettent un manga plus orienté sur l’aventure et le voyage. On en a déjà un aperçu dans le deuxième volet. On y voit d’ailleurs un peu mieux concernant Nai et Gareki, qui laissent apparaitre leur passé et par la même occasion leurs faiblesses. On nous présente aussi, un peu mystérieusement, une autre organisation plus criminelle.
En revanche, même s’il y a quelques avancées scénaristique, Karneval peine à réellement décoller. On a du mal à voir où ce manga peut nous amener, malgré quelques pistes probables qui pourraient être intéressantes.

Graphiquement, le trait de Touya Mikanagi est plus proche de la mouvance shôjô. Les personnages sont très androgynes, très « beaux » et avec des styles bien définis : dandy, maid… De même le découpage, le tramage et quelques effets visuels nous font clairement comprendre pourquoi Karneval est classé en tant que shôjô. En retrouve aussi cette caractéristique dans des arrières-plans souvent peu fournis pour laisser « parler » les protagonistes.
Pourtant le style de la mangaka est assez fin et agréable. Etonnement, elle se montre à l’aise avec les phases d’action.

Pour conclure ce Karneval – tomes 1 et 2 est un étrange mélange de shôjô et shônen qui d’un coté fonctionne, mais d’un autre ne marche pas totalement. L’histoire est pour le moment assez stéréotypée et manque de piment pour passionner, malgré quelques révélations et mystères intéressants. Il faut dire qu’elle n’est pas aidée par un héros peu attachant voir exaspérant. Il est probable que l’intrigue décolle mais pour l’instant ça manque de punch.
Pour le moment, je ne suis pas spécialement convaincu par ce titre. Peut-être parce que son statut « bâtard » m’empêche de rentrer pleinement dedans. Ce n’est pas assez shônen ou au contraire pas assez shôjô. Même si dans les faits, l’auteur réunit bien les deux, avec du potentiel, je trouve que c’est ce mélange qui crée la déception. Il est difficile de marier les deux, car chaque personne appréciant un genre ou l’autre trouvera que ce n’est pas assez poussé.

J’attends quand même de voir la suite, voir si ça décolle et voir si le « mariage » prend mieux.

Et vous qu’avez-vous pensé de ce mélange ? Trouvez-vous aussi que ça manque de rythme ?

3 commentaires »

  1. Taion 08/01/2012 at 15:21 -

    Aaaah moi je suis sous le charme ^^ J’ai acheté les deux tomes hier et depuis je n’en sors plus ! La première chose qui attire pour moi, ce sont les dessins ! Superbes… C’est un peu du style de Black Butler ou de D.Gray-man, et les couleurs sont magnifiques. Après au niveau de l’histoire je n’ai pas encore été déçue. C’est en effet un mélange shojo/shonen, mais je pense qu’il faut le prendre pour ce qu’il est… un mélange shojo/shonen ! :mrgreen: J’aime beaucoup l’ambiance, entre moments plutôt sentimentaux et actions. Si Nai est un peu niais, je trouve que son duo avec Gareki est vraiment bien trouvé et réussi, pour moi c’est un des points forts ^^ Bon ok, c’est mon côté fleur bleue qui joue ? En tout cas, pour l’instant tout me va. L’action n’est pas la très présente, mais on prend le temps de voir les personnages et de découvrir l’ambiance (ma foi très sympathique ^^) Mais bon, c’est sur qui’l ne faut pas rechercher de l’adrénaline, après tout dépend de ce que l’on recherche ! Pour moi un très bon début, je vais aller chercher la suite très vite !

  2. Kameyoko 10/01/2012 at 22:34 -

    @Taion : Le problème du mélange Shonen/ shojo c’est qu’il est ni l’un ni l’autre. A défaut de réunir les publics, je pense qu’il ne satisfait pleinement aucun des deux totalement. C’est un positionnement un peu bâtard difficile à cerner.

    En plus, je ne trouve pas que le duo Gareki-Nai se complète et soit bon. J’attends devoir la suite quand même.

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